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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 29 Mars 2004 01:00
 Barre à gauche...

« Tenez bon, je tiendrai bon » : cette formule de Jean Pierre RAFFARIN, entre les deux tours, peut passer pour un acte de courage ou comme une preuve d’entêtement. Les jours qui suivent nous donneront la réponse.

Du courage il en faut pour accepter l’arrogance d’une gauche impudique. Les socialistes et leurs amis ont enfoncé la France dans le chômage, le déficit, les désordres sociaux, l’insécurité, l’inculture et l’immoralité. Ils sont mal placés pour reprocher quoi que ce soit à qui que ce soit. Comme hier, ils n’ont aucun projet autre que celui de perpétuer leur système corporatiste et de noyer les Français dans le collectivisme. Parmi les impudeurs de la gauche il y a aussi le chantage au Front National : les socialistes n’auront aucun scrupule à devoir leurs sièges à des triangulaires, mais ils accuseront la droite de pactiser avec le diable si d’aventure (bien improbable) les voix des électeurs ou des élus du Front se reportaient sur elle. Jean Pierre RAFFARIN semble n’avoir aucune envie de céder aux intimidations et aux critiques de la gauche. Il a du courage, bravo.

Mais pour autant cela va-t-il changer la politique au niveau national, et dans quel sens ?

A entendre les propos des ministres-candidats et de leurs amis au soir du premier tour et durant toute cette semaine, il y a de quoi désespérer. On a beaucoup parlé de « message » adressé par les électeurs au gouvernement. Mais quel message, et envoyé par qui ?

Les électeurs de gauche ont voté sans aucun doute pour dire au gouvernement qu’ils veulent le retour de la gauche, comme les Espagnols l’ont voulu il y a quinze jours. Cette réaction est celle de Français tantôt égarés par l’idéologie et la propagande marxistes, tantôt victimes de l’inconscience et de l’ignorance totales qui les amènent à aimer ceux qui les ruinent. Ils ne savent pas que tout ce qu’ils endurent vient de la gauche.

Mais quid des électeurs dits « de droite » ? La majorité parlementaire a perdu une proportion importante de son électorat qui, comme je l’avais prévu (sans mal), a préféré s’abstenir ou émettre un vote sanction. Paradoxalement les membres de cette (déjà ancienne) majorité ont prêté davantage l’oreille aux arguments de ceux qui ne votent pas et ne voteront jamais pour eux, et ont feint d’ignorer ce que voulaient leur dire leurs propres amis. Tout se passe comme si on avait voulu rassurer les électeurs de gauche. Ainsi j’ai entendu dire que le gouvernement « a sauvé la répartition dans la réforme des retraites » ; en effet il y a de quoi pavoiser ! Ou encore que « l’on n’est pas revenu sur le principe des 35 heures » : nouvel exploit ! Ou aussi que « le SMIC n’avait jamais autant augmenté que depuis deux ans » : quelques points de plus auraient en effet permis d’avoir un peu plus de chômeurs, le gouvernement n’a pas assez fait ! Ou enfin que « la France a su défendre son exception culturelle » : on est plus stupide que les autres mais on en est fier !

J’ajouterai que notre géniale diplomatie a su également trouver les bons arguments pour séduire l’électorat. Non contents de se précipiter dans les bras de Monsieur Zapatero et de se réjouir de la chute d’Aznar, les célèbres duettistes qui gèrent nos relations internationales ont été les premiers et les plus fermes pour condamner Israël qui a eu la mauvaise idée de se faire justice en tuant un fanatique qui a inspiré et organisé la terreur au Moyen Orient depuis près de vingt ans (emportés par leur indignation, certains sont allés jusqu’à le présenter comme un artisan de paix –cela rappelle la « paix des braves » de triste mémoire).

Dans ces conditions, « tenir bon » signifie que l’on n’a rien à se reprocher, et que l’on va continuer à faire du socialisme réel, et à pratiquer la démagogie et la compromission. En d’autres termes, on n’a rien compris à ce qu’attendent certains Français, ceux-là même dont les voix ont manqué. Ils ne sont pas les plus nombreux, mais ils peuvent faire la différence, ces obscurs, ces sans grade, ces sans élus, ces sans parti, qui voudraient simplement que les choses changent dans notre pays, et que nos politiciens, de gauche comme de droite, s’arrêtent de marcher sur la tête.

C’est dans les tout prochains jours que l’on va voir si la majorité parlementaire a quelque chance de survivre. L’inflexion de l’équipe dans le sens d’un volonté réformatrice enfin présente, des propositions enfin nouvelles et courageuses sur les retraites, l’assurance maladie, les privatisations en perspective, la législation du travail, la fiscalité, etc. auraient un effet d’annonce salutaire pour elle. Tenir bon signifierait alors tenir le bon bout, et oser ce que l’on n’a pas voulu faire par peur de perdre les élections. Pari perdu !

Si à l’inverse on s’amuse à de simples replâtrages dans l’espoir de se refaire une beauté à l’occasion des Européennes, si on fuit le débat de fond sur l’avenir de l’Europe entre eurocratie et libre concurrence, ce sera à nouveau un échec, et cette majorité risque de ne pas aller jusqu’en 2005. Ce nouveau pari sur la stupidité ou la docilité des citoyens serait perdant, et il resterait au capitaine du navire France à couler avec lui, tenant bon jusqu’au dernier salut avant l’inévitable naufrage. Vous avez dit « Tenez bon » ? Perseverare diabolicum.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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