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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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LA TENTATION CONTESTATAIRE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 08 Mars 2004 01:00
 Elections

Dans les consultations électorales prochaines, vais-je succomber à la « tentation contestataire » ? Cette expression bienvenue a été lancée en commentaire d’un sondage réalisé par le Figaro dont il ressort que plus de 40% des électeurs éprouveraient une « tentation contestataire ».

La tentation d’émettre un vote punitif ou de s’abstenir (ce qui revient à peu près au même) est en effet bien grande et, pour un libéral, bien légitime. Je conteste presque tout de l’action du gouvernement et du parlement actuels.

Je conteste évidemment leur politique économique. Les lois votées sous l’ère socialiste qui ruinent l’entreprise et l’emploi (35 heures, licenciements, etc.) sont toujours en vigueur. Les impôts n’ont pas été réduits mais augmentés. Augmentées aussi les cotisations sociales. Augmentés les dépenses publiques, les déficits. Maintenue l’emprise de l’Etat sur les entreprises publiques, maintenus les services publics à la française, défis à la concurrence et à l’efficacité.  

Je conteste aussi leur politique sociale. La réforme de la retraite timidement amorcée exclut la rupture avec la répartition et écarte la capitalisation, la réforme de la santé ignore et la privatisation et la concurrence, la loi sur le service public minimum n’est pas votée, les grèves bloquent le fonctionnement du pays, les syndicats renforcent leur dictature, rien ne se fait sans la consultation des « partenaires sociaux » qui imposent la tyrannie du statu quo. 

Je conteste encore leur politique étrangère. L’anti-américanisme primaire a été alimenté par nos diplomates. L’axe Paris-Berlin compromet l’avenir de l’Europe. Nous avons pour ami le nouveau tsar de Russie qui massacre les Tchétchènes, et veut récupérer la Georgie et les pays baltes. Nous préférons condamner Israël plutôt que les réseaux de terrorisme et les états voyous qui les soutiennent. Nous déployons le tapis rouge devant les nouveaux maîtres de la Chine pour mendier quelques faveurs qui coûteront cher aux Français. Je conteste enfin l’intrusion de l’Etat dans la vie privée des individus et des familles, la prétention des guides de la Nation d’indiquer comment il faut manger, il faut boire, il faut fumer, il faut conduire, il faut marcher, il faut s’habiller, il faut se cultiver. Incapable de faire quelque chose de sensé, l’Etat nous prescrit ce que nous devons faire de sage.  

On m’objectera que ces élections ont un caractère local. C’est une farce puisque tous les dirigeants actuels, à l’exception du chef de l’Etat, sont engagés dans la campagne, de même que sont engagés tous les ténors de l’opposition (à la voix cassée il est vrai). D’ailleurs, où est le débat sur le futur des régions et des départements non seulement dans le cadre de la République une et indivisible, mais aussi de l’Europe élargie ?  

Tout ce qui intéresse nos politiciens, c’est de supputer les chances de maintien ou de basculement des majorités dans les conseils régionaux ou généraux. Ils se sont au demeurant arrangés pour étouffer les contestataires du Front National, tandis que rien n’est trop beau pour les staliniens et les trotskistes invités sans cesse dans les grands débats télévisés. Je n’aime pas Le Pen, mais j’aime encore moins Laguiller et Besancenot. A vrai dire, je n’aime plus personne, parce que je suis usé, révolté, blasé d’entendre les discours transversaux sur les méfaits de l’ultralibéralisme, les bienfaits de l’exception française et du souverainisme, les beautés du développement durable, les laideurs de la société américaine et l’imbécillité de G.W. Bush. 

La tentation contestataire me conduirait plutôt à la tentation révolutionnaire ! C’est un mode de pensée, c’est un système, c’est une société qu’il faut abattre, alors que tous ces candidats, de l’extrême gauche à l’extrême droite sont de profonds conservateurs, sans aucun pouvoir créatif, s’exprimant dans les mêmes termes depuis un demi-siècle. Ringards ils étaient, ringards ils restent. 

Alors quoi ? Laisser les départements et les régions aux socialistes, eux-mêmes prisonniers des gauchistes verts et rouges ? Voilà quelques années qu’on me fait le chantage à la gauche, et j’y suis de moins en moins sensible. 

Voter pour ceux que nous avons mis au pouvoir il y a deux ans, pour plébisciter leur immobilisme et oublier les déceptions ? Je n’ai jamais été et ne serai jamais un inconditionnel, le capital confiance est épuisé. 

Finalement, je me prononcerai suivant l’humeur du moment, la sympathie du candidat, son degré de sincérité et d’honnêteté. Je verrai bien entre les deux tours. Pouvez-vous me donner un conseil et ne pas m’aider à succomber à la tentation contestataire ?

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1360 du 18 avril 2018

Editorial : Un an après
Actualité
:
L’interview de trop - Des interviews pour rien
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Jean Baptiste Noé, La parenthèse libérale


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