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LE MILLIARD DES EMIGRES PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 20 Septembre 2004 01:00
 Prime à la "relocalisation"

La V° République est bien dans la tradition française. Le 25 avril 1825 la Chambre dominée par les « ultras » votait la loi dite « du milliard des émigrés » pour dédommager les nobles qui s’étaient expatriés pendant la Révolution et l’Empire. Elle reconnaissait ainsi l’injuste spoliation dont avaient été victimes ces milliers de Français qui avaient fui leur pays.

Cette semaine, notre bon gouvernement a décidé d’affecter un milliard d’euros à la lutte contre les délocalisations. 750 millions sont destinés à des abattements fiscaux dans vingt zones de France baptisées « pôles de compétitivité », et 250 millions à soutenir des entrepreneurs qui accepteraient d’investir en faisant la promesse de ne pas fermer leurs portes pour se réfugier à l’étranger.

La méthode qui consiste à indemniser les gens pour qu’ils restent en France ou qu’ils y reviennent n’aura évidemment aucun effet réel. Tout au plus pourrait-elle avoir un effet pédagogique, souligné par le MEDEF : les Français s’entendent dire à cette occasion que si les entreprises ne sont pas à leur aise en France, c’est qu’elles sont surchargées d’impôts et de cotisations sociales, de sorte qu’il faut alléger les prélèvements. Discours intéressant et nouveau, mais qui débouche sur une mesure parcellaire, insignifiante, et superficielle.

Parcellaire : la mesure ne s’appliquera qu’à quelques zones, pourquoi pas à l’ensemble du territoire national ? Insignifiante : ce milliard représente une goutte d’eau dans l’activité économique nationale. Superficielle : il ne s’agit pas d’indemniser les émigrés, mais de stopper l’émigration.

En prend-on le chemin ? Nos leaders politiques se rendent enfin à l’évidence : la France n’est plus attractive. Mais ils en tirent des conclusions surprenantes. On a vu ainsi Nicolas Sarkozy et Laurent Fabius se trouver d’accord pour condamner le « dumping fiscal », tout comme naguère Jacques Delors dénonçait le « dumping social ». Leur version commune est très simple : la France a un niveau de fiscalité et de protection sociale qui est bien celui d’un peuple socialement avancé, ce sont les autres Européens (à l’exception des Allemands) qui sont à la traîne, donc ils n’ont qu’à s’aligner sur nous. Toute autre attitude constituerait non seulement une exploitation des travailleurs mais aussi une atteinte à la concurrence puisque des coûts du travail abaissés donnent un avantage décisif dans la compétition.

Nicolas Sarkozy va même jusqu’à proposer que les pays qui se livrent à l’encan fiscal soient privés des aides européennes : non seulement ces gens-là nous concurrencent de façon déloyale, mais ils nous demandent de les subventionner !

D’accord pour supprimer les subventions du budget européen, mais interdire la concurrence fiscale et punir ceux qui s’y livrent est réellement une mauvaise idée.

Elle est d’ailleurs tout à fait irréaliste. Les pays de l’Union, et peut-être aujourd’hui l’Allemagne fédérale elle-même, n’ont aucune envie de se plier aux exigences françaises, qu’elles viennent du PS ou de l’UMP. Ecoutons Gordon Brown, le Chancelier de l’Echiquier : « La concurrence fiscale est le meilleur moyen d’avancer. Nous n’appuierons aucun mouvement en direction d’une harmonisation fiscale ».

Pour stopper l’émigration il faut en éliminer les causes profondes. L’ultrafiscalité en est certainement une, mais ce n’est pas la seule. Un rapport de la Banque Mondiale, dont nous parlons dans cette Lettre, classe la France parmi les pays les moins accueillants pour les entreprises, notamment à cause des pesanteurs administratives et de la réglementation du marché du travail : 35 heures, lois sur l’embauche et le licenciement, pouvoir syndical, niveau du SMIC. « On a oublié la compétitivité » conclut Bertrand Collomb, Président de Lafarge.

Pas de mystère : les délocalisations ont pour cause unique l’impossibilité pour les entreprises travaillant en France de faire face à la concurrence étrangère.

Notre ministre de l’Economie et les autres sont donc mal placés pour dénoncer le « chantage à la délocalisation », car ils n’ont rien fait pour améliorer l’environnement social, fiscal, juridique des entreprises françaises ; pire ils l’ont pollué sans cesse.

Les délocalisations ne sont d’ailleurs que la face émergée de l’iceberg français. Car pour une entreprise qui délocalise il y en a sept autres qui voudraient bien en faire autant mais ne le peuvent pas. La masse des PME demeure prisonnière sur le territoire français, elle n’a pas les moyens de s’installer ailleurs. Et quand quelques grandes entreprises quittent la France, c’est bien ce même tissu de petites et moyennes entreprises qui va se déchirer, parce que des commandes auront été perdues, des revenus n’auront plus été distribués, des clients seront au chômage. Au demeurant le milliard des émigrés est payé par les contribuables français, c’est à dire diminue un peu plus encore  le pouvoir d’achat général et la taille du marché intérieur.

Les émigrés n’ont pas besoin d’incitations fiscales, mais de liberté et d’équité. Nos gouvernants continuent à manier l’arrosoir budgétaire pour fertiliser la terre qu’ils ont asséchée. Les entrepreneurs, quant à eux, attendent le jour où la pluie viendra.

Dans les peuplades primitives on cherche un grand sorcier. Dans une démocratie on travaille à une alternative politique… ou on émigre.  

 

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