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A L’HEURE ESPAGNOLE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 22 Mars 2004 01:00
 Gauche

Nous vivons depuis la semaine dernière à l’heure espagnole. C’est le thème que j’avais choisi pour le rapport moral que j’ai présenté à l’Assemblée Générale de notre Association, tenue mercredi dernier. Ce thème porte non seulement la marque d’une dramatique actualité, il évoque aussi les perspectives qui s’ouvrent aux libéraux français et les invite à prendre de nouvelles initiatives.

L’heure espagnole, c’est d’abord celle du terrorisme. En ouvrant notre assemblée, nous n’avons pas manqué de rendre hommage aux victimes de la barbarie et de redire notre compassion et notre solidarité pour leurs familles et leurs proches. Le 11 mars fait écho au 11 septembre, et ce n’est pas un hasard. Il s’agit donc bien d’un plan d’attaque de l’Occident. De plus récents messages d’Al Quaida ne laissent aucun doute : sont et seront visés les peuples dont les gouvernements ont organisé et soutenu l’élimination des Talibans et la chute de Saddam Hussein.

L’heure espagnole, c’est aussi, et malheureusement, celle de Munich. C’est l’inattendue réaction d’une masse d’électeurs venus dire « non à la guerre », c’est le premier acte des socialistes retirant les troupes d’Irak. « Votre politique est dictée par les terroristes » : George Bush n’a pas mâché ses mots. Munich, c’est également le lâche soulagement de tant de Français, heureux d’être (du moins le croient-ils) à l’abri des agressions, puisque la diplomatie française a fait de nous les champions de l’anti-guerre, de l’anti-Amérique, de l’anti-Bush. Il y a quelque indécence à voir ces militants socialistes et pacifistes donner à leur victoire une tournure festive.

Il y a aussi quelque indécence à voir certains Français, et le premier d’entre eux, se répandre en amabilités pour Monsieur Zapatero, au seul prétexte qu’il débarrasse l’Europe d’un gêneur. L’heure espagnole sonne-t-elle un changement de cap dans la construction européenne ? José Maria Aznar était partisan d’une Europe des patries, mais d’une Europe concurrente et ouverte, d’un grand marché débarrassé de l’Eurocratie. L’espoir renaît du côté des tenants de l’Europe politicienne et centralisée, l’axe Paris-Berlin se sent tout d’un coup plus fort. Cela se verra bientôt dans les négociations intergouvernementales et dans l’orientation de la campagne pour les Européennes en juin prochain. Les libéraux doivent être vigilants sur ce risque de basculement, et miser sur la résistance des Anglais, Polonais et autres pays de l’Europe des vingt cinq qui n’ont pas de sympathie pour le « modèle rhénan » ; les Grecs n’ont-ils pas rejoint le camp de la résistance ?

Enfin, l’heure espagnole c’est celle du testament d’Aznar, que j’évoquais comme par hasard la semaine dernière. La recette pour faire triompher les idées de la liberté : une doctrine, un programme, un parti, un leader. Pour la doctrine, nous savons faire, il n’est d’ailleurs qu’à se reporter à l’ouvrage synthétique et profond de Pascal SALIN « Libéralisme ». Pour le programme on peut se reporter utilement aux deux volumes que l’ALEPS a rédigés sous ma direction, « Programme pour un Président » (1988) et « Programme pour un Parlement » (1993). La liste et l’analyse des réformes à réaliser n’ont pas pris une ride depuis dix ans, hélas. Mais il conviendrait peut-être maintenant de mettre l’accent sur ce qui s’est dégradé si vite depuis lors : la protection sociale en train d’exploser, qu’il s’agisse des retraites ou de l’assurance maladie, les déficits publics qui laissent en héritage aux générations futures une dette ahurissante, seule façon de combler les trous creusés par un secteur public pléthorique et des transferts sociaux démagogiques, et enfin et non le moindre le terrorisme intellectuel qui place la France sous le pouvoir des trotskystes, altermondialistes, néo staliniens et paléo étatistes.

Restent le parti et l’homme qui portera le message. Pour l’instant c’est ici que nous sommes « en recherche ». Je le répète : il n’y a rien à attendre de cette machinerie électorale sans doctrine ni passion appelée UMP, les administrateurs et les adhérents de l’ALEPS me suivent apparemment dans ce constat. Il faudra donc attendre des jours meilleurs, et durant cette période de gestation maintenir le contact avec les quelques personnalités qui manifestent encore quelque attachement à la doctrine libérale et quelque courage – il en existe, mais ces vertus sont devenues rares.

Attendre ne signifie pas subir. L’esprit munichois, l’incertitude européenne, la ruine économique et morale de notre pays, ne nous commandent pas de nous replier dans un sanctuaire libéral. Ils requièrent au contraire une action plus engagée, plus déterminée, pour diffuser le message libéral dans la société civile, en étant près des gens, de leurs problèmes, en étant près des jeunes. J’ai été heureux de voir dans l’assistance de notre Assemblée tant de jeunes, à l’image de Sabine Herold et Edouard Fillias. Leur génération est encore plus concernée que la nôtre par ce qui se passe aujourd’hui, parce que le futur de cette jeunesse est sacrifié par les politiciens d’aujourd’hui, mais aussi parce que la jeunesse a horreur du totalitarisme et de l’injustice.

Oui, ces jeunes, comme tous les Français, ont besoin d’une lueur d’espoir, ils ont besoin que nous éclairions le chemin. Eclairons le chemin de la liberté. 

 

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Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

Conjoncture : La monnaie peut-elle être "souveraine" ?

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Actualité libérale  : Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts


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