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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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LA NOUVELLE BIBLE DE LA DROITE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 25 Octobre 2004 01:00
 Médecins malgrè eux...

C’est ainsi que Libération a salué le rapport Camdessus. Et je serais tenté pour une fois de suivre le grand quotidien de la gauche française la plus gauche. Car ledit rapport a toutes chances de séduire une droite française qui se fait élire depuis vingt ans sur des promesses de réformes libérales et s’ingénie ensuite à promouvoir le socialisme sous toutes ses formes.

Le rapport Camdessus a l’attrait de l’eau tiède : c’est chaud mais ça ne brûle pas, parce que c’est plutôt froid. 

Les apparences sont bien celles du chaud. Le rapport Camdessus a le courage d’affirmer publiquement ce que tous les observateurs objectifs savent de l’économie française : au bord de la faillite. Il faut en effet du courage pour oser contester les certificats d’auto-satisfaction que se décernent nos dirigeants depuis trente ans. Antiennes du discours politiquement correct : le système de santé le meilleur du monde, les services publics « à la française », la cohésion sociale préférée à la fracture sociale, la démocratie dans l’entreprise, le développement durable. Par contraste, le rapport Camdessus est « alarmiste » comme disent les gens de la CGT, qui en effet n’ont aucune raison de s’alarmer : leurs affaires vont bien quand l’économie va mal.

Le rapport Camdessus va même jusqu’à incriminer certains des vices les plus graves de notre fonctionnement social : faible croissance parce que manque d’ardeur au travail, une concurrence faussée par une réglementation aveugle, une université peu sélective, un Etat dispendieux accumulant une dette publique ingérable, et entretenant une armée de fonctionnaires improductifs.

Globalement, pourquoi ne pas saluer comme il convient un rapport qui dénonce le décrochage économique de la France par rapport aux Etats Unis et à la plupart de nos voisins, un rapport qui conclut à l’urgence des réformes, un rapport qui recommande que l’on donne « la priorité à l’emploi sur l’assistance » ?

 

C’est que le même rapport revient à la froide réalité française en n’allant pas au fond des choses et en proposant des réformes qui vont dans le sens de cette frigidité. J’observe pour commencer qu’il s’agit de « sauver le modèle français », alors même qu’on vient de nous dire que la France n’est pas un modèle. Je vois ensuite que l’on fait toujours le grand écart entre le social et l’économique, sans admettre que les lois de l’économie doivent être respectées même si elles déplaisent aux syndicats – puisque chez nous le social passe par le syndical. Je déplore enfin que certains tabous demeurent : la Sécurité Sociale, l’Education Nationale, les monopoles publics, la fiscalité spoliatrice et progressive ne semblent pas avoir aiguisé la curiosité des auteurs du rapport. Ce n’est donc pas la révolution libérale que l’on prépare, c’est seulement l’esprit de réforme que l’on veut insuffler, en précisant bien que seules les réformes objets de consensus doivent être proposées – la meilleure façon de pérenniser le statu quo. Voilà pourquoi sans doute le rapport a été signé entre autres par le cégétiste Christian Larose, Président de la section travail du Conseil Economique et Social. Voilà qui rassurera, mais qui m’inquiète.

 

L’inquiétude est renforcée quand je passe en revue certaines des réformes suggérées. La plus spectaculaire est d’introduire un système de bonus-malus dans la fiscalité des entreprises, en donnant une prime à celles qui ne licencient pas et créent des emplois : malheur aux entreprises en difficulté obligées de réduire leurs effectifs, elles paieront plus d’impôts ! Une autre mesure consiste à imaginer de nouvelles formes de contrats de travail : aux CDD et CDI on substituerait des contrats qui se consolideraient avec l’ancienneté, de sorte qu’on pourrait facilement se séparer d’un jeune embauché, mais pas d’un ancien collaborateur. Pourquoi ne pas prôner purement et simplement la totale liberté contractuelle au lieu d’enfermer le contrat dans un nouveau carcan réglementaire ? Suivent aussi des réformes d’une extrême fragilité : le rapport reconnaît les « inconvénients manifestes à court terme » des 35 heures, mais ne veut pas abroger la loi stupide, l’assurance chômage doit être suspendue à l’acceptation d’un « emploi convenable », mais c’est ce qui existe déjà, et ne fonctionne pas.

On m’objectera que, dans l’autre sens, le rapport évoque des réformes plus consistantes, concernant la sélection à l’entrée des universités, la possibilité pour les jeunes d’avoir un premier emploi moins lourd en charges sociales, et pour les retraités de continuer à travailler, l’assouplissement de la réglementation des commerces (y compris la liberté des prix), la réduction des effectifs de la fonction publique en ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux parti en retraite. Mais on est encore ici dans une logique de despotisme étatique, despotisme éclairé sans doute, mais despotisme quand même puisque le principe premier n’est pas celui de la liberté retrouvée, mais de la liberté concédée.

Je me dois, en conclusion, de refuser tout label libéral à ce document. Certes la gauche n’a pas manqué de dénoncer un rapport « libéral ». Mais c’est le jeu habituel : en France le dirigisme est « libéral » dès lors qu’il est pensé ou mis en œuvre par la droite. Michel Camdessus n’est ni Jacques Rueff ni Louis Armand qui en 1958 avaient inspiré une vraie révolution économique et sociale dans le sens d’une économie de libertés. Cette nouvelle bible séduira sans doute la droite non libérale. Les libéraux, eux, recommanderont l’autodafé.

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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