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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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LISEZ ADAM SMITH : IL DONNE LES SOLUTIONS ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 29 Novembre 2004 01:00
 Des idées "rasoir" !

Avec Nicolas Sarkozy voici la majorité présidentielle nantie d’un nouveau leader, qui a tenu à passer avec les siens un pacte fondé sur un programme qu’il a voulu clair et complet (il l’a exposé dans le Figaro du 19 novembre). Ce souci d’honnêteté intellectuelle et de respect démocratique l’honore. On a trop tendance en France depuis assez longtemps à se prononcer sur les personnes, en laissant de côté les idées et les choix de société.

Encore faut-il que les idées soient bonnes, et les choix judicieux. Ce que nous propose Nicolas Sarkozy n’est ni routinier, ni révolutionnaire. Il entend rompre avec l’immobilisme qui plonge la France dans la léthargie collective, mais pour autant il ne verse pas dans l’« ultralibéralisme » échevelé. Il se dit libéral, mais pour autant il se défend de toute attache idéologique, il préfère se présenter comme un « pragmatique » : « Je ne me réveille pas chaque matin en lisant Adam Smith, Ricardo ou Hayek, mais en cherchant des solutions ».

On peut se dire que cette forte confession est simplement habile, destinée à démontrer que le Président de l’UMP sait se tenir à l’écart de tout sectarisme : homme ouvert au dialogue, il n’est pas prisonnier d’un système de pensée. Dans un milieu politique et une nation qui ont perdu le goût de la doctrine, voilà bien de quoi se rendre populaire et séduire tous azimuts.

Le problème, c’est que pour orienter et mieux encore diriger une nation en panne de grand projet de société, l’habileté politique et la popularité ne suffisent pas, et les solutions imaginées le matin en se rasant font nécessairement long feu.

Aucun gouvernement ne peut se passer de doctrine. Keynes et Hayek ont été d’accord pour déclarer « Les idées mènent le monde ». L’un a inspiré les socialistes réformistes et les socio-démocrates ; de Roosevelt à Carter, de Blum à Delors, des planistes aux syndicalistes. L’autre a été le maître de Ludwig Erhard et du miracle allemand, ou de Margaret Thatcher et Ronald Reagan, ou de Vaclav Klaus et de la résurrection tchèque, d’Aznar en Espagne et de Balserowicz en Pologne. Tous ont reconnu leur dette à l’égard de ceux qui leur ont apporté compréhension du monde contemporain et principes conduisant aux vraies solutions.

Ignorer la théorie pour ne s’intéresser qu’à la pratique c’est se condamner à des mesures de simple opportunité, c’est rejeter toute vision étendue dans l’espace et le temps. Ceux qui ont envoyé des hommes dans l’espace ont commencé par connaître les lois de Newton, et ce n’est pas un « empirisme organisateur » (Maurras) qui a guidé les premiers pas de l’homme sur la Lune.

Ainsi, dans le domaine de l’économie politique, les peuples ont-ils progressivement été amenés à admettre que le bon vieil Adam Smith avait vu le monde comme il le fallait, à partir de la réalité humaine qui pousse chacun de nous à échanger avec les autres. Disciple le plus profond d’Adam Smith, Frédéric Bastiat nous enseigne que la vie en société n’est harmonieuse que si les uns rendent service aux autres, puisque nous nous vendons mutuellement des biens et services de nature à satisfaire nos besoins. L’économie est ainsi à base de complémentarités, elle tire sa raison d’être et de se développer de l’extrême diversité des êtres humains, de leurs goûts et de leurs capacités. Voilà en quoi Adam Smith, Bastiat ou Hayek nous montrent la solution des problèmes contemporains, qui sont en fait des problèmes récurrents.

Au problème de la stagnation et du chômage, il faut répondre par la liberté d’entreprendre et d’échanger. C’est l’élargissement de l’espace d’échange qui fait la richesse des nations, qui développe l’esprit d’entreprise, et toute politique d’inspiration nationaliste et mercantiliste est à proscrire. Au problème de la mondialisation et de la concurrence internationale, il faut répondre par la compétitivité, la créativité, et non par des charges et des impôts étouffants ou par des privilèges et des monopoles publics. Au problème de la couverture des risques sociaux il faut répondre par des mécanismes d’assurances, ou par la solidarité communautaire, et non par une pseudo-solidarité obligatoire, ruineuse et inefficace. Au problème de l’éducation et de l’enseignement il faut répondre par la pluralité des systèmes, par la mise en responsabilité des familles et leur libre choix des établissements et des métiers. Au problème de l’environnement il faut répondre par la propriété privée des ressources naturelles.

S’il a quelque loisir ces prochaines semaines, que notre nouveau Président (de l’UMP) prenne quelques heures pour lire « La Constitution de la Liberté » d’Hayek, je lui promets qu’il y trouvera toutes les réponses qu’il cherche, car je ne mets pas en doute son désir de trouver les réponses. Et s’il veut se détendre en même temps que s’instruire, qu’il parcoure quelques « Sophismes » de Bastiat qui lui en diront beaucoup sur le travail, sur le chômage, sur le protectionnisme, sur la vie politique, sur les fonctionnaires, sur l’Etat, sur l’impôt, sur la loi, sur la réglementation, sur la Sécurité Sociale – dont Bastiat avait annoncé la faillite avant même qu’elle n’existât. Notre Président est assez doué pour faire son profit immédiat de ces saines lectures matinales.

Il sera vite persuadé qu’il existe des lois intemporelles et universelles de l’économie, des lois dont on ne peut s’affranchir puisqu’elles procèdent de la nature même de la personne humaine.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


Editorial : Pourquoi les Français n’aiment pas les réformes

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