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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

21 pages, gratuit

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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POURVU QUE LA GREVE SE PROLONGE ! PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 16 Février 2004 01:00
 Grève obligatoire

Il est des grèves irritantes, injustes et ruineuses. En un mois, pour ma modeste part, j’ai contribué à payer aux « services publics à la française » le tribut qui leur revient.

Une première fois, je me suis trouvé à Antony alors que je devais prendre un vol à Orly. D’Antony à Orly, il y a « Orlyval », une merveille de technologie, un des ces métros sans conducteur, sans contrôleur, qui vous achemine vers l’aéroport en moins de six minutes. L’automatisation complète de ce moyen de transport public devrait protéger l’usager contre les grèves du personnel puisqu’il n’y a pas de personnel.

Détrompez-vous : à Antony, sans que rien ne l’ait annoncé au départ des RER dans Paris, je me suis cassé le nez, comme tant d’autres, sur une affiche laconique : « Orlyval en grève ». Désormais, j’avais compris que les automatismes eux-mêmes, les robots, pouvaient se mettre en grève. La main de l’homme était pourtant passée par là. : pour indiquer, à la craie, que « les voyageurs à destination d’Orly peuvent prendre les autobus de la RATP à Denfert-Rochereau ». Quelle sollicitude ! Le voilà bien, le service minimum dont nous rêvons : pour aller de Paris à Marseille, on a toujours la ressource de passer par Nantes.

Une deuxième fois, j’ai été l’un des acteurs du vaudeville joué avec succès depuis des années par les contrôleurs du ciel. Leur grève, annoncée la veille, devait entraîner des « perturbations » dans le trafic aérien vers la capitale. Mon vol n’était pas annulé, mais simplement retardé. Parti avec quarante minutes de retard, je me réjouissais d’être à Paris une heure plus tard. Mais avant l’atterrissage, après avoir tourné pendant vingt minutes à quatre mille mètres d’altitude, notre pilote nous a fait savoir qu’aucun avion ne pouvait se poser à Orly. Nous voilà donc déroutés sur Charles de Gaulle, ce qui m’a mené à Paris avec seulement une heure et demie de retard. Quelle attention portée aux passagers ! Car inutile de préciser que la grève des aiguilleurs était essentiellement légitimée par la sécurité du transport aérien, menacée à l’heure actuelle par le manque de personnel. Quand on manque de personnel, la meilleure solution n’est-elle pas de suspendre le travail du personnel existant ?

J’avais donc compris que la grève est d’autant plus légitime qu’il n’y a personne pour faire grève. A la limite, quand la machine aura démoli tous les emplois, nous serons en grève permanente. La grève est un mécanisme endogène, qui n’a besoin de personne pour se déclarer ni pour se développer. J’ai ainsi fait la découverte de cette grande loi de la mécanique sociale.

Certaines grèves sont cependant atypiques. C’est le cas de la grève de Radio-France, qui vient de battre des records de longévité. Mais ici l’usager ne subit plus le droit de grève, il en jouit réellement. Et il se dit : pourvu que cela dure ! En effet, au lieu de la désinformation permanente distillée par France Info, France Inter, et les autres, l’auditeur a droit à de la musique de qualité, et à ce silence radio enfin apaisant. Finis les commentaires anti-Bush et pro Saddam, finies les passionnantes annonces de crimes, viols, déviances et cataclysmes naturels, finies les interviews des princes qui nous gouvernent et des manants qui se révoltent. Plus de pensée unique, plus de « politiquement correct ». Enfin la céleste musique des astres.

Les gens de la radio ne peuvent imaginer à quel point leur grève aura été le temps fort de leur année médiatique. Ils ont ravi des millions de Français, ils ont gardé pour eux des tonnes de stupidités et de mensonges que leur obligation de service public les aurait normalement contraints à diffuser. Je croise les doigts pour que la grève se poursuive, et en tant que contribuable je suis prêt à continuer à donner des centaines d’euros d’impôts pour qu’ils continuent à se taire tout en étant bien payés.

Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi le principe de la grève des parasites n’est pas étendu au-delà de ce cercle restreint des services publics. Quel avantage ne tirerait-on pas d’une grève du parlement ? Cela nous éviterait des législations à la fois imbéciles et liberticides. Et que dire d’une grève du gouvernement ? Cela nous épargnerait quelques dépenses supplémentaires, aujourd’hui engagées pour rendre aux producteurs de lait, aux restaurateurs, aux chercheurs et autres, l’argent qui ne leur est pas dû. Et d’une grève de la Sécu ? C’est sans doute le seul remède intelligent de rétablir l’équilibre financier : blocage total des dossiers pendant six mois, de quoi sauver le système « que le monde entier nous envie ». Les Français se rendent-ils compte de tout ce que leur apportent la Sécu, les services publics, la réglementation, les subventions ? Il est bon de leur ouvrir enfin les yeux, en mettant toutes ces belles activités en sommeil prolongé, et la grève est ici le narcotique le plus puissant. Rendre la grève obligatoire dans le secteur public, pour en démontrer la qualité, et éloigner le spectre de la privatisation et de la concurrence, toutes deux causes d’injustice et d’exploitation au nom de la loi du profit.

Certains de mes amis, mal intentionnés, voient dans la grève un droit exorbitant du droit commun, une atteinte au contrat, une défense des privilèges syndicaux, une violence privée légalisée, une pression politique, que sais-je encore ? Je les engage à revoir leur jugement. Dans ce domaine, la France est en avance sur la plupart des nations civilisées. Nous avons compris chez nous que toutes les grèves sont porteuses de progrès social, économique, et contribuent au bien commun. Et certaines sont plus heureuses que d’autres, puisqu’elles apportent détente, sérénité et bonheur à ceux qui en souffrent – pardon : qui en bénéficient. Mon souhait : que la grève se prolonge !

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1351 du 7 février 2018

Editorial : En marche sans bouger
Actualité
:
Trump va régler son compte au FBI - L’Etat ne peut empêcher la neige de tomber - Medef : le libéralisme va-t-il s’inviter dans les élections ? - La Corse ouvrira l’ère d’une République Fédérale
Connaissance du libéralisme :
Entre riches et pauvres l’écart se creuse



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