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D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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SOUS LE REVERBERE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Mai 2004 01:00
 Déficit chronique

Pour retrouver les clés qu’il a perdues, l’automobiliste noctambule les cherche à la lumière d’un réverbère. Dialogue avec un passant : « Etes-vous sûr de les avoir fait tomber ici ? » « Non, pas du tout !»  « Pourquoi alors chercher sous ce réverbère ? » « C’est qu’ici il y a de la lumière ».

La moralité de la fable : on a tendance à chercher les solutions de nos problèmes là où elles ne sont pas. Comme disait Bastiat il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.

Cette histoire me permet de commenter les « nouveaux » projets de réforme de l’assurance maladie vaguement présentés par notre Ministre de la Santé. Voilà en effet près de trente ans que, fascinés par la lueur du réverbère, dirigeants politiques, partenaires sociaux et professionnels de la santé veulent trouver une issue là où il n’y en a pas. Ils se cachent la vérité et la cachent aux Français.

Depuis trente ans, comme bien d’autres, je clame cette vérité évidente : notre système de santé, que l’on n’a cessé de saluer comme « le meilleur du monde », est condamné car il souffre de vices de constitution rédhibitoires. Malheureusement l’évidence n’a pas percé la carapace de l’ignorance et de l’inconscience des dirigeants français. L’opinion publique, abusée par la propagande permanente sur les bienfaits de la Sécurité Sociale, est toujours sous anesthésie générale, bien que certains commencent enfin à sortir de ce coma prolongé. A leur intention, mais aussi à l’intention de tous ceux qui sont « en recherche », je les invite à se libérer des mirages et à voir la réalité.

Ce que l’on voit, à la lumière du réverbère, ce sont les déficits et les abus de toutes sortes, ceux-ci expliquant ceux-là. Avec courage et lucidité, Philippe DOUSTE BLAZY reconnaît la dimension abyssale d’un déficit qui s’accroît de 25.000 euros par minute ; d’autres, avant lui, avaient nié les chiffres réels trop alarmants. Il dénonce aussi certaines pratiques courantes : 10 millions de cartes « Vitale » circulant en fraude et permettant de rembourser indûment consultations et médicaments, souvent avec la complicité des praticiens ! Il suggère que bien des maux proviennent de l’apparence de gratuité : elle pousse à la surconsommation médicale. Cette impression de gratuité, dit-il, pourrait s’atténuer si l’assuré devait sortir un euro symbolique de sa poche : c’est injuste, réagissent les syndicats et la gauche, défenseurs patentés des pauvres et des opprimés. Mais, en venant maintenant aux conclusions politiques à en tirer, notre nouveau ministre, comme les précédents, se tourne vers de nouvelles recettes en s’interrogeant sur leur forme : augmenter les impôts, CSG et CRDS, élargir l’assiette des cotisations pour les faire payer aussi par les Français inactifs (retraités, jeunes). Quant aux économies à réaliser, elles seraient constituées de nouveaux déremboursements, grâce à l’intervention d’une commission nationale d’expertise médicale, et de la chasse aux fraudeurs (notamment en amendant la carte vitale). La philosophie globale est la même depuis trente ans : payez plus, et soyez moins remboursés.

Ce que l’on ne voit pas, c’est que toute l’affaire se résume en un mot : irresponsabilité. Quand on met en place des « structures de péché », les êtres humains normalement constitués se comportent en irresponsables, avec le sentiment que tout leur est dû et que la société (c’est à dire les autres) peut payer : la santé n’a d’ailleurs pas de prix (mais elle a un coût !). Seuls quelques êtres d’exception auront un sursaut d’honnêteté et de civisme pour s’auto limiter.

Du côté de l’assuré, la responsabilité n’existe que s’il a conscience de dépenser son propre argent. Or aujourd’hui en France le prélèvement est obligatoire, il est ponctionné à la source (donc son montant est inconnu de celui qui le subit). Le paiement est indolore grâce au tiers payant.

Du côté des gestionnaires, la responsabilité n’est pas davantage mise en œuvre. Les caisses bénéficient d’un monopole protégé par la loi française (en infraction du droit européen de la concurrence d’ailleurs), les déficits sont automatiquement couverts : pas de faillite possible !

Du côté des prestataires, les médecins libéraux ont été fonctionnarisés, le talent et le dévouement sont tarifés. Quant aux hôpitaux publics, foyers essentiels du déficit, ce sont des centres d’incurie –les trente cinq heures en ont rajouté une couche– et le personnel perd peu à peu toute motivation, voire une partie de sa qualification. Mais qui contrôle, qui encourage et qui fixe les objectifs ?

Tout ce système est sous la garde de l’administration publique et, plus récemment, des parlementaires. S’agit-il de responsables, ou de planificateurs ? On n’a jamais vu de planificateur responsable, sauf s’agissant de personnes gérant sur leurs propres fonds – c’est le principe de la propriété privée. Dans « privatisation » il y a propriété « privée », reconnaissance des erreurs et des mérites. Dans « concurrence » il y a compétition pour s’améliorer et améliorer ses performances.

Et la solidarité, dans tout cela ? Elle n’est pas exclue d’un système privé et concurrentiel, elle s’exerce sous la forme de chèques assurance-santé délivrés aux Français qui n’ont pas les moyens de payer la totalité de leurs primes d’assurance, ils sont financés par l’impôt.

Un dernier point qui, lui aussi, n’est pas « vu » : une compagnie d’assurance, couvrant les mêmes risques et offrant les mêmes prestations que la chère « Sécurité Sociale », demande à peu près 20.000 euros par an. C’est ce que paye déjà aujourd’hui le smicard français (mais il ne le sait pas); tous les autres Français bénéficieraient d’un sacré coup de pouce pour leur pouvoir d’achat : un détail qui n’aurait pas dû échapper aux syndicats…

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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