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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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LE CARNAVAL DE CANNES PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 24 Mai 2004 01:00
 Carnaval anti-Bush

Jalouse de la réputation de sa voisine Nice, la ville de Cannes a voulu avoir elle aussi son carnaval, intelligemment jumelé avec son festival. Une telle affaire ne s’improvise pas ; les organisateurs ont dû chercher avec le plus grand soin les acteurs de cette nouvelle fête. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, et les chars proposés à la liesse populaire ont été d’une rare majesté. Revoyons avec délices quelques éléments marquants de ce défilé.

Voici d’abord le char des intermittents. On avait pu s’assurer de sa présence depuis plusieurs mois. Le char représente des artistes et des artisans de grande qualité qui ont pour originalité de ne travailler que vingt semaines mais de prétendre être payés pendant toute l’année. C’est bien le moins que la solidarité nationale doive à leurs talents. A Cannes comme durant les festivals de l’été dernier leur présence était indispensable ; on a sagement négocié l’endroit exact où ils devaient se montrer et le moment précis où ils pourraient s’exprimer. Compte tenu des millions qu’ils ont fait perdre à des dizaines de villes de France, et de la charge qu’ils imposent à l’UNEDIC, c’était bien la moindre des choses, et on ne comprend pas les commerçants cannais qui ont fait preuve d’ostracisme à leur égard.

Ce premier char a pris un relief particulier quand est apparu derrière lui le second, théâtralement conduit par José Bové et Michael Moore. Sur fond d’anti-américanisme et d’alter mondialisme, ces intermittents du marxisme sont venus prêter main forte à leurs compagnons de lutte. José Bové en a profité pour leur expliquer comment on peut démonter une salle de cinéma, d’une structure plus simple qu’un MacDo. Et Michael Moore a pu tirer les larmes du public grâce à son « Farenheit » en jouant le rôle de la victime de Mickey et de la censure de Hollywood qui nous ramène au temps du MacCarthysme. Ses imprécations sont venues à point nommé donner plus d’ampleur à la campagne mondiale contre Bush et les armées néo-colonialistes et néo-nazies qui opèrent en Irak. 

Le plus beau char a été toutefois le char de l’Etat. Il était dominé par la haute silhouette ferme et élégante de notre Président, qui avait su entendre le peuple de France au soir du 21 avril et qui avait enjoint au gouvernement de revenir sur les décisions injustes qui frappaient les intermittents.

Notre ministre de la Culture n’a pas été en reste. Il n’avait pas ménagé ses efforts pour exécuter les ordres élyséens, il s’était concilié les bonnes grâces de ces messieurs, jouant les bons offices à l’occasion de ce spectacle intermittent que furent les Molière 2004. Il avait enfin mené les pourparlers pour donner au char des intermittents la place qui lui revenait. Il s’est naturellement précipité à Cannes pour expliquer à ces braves gens qu’il y avait eu un terrible malentendu, et leur donner toutes assurances sur la suite du programme : les quelques millions nécessaires pour apaiser leur soif de dignité seraient donnés par l’Etat si l’UNEDIC s’obstinait à bafouer leurs acquis sociaux. Enfin, le préfet des Alpes Maritimes (j’imagine sur les ordres de son ministre de l’Intérieur) a donné au char ses plus belles parures. Il s’est empressé de présenter ses excuses pour les brutalités policières dont les perturbateurs ont été les victimes. Un caméraman de FR3 n’a-t-il pas été bousculé ? Cette atteinte innommable à la liberté de la presse a suscité l’empressement de nos autorités, car en France seuls les manifestants ont droit à la violence. Frapper, maîtriser ou mettre à terre un manifestant, c’est une voie de fait. Jeter des pierres et des cocktails molotovs, casser et piller, c’est une voie de droit.

Nous voici enfin au cœur du problème : les auriges du char de l’Etat ont perdu toute maîtrise de leur engin, le carnaval de Cannes c’est le carnaval de la démocratie à la française.

Une démocratie dans laquelle les élus du peuple n’ont plus aucun pouvoir. Jacques CHIRAC le leur a rappelé la semaine dernière : vous êtes des godillots au service du gouvernement. En injuriant nos parlementaires, le monarque absolu et mal élu injurie le peuple entier.

Une démocratie dans laquelle les seuls qui ont voix au chapitre sont ceux qui envahissent les rues et paralysent le pays pris en otage : grèves à succession des cheminots, des postiers, des électriciens-gaziers, des contrôleurs du ciel, des pilotes, des employés des aéroports, des marins, des chaînes publiques, et enfin et non le moindre des enseignants. Une démocratie dans laquelle la chienlit gouverne, parce que le gouvernement a la peur au ventre, parce qu’il ne peut rien faire sans l’autorisation préalable des « partenaires sociaux ».

Une démocratie dans laquelle les partenaires sociaux ne sont pas des gens responsables qui pensent à travailler, mais des chefs syndicalistes idéologues non représentatifs qui veulent perpétuer et renforcer leur pouvoir et leurs privilèges.

Une démocratie dans laquelle les droits individuels, notamment la propriété et la sécurité, ne sont plus garantis par l’impuissance publique, les forces de l’ordre et les victimes étant toujours plus sévèrement traitées que les perturbateurs, les voyous et les délinquants.

Une démocratie de la parole et du mensonge, de la suffisance et de l’ignorance, de la corruption et de la violence. Un vrai festival, un vrai carnaval, avant l’affrontement final et l’effondrement fatal.

Je m’y refuse, comme beaucoup d’autres : alertons les hommes et femmes de bonne volonté, il doit bien en rester quelques millions dans ce pays. Citoyens intermittents, unissons-nous !

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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