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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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Le monétarisme de l’école de Chicago

« L’anti-Keynes » : ainsi a-t-on qualifié Milton Friedman, bien que Keynes ait été contesté dès les années 1930 par l’école autrichienne.

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LA VOITURE ET L’AUTOBUS PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 23 Février 2004 01:00
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Je voudrais gloser sur l’article de Pascal SALIN « Gare à l’autophobie » paru dans le Figaro de vendredi dernier 13 février. Non que j’aie quelque commentaire désobligeant à l’encontre de ce papier : j’aurais voulu l’écrire avec autant de réalisme, de profondeur et de brio. Mais précisément parce que ce que dit Pascal SALIN à propos de  « l’Autophobie » mérite malheureusement d’être généralisé pour en arriver à un constat dramatique : la France vire totalement au collectivisme. Et ce constat devrait appeler une réaction aussi déterminée que redoutable est le péril.

Dans son texte Pascal SALIN s’en prend à l’hostilité apparente que la mairie de Paris nourrit à l’égard de la circulation des voitures, et à la stupidité que représentent les espaces réservés aux bus et tous les autres artifices imaginés pour réduire l’espace de circulation des autos au prétexte qu’il faut circuler en bus, donc donner la priorité aux transports publics même s’ils sont incommodes, lents, peu sûrs, peu réguliers. Mais voici quelques phrases-clés de ce même texte : « Tout obstacle à la circulation automobile, sous prétexte de favoriser les transports collectifs, les vélos ou les rollers, est ainsi considéré comme un signe de progrès. Mais c’est oublier que l’automobile constitue, elle, l’un des plus extraordinaires progrès des temps modernes : elle est non seulement un moyen de transport irremplaçable, mais aussi un espace de liberté individuelle, et c’est sans doute cela qui la rend insupportable aux collectivistes. Dans ce domaine comme dans tous les autres, le monolithisme de la pensée et de l’action politique est tellement puissant en France que personne n’ose proférer une opinion divergente ».

Mais Pascal SALIN a osé, ici comme dans son ouvrage « Libéralisme » (Odile Jacob, 2000), s’en prendre au collectivisme et à la pensée unique qui le prône. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et je voudrais vous en dire quelques mots en plus de ceux de l’ami Pascal.

Car la « glorification de tout ce qui est collectif » ne s’arrête pas aux couloirs d’autobus.

Le « dialogue social » dont on nous rebat les oreilles est un premier domaine d’élection du collectivisme. D’une part le contrat de travail individuel a une place qui se réduit chaque jour un peu plus dans le Code. La législation privilégie les conventions collectives, et les interlocuteurs valables sont les syndicats, pas le personnel. Chaque fois que l’on tente d’individualiser les relations professionnelles, les syndicats crient au scandale social : grèves, revendications, licenciements, créations d’emplois, augmentations : tout doit être collectif, il n’y a aucune place pour des comportements et des aménagements individuels.

Voici maintenant la santé qui est de plus en plus « publique », et de moins en moins une responsabilité de chacun. Il faut défendre les Français contre eux-mêmes : les garder contre le tabac, contre les excès de table, contre la sédentarisation, les vacciner, tuer les animaux éventuellement nuisibles à leur alimentation. Tout cela au nom de l’équilibre des finances publiques et du coût de la santé pour la collectivité.

Voici encore l’éducation, de plus en plus nationale, et de moins en moins familiale. Les études doivent être menées comme l’Etat l’entend, et au mieux des intérêts de la nation, car les administrations savent mieux que les parents ce qui est bon pour les enfants, quels sont les métiers du futur. L’esprit d’émulation, l’enseignement des matières formatrices de la personnalité, ont disparu depuis bien longtemps. L’école est celle de la grégarisation, de la massification et, on le voit aujourd’hui, de l’uniformisation dans la laïcité républicaine.

Voilà aussi un certain nombre d’années que les revenus, les patrimoines, mais encore mieux la gestion de l’épargne et la préparation de la retraite sont passés des mains des individus et des familles dans celles de la Sécurité Sociale et du fisc : ne vous souciez pas du futur, l’Etat y pourvoit.

Voici enfin, et non le moindre, la pensée collectivisée. Les slogans, les concepts qui forment la pensée unique et sur lesquels tout le monde s’aligne, de la gauche à la droite en passant par le centre, de l’intellectuel à l’ouvrier : justice sociale, seuil de pauvreté, développement durable, dialogue social, intérêt général, droits acquis, services publics à la française, exception culturelle, etc. Tous concepts vides de sens ou ambigus mais qui ont au moins un mérite : ils forgent une solidarité contrainte entre les Français, ils les dispensent d’une pensée personnelle pour mieux les fondre dans l’inconscient collectif. Les médias leur servent de caisses de résonance, et le service public de l’audio-visuel entretient des chaînes programmées pour empêcher de réfléchir et permettre d’ingurgiter les bulletins de désinformation.

Un demi-siècle de socialisme, de droit ou de gauche, un demi-siècle d’atteintes à l’individualité, à la propriété, à l’initiative et à la responsabilité personnelles ont fait de la France le plus collectiviste des pays économiquement développés. Mais intellectuellement sous-développé.

Que faire pour mettre fin à « la haine de tout ce qui est individuel, et la glorification de tout ce qui est collectif » ? Plus que jamais, se mobiliser, alerter les jeunes sur la société qui les attend, rendre espoir à ceux qui ont abandonné le combat pour les libertés. Je lance régulièrement cet appel à une prise de conscience, à une renaissance de l’engagement civique. Les périodes électorales rendraient-elles les hommes politiques plus sensibles à nos réactions ? Pascal SALIN semble le croire, je suis plus sceptique. Mais nous devons au minimum éliminer quand c’est possible tous ceux qui ont contribué à instaurer le collectivisme dans notre pays : vous avez l’embarras du choix. En attendant, faites acte de désobéissance civique : prenez votre voiture, délaissez l’autobus, laissez fumer les fumeurs, et boire les buveurs, passez une heure par jour à rééduquer vos enfants malades de l’école, ne regardez plus les informations à la télévision, et souscrivez des abonnements à la Nouvelle Lettre, sans oublier d’acheter le livre de Pascal SALIN.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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