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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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LES VERITES D’AZNAR PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Mars 2004 01:00
 Aznar

Elles décoiffent, elles s’imposent, elles stimulent.

Les vérités que José Maria Aznar a livrées mardi soir au Monde, le journal français le plus politiquement correct, le plus exceptionnellement culturel, ont jeté un pavé dans la mare hexagonale.

Celle que l’on aura retenue par priorité concerne l’âge décent auquel un leader politique devrait se retirer : 51 ans. Sur le même sujet, interrogé sur les vertus d’un chef d’Etat, José Maria Aznar affirme « Les leaders dont on a besoin sont ceux qui ont des idées et des convictions ! Il n’y a rien de pire qu’un leader sympathique qui soit un mauvais dirigeant ».

- « Vous pensez à Jacques Chirac ? »

- « Jacques Chirac est un chef d’Etat très sympathique et qui a beaucoup d’expérience »

Cette première vérité se prolonge d’une seconde : la politique n’est pas un métier, l’exercice du pouvoir exige le respect des engagements pris, et il ne faut pas succomber à la tentation de durer, et pour durer d’aller dans le sens du vent. « Qu’importent le vent et la marée, ceux qui les suivent ne sont pas des leaders, mais des girouettes ».

Encore faut-il prendre des engagements, c’est à dire avoir une doctrine et un vrai programme. C’est ce qui visiblement manque en France. Le PP (Parti Populaire) s’est construit autour d’un projet, et lors de la création de l’UMP José Maria Aznar avait recommandé à ses fondateurs de ne pas faire du nouveau parti un conglomérat sans âme. « Je leur ai donné la recette : une équipe, un parti uni et un projet ». Et de préciser « La droite française ne manque pas d’hommes et de femmes pour gouverner le pays, il y en a même beaucoup. L’important c’est que chacun puisse s’identifier à un même projet, et à un seul leader. C’est ce qu’a fait le PP à ses débuts ».

Pourquoi d’ailleurs cette référence à la droite ? C’est que « la gauche est un véritable désastre, ce n’est pas une alternative ».

Voilà sans doute l’erreur des dirigeants français : au lieu de s’ancrer dans un programme clair et audacieux, ils se sont engagés dans la « troisième voie », dans la social démocratie incarnée par le modèle rhénan. « Il n’y a pas de quoi se vanter d’un modèle qui produit des millions de chômeurs. Mon modèle social c’est la croissance, l’emploi, la flexibilité, la garantie d’avenir et l’égalité des chances ». A comparer évidemment avec un modèle qui chez nous, comme en Allemagne, conduit à la stagnation, à la paralysie de l’économie, à cause de la rigidité des structures, de l’hypothèque du futur et de la multiplication des privilèges. Voilà aussi une vérité.

Vérité encore sur l’exception culturelle à la mode en Europe, où tant de politiciens et de corporations veulent échapper aux exigences de la mondialisation au prétexte qu’elle suivrait le modèle américain. « Les périodes les plus riches de la littérature, de la musique et de la science n’ont jamais été stimulées par une exception culturelle, mais par un environnement ouvert sur le monde… Je ne trouve pas souhaitable que la culture européenne se retranche dans une attitude défensive pour se protéger de je ne sais quel fantasme ». C’est donc non à l’Europe forteresse de Jacques Delors, et de l’axe Paris-Berlin.

La vérité sur l’Europe, c’est qu’elle doit être « compétitive ». « A mon avis, cela passe par des Etats nationaux forts, une économie très compétitive et un lien transatlantique très fort lui aussi ». José Maria Aznar serait-il souverainiste ou jacobin ? Souverainiste au sens français sûrement pas « Le nationalisme ce n’est pas une réponse ni pour le monde d’aujourd’hui ni pour l’avenir ». Tout au contraire,  il  attribue une grande partie du succès de sa politique à la constitution de 1978 qui a introduit d’importants éléments de fédéralisme : « Elle a fait de ce pays un pays prospère, qui est le plus décentralisé d’Europe ». Mais évidemment la décentralisation déplaît aux jacobins, aux partis nationalistes et indépendantistes.

Un dernière vérité est difficile à accepter pour de trop nombreux Français : l’Espagne s’est rangée aux côtés des Etats Unis dans la guerre en Irak parce que les Américains ont défendu la liberté contre le terrorisme : « Contrairement à certaines idées, le bien de l’Europe ne réside pas automatiquement dans une opposition aux Etats Unis. Ils sont aujourd’hui en première ligne dans une situation tout à fait nouvelle pour la sécurité du monde et qui découle du 11 septembre ». Les manifestations géantes en Espagne contre la guerre ? Un simple essai de la gauche « de renverser le gouvernement dans la rue, faute de pouvoir le faire dans les urnes ».

« Vérité en deçà des Pyrénées, mensonge au delà ? » La formule de Richelieu, théoricien et artisan du despotisme absolu, est une contre-vérité. Le souverainisme et le relativisme masquent le refus des vérités premières, universelles, celles que nous livre José Maria Aznar.

Nous pouvons et nous devons faire en France le profit de ce que nous dit ce grand d’Espagne.

Au moment où nous tenons notre Assemblée Générale de l’ALEPS je m’arrêterai à cette vérité : la droite française est dans une impasse, où l’ont plongée le refus d’une doctrine et le plébiscite d’un leader « sympathique ». « Je préfère les démocraties stables aux hommes providentiels ». Pour sortir la droite et la France de l’ornière politicienne, il faut, comme en Espagne, s’ancrer dans le libéralisme, démontrer qu’il répond aux attentes d’un pays trompé par ses dirigeants successifs. Une fois les solutions libérales admises par un nombre suffisant de citoyens, un nouveau parti doit se constituer autour d’elles et les porter dans l’arène électorale. Hier je croyais que DL pourrait être ce parti, je me suis trompé. Aujourd’hui je ne vois pas l’UMP dans cette affaire. Tout reste à faire pour demain ou, de façon plus réaliste, après-demain.

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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