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« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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POLITIQUEMENT CORRECT PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Avril 2004 01:00
 Raffarin III

Je vais vous surprendre : je serai pour une fois politiquement correct. Pour une fois et peut-être pour un très court moment, car les prochaines semaines pourraient bien me faire regretter les propos imprudents que je vous tiens aujourd’hui.

Le politiquement correct, à cette heure, consiste à dire que le Raffarin III pourrait marquer une inflexion réelle de la politique gouvernementale. Déjà François BAYROU, Marie Georges BUFFET, Bernard THIBAUT et Jean Marie LE PEN n’en croient rien, mais leur fond de commerce est d’être contre tout ce qui se fait, et c’est une affaire qui marche.

La difficulté n’est pas de savoir s’il y aura changement ou non, mais quel type de changement nous pouvons attendre. La gauche a apprécié les « reculs » de Jacques CHIRAC : suspension des mesures concernant les chômeurs en fin de droits (ASA), révision du régime des intermittents du spectacle, retour aux négociations sur le budget de la recherche, pas de réforme de l’assurance maladie ni de quelque autre par ordonnances. L’insistance avec laquelle le Président a souhaité que la nouvelle équipe recherche plus de « justice sociale » signifie que la précédente ne s’en préoccupait pas trop. De même la référence permanente aux « partenaires sociaux » pour préparer les réformes à venir revient, une fois de plus, à sacraliser les syndicats, qui n’ont pourtant pas d’autre ligne de conduite que de préserver les privilèges et, pour ce faire, d’ameuter les Français par des propagandes éhontées et des manifestations débordantes. La route est libre pour un grand printemps social, et la CGT, SUD et FO sont en ordre de bataille. Les cheminots mènent déjà grand train, avec des arguments qui ne trompent pas : la concurrence des transports ferroviaires en Europe va réduire les coûts, au premier rang desquels les avantages sociaux durement acquis par les hommes du rail français.

Est-ce bien ce changement-là que l’on peut souhaiter ? Il ne serait réellement pas spectaculaire, car les reculades ont été le mode habituel de fonctionnement de RAFFARIN II. Il ne fallait pas désespérer Billancourt avant ces échéances électorales qui devaient donner une totale victoire à l’UMP. Surtout pas de vagues ! Comme tant d’autres j’avais dénoncé ce stupide calcul. Le paradoxe est que RAFFARIN II a été accusé d’avoir fait trop et trop vite, alors que ces deux ans ont été frappés au coin de l’attentisme, de la fuite en avant, de la couardise ou de la prudence extrême ! On a taxé la politique du gouvernement précédent d’ultra-libéralisme alors qu’elle s’inscrivait dans le droit fil du socialisme et de l’étatisme à la française. Jacques CHIRAC lui-même a reconnu le travail remarquable qui a été fait en deux ans pour « rétablir l’autorité de l’Etat » : grand programme libéral ! Et la ligne de conduite qui se veut constante est « la défense des valeurs républicaines » : c’est quoi ?

Dans ces conditions, les chances d’une inflexion libérale sont ténues. Si l’on est d’un optimisme inconditionnel, on aura noté que le chef de l’Etat a souligné à plusieurs reprises la nécessité d’adapter l’Etat pour en éviter la faillite, à l’image des entreprises privées « créatrices de richesses et d’emplois » auxquelles un hommage appuyé a été rendu. Serait-ce la fin du « service public à la française » ? On aura également saisi quelques formules pour vanter les mérites de l’initiative, de la création, de la compétitivité, qui toutes méritent d’être « libérées », sous peine de voir les capitaux et les hommes partir à l’étranger, et la dette publique atteindre des sommets vertigineux. Réviserait-on en profondeur les dépenses publiques, la fiscalité et la législation du travail ?

On aura enfin et surtout relevé la symbolique du « jeu de chaises musicales » tant décrié par l’opposition.

Nicolas SARKOZY est réputé libéral dans le domaine économique, il a des liens étroits avec les chefs d’entreprises, et c’est lui que l’on nomme à Bercy, en remplacement de Francis MER, un homme issu de l’entreprise publique, qui n’aura convaincu personne. Il est flanqué de Patrick DEVEDJIAN, qui ne cache pas ses convictions libérales. D’ailleurs deux libéraux authentiques entrent au gouvernement : François d’AUBERT et François GOULARD. Otages, alibis ou pionniers ? En contrepoint on se demande bien ce que François FILLON pourra apporter à l’Education Nationale, si ce n’est le retour en force des syndicats d’enseignants, ni le soin que Serge LEPELTIER portera à l’environnement en dialoguant avec ses amis altermondialistes, ou ce que Dominique de VILLEPIN pourra faire place Beauvau, sinon traverser la rue pour rejoindre l’Elysée et parler diplomatie avec son cher Président, Michel BARNIER n’ayant sûrement pas la moindre liberté de manœuvre dans le « domaine réservé ».

Au total, je ne trouve rien de très révolutionnaire dans l’analyse et l’annonce présidentielles ni dans les perspectives de RAFFARIN III. Jacques CHIRAC a  dénoncé l’immobilisme des années socialistes, je pourrais aussi me lamenter sur les deux ans d’immobilisme des années RAFFARIN. Mais ce ne serait pas tout à fait rigoureux. Car en fait, depuis cinq ans, sinon depuis 1981, voire 1945, les gouvernements successifs ont avec une belle constance enfoncé le pays dans le collectivisme, le corporatisme, l’abandon, la corruption et la dissolution des mœurs ; au contraire des autres nations, ils ont tourné le dos à toute adaptation, à toute innovation. Certains Français commencent à en prendre conscience, et le fossé se creuse entre ceux qui vivent de leurs efforts et ceux qui les exploitent. La voilà bien la vraie « fracture sociale ». Le changement annoncé va-t-il la réduire ou l’aggraver ? Le politiquement correct m’empêche de vous livrer mon pronostic.

 

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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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