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FRANCISCO MAROQUIN PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 22 Novembre 2004 01:00
 L'universitaire du futur...

Vous connaissez ? Peut-être pas. Alors laissez-moi vous dire que cet évêque espagnol de la fin du XVII° siècle fonda au Guatemala la troisième université d’Amérique Latine (après Mexico et Lima).

Quel intérêt ? Après deux siècles de fonctionnement, suivi de deux siècles de disparition (puisque l’université fut détruite par un tremblement de terre avec le reste de la ville d’Antigua en 1776) Francisco Maroquin est à nouveau à l’honneur.

En 1971, un Président de la Société du Mont Pèlerin, l’économiste Manuel Ayau, avec l’aide d’entrepreneurs guatémaltèques, fonde une université libre et libérale qui porte le nom de l’évêque espagnol. Voilà donc un premier intérêt : il existe au cœur de l’Amérique Centrale une Université Francisco Maroquin qui diffuse les idées de la liberté. Y a-t-il autre chose à en dire ? Certes. Le succès de cette université est total, son influence intellectuelle s’étend jusqu’aux extrémités du continent américain. Les étudiants viennent d’Argentine, du Chili, du Brésil, du Mexique, des pays andins. Les professeurs sont guatémaltèques, sud-américains, européens. Les autres dirigeants de cette université, à l’image de Manuel Ayau, sont connus et appréciés de la communauté scientifique internationale. Certains comme le recteur actuel Giancarlo Ibarguen ou le doyen de la faculté de droit Eduardo Mayora sont membres de la Société du Mont Pèlerin et y font des interventions remarquées. Le Congrès Mondial de la Société s’y tiendra en 2006.

Mais encore ? Cette université est une réussite technique et pédagogique. Elle est construite au cœur de la végétation tropicale, au milieu des orchidées, des canas et des papyrus, elle se fond dans la nature. Les classes d’études et les amphithéâtres sont équipés de prises pour les ordinateurs et l’internet –chaque étudiant a son ordinateur-, ainsi que de vidéo projecteurs et les programmes sont enregistrés sur CD Rom. Les enseignements sont obligatoirement bilingues, espagnol et anglais.

De larges espaces confortablement aménagés permettent aux étudiants de discuter et travailler en groupe. Suivant les principes de la méthode socratique ; ils s’habituent ainsi à la diversité des points de vue, à l’approfondissement des arguments, à l’art d’écouter et à l’art de convaincre. Voilà pourquoi la sélection est impitoyable, moins d’un candidat sur trois est admis à entrer à l’université, et comparativement la barrière financière est moins importante. Il en coûte entre 5 000 et 15 000 dollars par an et par étudiant pour prendre ses inscriptions. Le logement et la nourriture sont à l’inverse bon marché. Vous l’avez compris : cette université ne touche pas un quezal de l’Etat, elle s’auto-finance à partir des droits payés par les étudiants et des dons effectués par des entreprises et fondations privées. Pourquoi donc ce soutien financier ?

Du côté des familles, investir dans des études à UFM est d’un bon rapport : partout en Amérique les débouchés s’ouvriront. Quant aux responsables économiques, ils ont à cœur de soutenir cette institution qui fournira les cadres des nations latino-américaines, une élite acquise aux idées de la liberté d’entreprendre et d’échanger, une minorité agissante en faveur du marché. C’est une réponse intelligente à la marxisation véhiculée par les Cubains, les prêtres rouges acquis à la théologie de la libération et les dictateurs populistes alliés aux trafiquants.

Voici surtout ce qui m’a frappé dans cette UFM, que j’ai visité ces dernières semaines en fuyant l’actualité française pourtant si stimulante. Ce qui m’a frappé, c’est la qualité des thèmes d’études librement proposés aux étudiants. Ils ont tous une même caractéristique : mettre les sciences humaines et les sciences de la nature dans la perspective d’une éthique de la liberté. C’est la philosophie libérale qui sous-tend et imprègne le savoir économique, social, technique, thérapeutique. Plus qu’« une connaissance, c’est une véritable éducation qui est offerte à la jeunesse ».

Vous comprenez maintenant pourquoi je vous parle de Francisco Maroquin. Car c’est l’université dont je rêve depuis que j’ai embrassé cette carrière. Une université ou l’humanisme est présent, ou la concurrence et la foi accompagnent la science. Une université placée sous le signe de la liberté, de la responsabilité, de l’excellence et de l’ouverture d’esprit. Je ne connais depuis quarante cinq ans que l’université de masse, publique, monopolistique et depuis 1968 politisée et médiocre, bureaucratique, coûteuse (un de nos étudiant revient en moyenne dix fois plus cher qu’un étudiant de l’UFM). Pourquoi cet oubli, ce mépris permanent de nos gouvernants et de nos cadres pour l’instruction universitaire ? Pourquoi le sacrifice de nos jeunes sur l’autel de l’anarchie, de l’ignorance et de l’idéologie ? J’envie et j’admire sincèrement les guatémaltèques qui offrent au monde libre l’exemple d’une formation éthique et scientifique sans laquelle aucun développement ni aucune civilisation n’est possible.

Pour conclure –et c’est le prétexte de mon invitation à UFM- j’ai été également fier de recevoir le grade de docteur Honoris Causa de cette université, un grade attribué à d’illustres prédécesseurs et maîtres de la science économique contemporaine tels Hayek, Friedman, Buchanan, Kirzner, Smith, Novak, etc.

Comparativement, je n’en étais certainement pas tout à fait digne. Mais j’ai été heureux de recevoir ce témoignage d’amitié de la part de ces grands serviteurs de la liberté. Francisco Maroquin montre la voie. Peut-être un jour en France pourrons-nous à notre tour reconstruire une école de la liberté sur les ruines d’une université détruite par le tremblement de terre de 1968.

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

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