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DE LA PEUR A LA SERVITUDE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Septembre 2004 01:00
 La sécurité selon Poutine

La société contemporaine a peur, une peur savamment entretenue par des marchands de peur, des Cassandre qui font de la peur leur fonds de commerce.

Quand on a peur, on recherche la sécurité. On se tourne alors vers les hommes d’Etat. Détenteur du monopole de la violence, l’Etat ne peut-il pas endiguer la violence ? Gouverné par une élite soucieuse du bien commun, l’Etat n’est-il pas capable de prévoir le futur ? Les citoyens ne doivent pas hésiter à s’en remettre de plus en plus à l’Etat pour les protéger de tous les maux, réels ou imaginaires. La société sécuritaire devient ainsi une société totalitaire. L’Etat déborde de sa sphère, pénètre dans le domaine de la vie privée, et réduit finalement les peuples en esclavage. C’est « la servitude consentie » évoqué jadis par La Boëtie, c’est le Léviathan de Hobbes, pourvoyeur de sécurité et mangeur de liberté.

Cette analyse pessimiste m’a été curieusement inspirée par les travaux de notre Université d’Eté qui se terminent à l’instant (vous en avez ici les premiers échos), et en particulier par la remarquable intervention d’Alain Madelin, toujours excellent dans son registre de penseur libéral.

Quel rapport avec une Université dont le thème était « Elargissement de l’Europe et Esprit d’entreprise » ? Le rapport tient en un mot-clé : réglementation. Nous sommes en effet persuadés que l’Europe nouvelle, organisée par la Constitution qu’on soumet à nos votes, peut valoir aux Européens une nouvelle vague de réglementation destructrice des libertés individuelles. Cette issue est inéluctable si l’Europe, comme le veulent certains, est la copie agrandie de la France, où la sécurité est devenue la ligne directrice de la politique et a déjà permis à l’Etat d’envahir la vie privée, d’effacer les décisions personnelles pour leur substituer les décrets publics. Cette évolution aurait dû nous crever les yeux au cours des élections présidentielles de 2002, qui n’ont eu pour seul et véritable thème de campagne que la sécurité ; elle apparaît maintenant en pleine clarté.

La peur d’être agressé dans la rue était sans doute réelle. Qu’a fait le gouvernement ? Il nous garantit aujourd’hui la sécurité sur les autoroutes et nous harcèle au volant et nous culpabilise : oublier de mettre sa ceinture est un acte criminel. Il nous garantit aussi la sécurité dans notre alimentation : après nous avoir interdit de manger de la vache, par définition folle, il prescrit la fermeture des distributeurs de boissons et de biscuits dans les écoles : nos enfants seront sauvés de l’obésité par nos gouvernants. Il nous garantit encore contre l’obscurantisme religieux : pour nous protéger des islamistes fondamentaux, il exige que les chrétiens n’exhibent plus leur croix, ni les juifs leur kippa, la laïcité militante est devenue paradoxalement intolérance religieuse. Enfin et non le moindre il nous garantit contre la pollution, et il assure un développement durable. A ce titre, il prescrit des douches au lieu des bains, il réduit la circulation automobile, il pénalise diesels et 4x4.

Toutes ces garanties sont à la fois illusoires et liberticides. Illusoires parce que la (vraie) criminalité est toujours en progrès (en dépit des mensonges du ministère de l’intérieur), parce que la pauvreté et la précarité économiques atteignent maintenant des sommets, parce que la « fracture » sociale et culturelle devient abyssale, parce que la santé à deux vitesses est une réalité, parce que l’avenir des générations futures est obéré par l’explosion du système de retraites et de la dette publique. Nul doute que ces résultats catastrophiques légitiment une nouvelle vague sécuritaire ! Liberticides parce que l’Etat entre ainsi dans notre vie privée à tous les moments de notre existence : dans la maison, à l’école, au travail, dans notre auto, voire dans notre pensée et notre religion. Faites en l’expérience : repérez dans une de vos journées le nombre de fois où vous vous trouvez confrontés à une  réglementation,  à un  interdit légal, et où vous dépendez de l’argent public (qui n’est que votre argent spolié) et de la main bienveillante de l’administration.

Malheur aux Européens si l’Union devait leur valoir une nouvelle couche de réglementation et de dirigisme. C’est bien parti dans ce sens, et Bruxelles nous a régalés de textes qui couvrent aujourd’hui les deux tiers du total de notre législation. Il serait temps de mettre un coup d’arrêt à cette dérive fatale, d’empêcher les politiciens de s’emparer de la peur vendue par les verts, les médias, les corporatistes, les altermondialistes, les racistes et les autres, pour s’attribuer des « responsabilités » nouvelles au nom de la sécurité. Il ne s’agit bien sûr que de rodomontades, car les vraies peurs ne sont pas prises en compte, et les vraies sécurités ne sont pas assurées. Quel Etat protège-t-il réellement les droits de la personne humaine ? Le terrorisme démontre l’impuissance étatique, la socialisation détruit la propriété privée, l’Etat Providence crée l’incertitude économique et brise l’harmonie sociale en écrasant la personnalité.

Vous m’objecterez que je deviens à mon tour marchand de peur. Non point, car je n’ai rien à vendre, et les peurs que j’évoque sont bien réelles. Etre lucide à court terme, et optimiste à long terme : tel est l’esprit libéral. Car, à long terme, il y a bien des raisons d’espérer en cet élargissement de l’Europe. On peut compter avec le dynamisme de ces peuples d’Europe Centrale et de l’Est qui ne veulent pas de notre sécurité, et lui préfèrent la créativité, l’esprit d’entreprise. On bénéficiera aussi de la pression de la mondialisation qui diminue les prétentions des Etats et offre de nouvelles opportunités aux entrepreneurs. On doit enfin miser sur la conviction et l’engagement de tous ceux qui veulent barrer la route à la servitude, et qui portent l’espérance de la liberté. « N’ayez pas peur ! » L’appel de Jean Paul II à la jeunesse mondiale s’adresse aussi à tous ceux qui doivent réagir parce qu’ils refusent de confier leur avenir aux politiciens et bureaucrates qui veulent faire main basse et sur l’Europe et sur leur liberté.

 

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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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