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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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L’EUROPE QUI DERANGE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 31 Mai 2004 01:00
 L'Europe "libre service"

Je vous parle à nouveau de l’Europe. Les élections du 13 juin y sont pour quelque chose. Mais en creusant le problème de l’Europe, on peut prendre conscience de la situation réelle de la France. Les questions européennes deviennent un test pour la santé économique et morale d’un pays.

Le test est négatif pour les Français, pour les politiciens français faudrait-il dire. De l’extrême droite à l’extrême gauche, ils paraissent divisés, mais ils sont fondamentalement du même avis : l’Europe ne les intéresse que si elle ne les dérange pas.

Les uns se disent anti-européens et souverainistes : leur position est respectable, mais elle ne les empêche pas de réclamer des subventions pour les paysans, des réglementations européennes pour se protéger contre les importations du reste du monde (voire même de certains concurrents européens nouveaux venus). Les autres proclament leur européanisme, mais à condition qu’il ne détruise pas leurs objectifs idéologiques.

Les socialistes veulent l’Europe mais à condition que tout le monde se règle sur les « acquis sociaux » français, ils condamnent le « dumping social » que pourrait tolérer une Europe de la concurrence. La droite dit oui au marché, oui à la concurrence, mais à condition que ne soient pas remises en cause nos exceptions françaises : nos services publics, notre Sécurité Sociale, nos entreprises d’économie mixte, notre cinéma et nos chansonnettes.

Les dernières initiatives du gouvernement RAFFARIN et de Nicolas SARKOZY lui-même sont révélatrices de ce double langage. Lorsque Monsieur Mario MONTI se met en peine de veiller à la concurrence industrielle, la réaction ne se fait pas attendre : les Français ont une politique industrielle qui les autorise à régler à leur manière la fusion Aventis-Sanofi et à faire de substantiels apports de capital à Alstom. Après que la France ait été sermonnée à plusieurs reprises pour conserver le monopole de la SNCF, de La Poste, de l’Electricité De France, nos dirigeants font écho aux syndicats pour reporter les privatisations aux calendes grecques, ils sont d’ailleurs mal payés de retour. Quand certaines professions libérales, comme celle des notaires, devraient ouvrir leurs portes à des confrères européens, on argue à nouveau de « l’intérêt général » et le ministre de la Justice se fait applaudir en disant non aux autorités de Bruxelles.

Enfin et non le moindre, les gouvernements français successifs n’ont cure des engagements monétaires, budgétaires et financiers qu’ils ont inventés et acceptés à Amsterdam. Pour la forme, on promet de revenir à un déficit budgétaire de 3% du PNB… dans deux ans, et on semble ignorer que la dette publique a dépassé les 60% du PNB et se creusera encore pour boucher le trou de la Sécurité Sociale (suivant la méthode du Sapeur Camembert).

Ces attitudes sont hypocrites, vaines mais surtout révélatrices. Elles sont hypocrites parce qu’elles laissent penser que l’Europe est un self-service où chacun prend ce qui l’intéresse et refuse le reste. L’Europe donnerait des droits, pas des devoirs.

Elles sont vaines parce que les Français sont déjà liés à l’Europe, qu’ils le veuillent ou non. La souveraineté monétaire n’existe plus, mais la souveraineté commerciale, plus fondamentale encore, a vécu : l’Europe (et pas seulement l’Union) est un espace de libre échange puisque les tarifs douaniers et les contingents ont disparu et que la discrimination est de plus en plus rare. La souveraineté fiscale ne résistera pas à la concurrence fiscale. Il demeure évidemment des bastions de résistance, le secteur public en est un. Une certaine agriculture en est un autre. Mais rien ne pourra aller contre une évolution mondiale dont les bienfaits pour la croissance -c'est-à-dire pour l’emploi et le pouvoir d’achat des consommateurs- se mesurent chaque jour un peu plus.

Le combat d’arrière garde mené par les corporations avec la bénédiction des politiciens n’a donc aucune chance d’être gagné. Mais il est doublement significatif. D’une part il montre le pouvoir des lobbies, des syndicats, des administrations dans ce pays traditionnellement étatiste et centralisé. Un pouvoir qui se sent menacé, et qui voudrait bien arrêté le cours de l’Europe. D’autre part il traduit la difficulté sinon l’impossibilité de se réformer, de s’adapter. La France n’est pas prête ni pour la concurrence, ni pour l’abandon de la souveraineté. Il faudra bien qu’elle s’y résigne pourtant. Dans aucun domaine elle ne peut prétendre retrouver son rang de « peuple dominateur ». L’espoir de dominer l’Europe à deux ou trois en nouant des alliances volontaristes est tout aussi fallacieux, car personne ne voudra lier durablement son sort au nôtre.

Cette France seule est une France qui a peur. Elle a peur de l’Europe parce qu’elle y voit l’ombre portée de ses scléroses, de ses échecs.

Lors des dernières présidentielles un candidat faisait campagne sur le thème de « la France qui gagne ». La France qui gagne c’est celle des jeunes talents, mais ils vont de plus en plus gagner à l’étranger, des entrepreneurs dynamiques, mais ils se délocalisent, des intellectuels lucides et des savants créatifs, mais ils ne sont pas écoutés. Celle qu’on écoute, c’est la France des défilés, la France des télés, la France de la nomenklatura. La France qui tombe et nous fait tomber. Pour que la France ait quelque chance de gagner demain, elle doit rejoindre le camp de ceux qui gagnent aujourd’hui, après avoir été hier dans d’aussi mauvais draps que nous. Rejoindre le camp de l’effort et du mérite, de la liberté, de la propriété, de l’ouverture. Rejoindre l’Europe non pas pour rêver d’en faire une copie conforme de nos erreurs, mais pour qu’elle devienne fidèle à sa tradition : une civilisation de la libre circulation, de la diversité, une société de dignité et de confiance.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

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