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La modernité de Bastiat

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ART DE LA POLITIQUE OU VICTOIRE DES PRINCIPES ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Juin 2004 01:00
 Principes socialistes

Si l’on veut bien s’abstraire d’un quotidien dramatique de médiocrité, de vilenie et de violence, ce début du mois de Juin est riche en événements symboliques : le soixantième anniversaire du débarquement et la venue des chefs d’Etat sur les plages de Normandie, la mort de Ronald Reagan et la première élection au Parlement Européen de l’Union élargie.

Je vois ce qui leur est profondément commun : ils nous interrogent sur la façon de lire le passé et de préparer le futur. Cette vision m’a été inspirée par quelques-uns des discours et écrits de Ronald REAGAN, ce grand Président qui restera dans l’histoire de la liberté.

Ce que REAGAN a toujours souhaité pour son pays, c’était avant tout qu’il retrouve les valeurs morales et spirituelles qui en avaient fait une grande nation, valeurs délaissées après le passage de ROOSEVELT et des démocrates qui avaient fait imploser l’économie et la société des Etats Unis, et après une guerre du Vietnam terminée dans la confusion et la honte. Quand la défaite du communisme mondial fut consommée, il déclara « La victoire que nous avons remportée n’était pas tant une victoire de la politique qu’une victoire des idées, ce n’était pas la victoire d’un homme ou d’un parti mais bien celle d’un ensemble de principes ».

Cette phrase peut se décliner pour éclairer divers temps forts de l’histoire contemporaine et de l’actualité. Les GI’s ne débarquaient pas au nom de la puissance américaine, pour servir des visées géopolitiques, ils venaient sur le Vieux Continent pour lui rendre la liberté et mettre fin au plus odieux des totalitarismes. C’est ce qui a été finalement reconnu dans les discours du 6 juin 2004 : il ne s’agissait pas, comme les médias l’ont fait croire, d’un affrontement entre deux armées, voire entre deux peuples, mais d’une confrontation entre deux conceptions de la société et de la personne humaine. Lorsque l’on reproche à George W. BUSH d’opposer de façon « manichéenne » l’empire du Mal et les forces du Bien, il ne fait que reprendre une expression que REAGAN avait utilisée pour désigner le communisme, cette peste rouge diffusée avec la complicité et les méthodes de la peste brune. C’est ce que bien des Français ne pardonnent pas aux Présidents américains d’hier et d’aujourd’hui : c’est d’en appeler sans cesse aux principes, de reconnaître le bien et le mal, de parler de Dieu comme de la référence nécessaire d’une société. « Dans notre conscience nationale, nous pouvons remettre à leur juste place les valeurs de la famille, du travail, de la convivialité et de la religion ». Ces précisions sont importantes parce qu’elles permettent de voir les événements contemporains, y compris la guerre en Irak, non plus comme les conséquences d’une politique américaine mondiale mais comme la défense de principes universels qui devraient s’imposer à toutes les nations parce qu’ils nous ramènent à la nature, à la liberté, à la responsabilité et à la dignité de la personne humaine. Voilà pourquoi, loin de donner une leçon de morale à George W. BUSH (comme l’ont prétendu les médias) Jean Paul II l’a remercié pour le combat qu’il menait de façon si claire en faveur de la famille, contre l’avortement, contre la perversion des mœurs.

Mais l’obsession politique est une vieille tradition française, nous nous régalons de l’art de la politique, nous adorons les spéculations géopolitiques, nous voyons les complots et les ambitions derrière tout ce qui se passe : méfiants, incrédules, cyniques, (mauvais) calculateurs. D’où notre respect teinté de jalousie pour les plus forts, les plus puissants. D’où notre rejet des valeurs simples qui fondent pourtant les grandes nations : respect des autres, de leurs droits, de leur propriété, reconnaissance du mérite et des services rendus, solidarité volontaire, recherche de l’harmonie. Faut-il rappeler que REAGAN a été inspiré par les plus grands penseurs libéraux, et en particulier Frédéric BASTIAT ? Ici les valeurs de la liberté sont celles de l’homme créateur, de l’homme serviteur, de l’homme pêcheur aussi.

Va-t-on faire abstraction de tout ce contenu philosophique et spirituel au moment où l’Europe cherche sa nouvelle voie ? Là aussi l’art de la politique semble pour l’instant passer avant la valeur des principes. L’art de la politique appelle un équilibre des pouvoirs, un compromis entre nationalisme et fédéralisme, il bute sur la question de la Turquie, de la Russie, il balance entre socialisme et démocratie sociale, entre gauche et droite.

« Gauche ou droite ? s’interrogeait REAGAN – Il n’y a pas de droite ou de gauche, pour moi il n’y a qu’un haut et un bas ». A force de se garder à gauche ou à droite on a perdu de vue que l’essentiel est de s’élever. Et l’élévation n’existe que par l’épanouissement de l’individualité, dans l’harmonie sociale née de la liberté et du droit. Quels que soient les arrangements institutionnels et les contorsions partisanes et gouvernementales, l’Europe n’a d’avenir que dans la commune référence à des valeurs de civilisation aussi universelles que l’être humain lui-même, mais premièrement reconnues dans cette région privilégiée qui a su faire à l’homme toute sa place, rien que sa place. C’est sûrement dans ces valeurs universelles qu’à nouveau les peuples libres, en particulier ceux d’Amérique et d’Europe, peuvent se retrouver, et diffuser au reste du monde le message de la liberté et de la paix.

Messieurs les politiques, oubliez votre art, assurez plutôt la victoire des principes.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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