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Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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LE SECRET DE LA RICHESSE : DEPENSER DAVANTAGE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Mai 2004 01:00
 L'Economie selon Sarkozy

En écrivant la Richesse des Nations (1776) Adam Smith, réputé fondateur de la science économique, faisait en réalité étalage de son ignorance. Il expliquait en effet que certains peuples étaient plus prospères parce qu’ils pratiquaient avec plus d’intensité l’échange : dans une société ouverte, et sous l’aiguillon de la concurrence, les hommes sont davantage portés à l’innovation et au service de la communauté, leurs qualités personnelles s’épanouissent et les sentiments moraux dominent. Société ouverte, société de confiance comme disait Alain Peyrefitte.

Heureusement quelques années plus tard Malthus donnait une version différente de la crise et de la prospérité. La crise provient d’un excédent d’épargne, alors que la prospérité existe quand chacun s’empresse de dépenser le pouvoir d’achat qu’il a obtenu par son activité productive. Malthus venait d’inventer la vraie science économique, la moderne, celle de Keynes, celle des socialistes de tous les temps et de tous les pays, celle de Jacques Attali et celle de… Nicolas Sarkozy.

Elle est bien plus séduisante que la précédente : dépensez tout votre argent, et vous en aurez davantage encore, la croissance va repartir et le chômage va disparaître.

Le mérite spécifique de Nicolas Sarkozy est de présenter la vieille lune keynésienne sous un emballage nouveau. Et ici il voit juste : les Français aiment leurs enfants et leurs petits-enfants, ils sont attachés à la notion de patrimoine familial, alors que la rapacité du fisc et le droit successoral détruisent les fortunes, grandes et petites, et réduisent la liberté de disposer de son bien au bénéfice de ceux que l’on aime. L’emballage est libertifère, même si le contenu est liberticide.

Or donc, notre bien aimé ministre de l’Economie, pour lequel j’ai de la sympathie à plus d’un égard, vient d’inciter les Français à faire donation à leur progéniture d’une somme de 20.000 Euros en exonération fiscale complète. Ce n’est libéral qu’à moitié, puisqu’il faudrait en toute logique libérale exonérer toutes les libéralités, quelles qu’elles soient. Mais c’est surtout le « mode d’emploi » qui me laisse pantois.

Nicolas Sarkozy nous explique en effet que les personnes âgées ont tendance à trop épargner, ce qui est mauvais pour l’économie, tandis que ces braves jeunes gens vont s’acquitter du devoir citoyen qui consiste à dépenser. Voilà de la bonne éducation : montrer aux jeunes qu’ils doivent avoir les mains percées, non par esprit de jouissance, mais par souci de la croissance globale et par solidarité avec les chômeurs.

Il est inutile de dire qu’il s’agit d’une fable, dont la moralité est à l’opposé de celle du « Laboureur et ses enfants ». Le laboureur cher à La Fontaine : « travaillez, prenez de la peine ». Le laboureur de Bercy : « dépensez, prenez du plaisir ».

La fable commence par l’idée saugrenue que les Français épargneraient trop. Il est vraisemblable que s’ils étaient libres de leurs revenus et de leurs placements, ils épargneraient encore davantage, parce qu’ils ont le réflexe naturel de se garantir contre la disparition progressive de leurs « droits sociaux » : demain moins de retraite, moins de remboursements de soins et de médicaments. Quand la protection « sociale » est en faillite, le relais est pris par la précaution individuelle et familiale. Va-t-on reprocher aux quinquagénaires de prendre des dispositions pour échapper à l’explosion de la Sécurité Sociale ?

La fable continue avec l’incitation à la dépense des jeunes. Va-t-on leur donner l’habitude d’attendre la manne familiale, puis la manne de l’Etat ? Ne serait-il  pas  préférable  de les inciter à travailler pendant l’été ou même pendant l’année scolaire pour s’acheter leur première voiture, ou leur première chaîne, ou pour faire leur premier voyage à l’étranger ?

Pourquoi les propulser dans le monde illusoire du court terme, qui exclut l’épargne et la prévoyance et prône le « carpe diem » ? Et que se passerait-il si quelques jeunes égarés se mettaient, eux aussi, à épargner stupidement, parce qu’ils auraient déjà compris que leur illusoires « droits sociaux » vont se dissoudre dans l’héritage de la dette publique et des derniers vestiges de la répartition ?

Il serait d’ailleurs intéressant de suggérer à notre ministre des Finances de calculer les droits de succession sur l’héritage net, en déduisant des actifs patrimoniaux hérités de la famille le passif social hérité de l’Etat et de la Sécurité Sociale. Cela équivaudrait à supprimer purement et simplement les droits de succession, comme l’horrible Berlusconi l’a d’ailleurs réalisé en Italie.

Comme beaucoup de Français, j’attends de Nicolas Sarkozy, sinon du gouvernement, qu’il cesse enfin de prendre ses compatriotes pour des demeurés. Qui peut penser sérieusement qu’en dépensant l’argent on devienne subitement plus riche ? Vivre au dessus de ses moyens a toujours entraîné la ruine. Ce qui est vrai dans la micro-économie du ménage ou de l’entreprise l’est aussi au niveau macro-économique, en dépit des élucubrations de Malthus, Keynes et Marx. Car Marx est aussi au rendez-vous : fidèle à Malthus il expliquait que le capitalisme devait disparaître parce que l’argent allait aux riches qui épargnaient trop et pas assez aux pauvres qui eux avaient besoin de dépenser. Lutte des classes, conflit de générations, même combat : il faut exproprier les patrons et pousser le grand’père dans les orties. Il est vrai que mes propos sont ceux d’un grand’père dépensier.

 

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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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