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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Le fondateur de l’école autrichienne

Carl Menger est souvent associé à Stanley Jevons et Léon Walras comme l’un des piliers de la « révolution marginaliste » qui a fait rupture avec le classicisme anglais de Ricardo et Mill. Il est vrai qu’il cherche, comme ses contemporains, à rendre compte de la rationalité des choix individuels.

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POURVU QUE LA GREVE SE PROLONGE ! PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 16 Février 2004 01:00
 Grève obligatoire

Il est des grèves irritantes, injustes et ruineuses. En un mois, pour ma modeste part, j’ai contribué à payer aux « services publics à la française » le tribut qui leur revient.

Une première fois, je me suis trouvé à Antony alors que je devais prendre un vol à Orly. D’Antony à Orly, il y a « Orlyval », une merveille de technologie, un des ces métros sans conducteur, sans contrôleur, qui vous achemine vers l’aéroport en moins de six minutes. L’automatisation complète de ce moyen de transport public devrait protéger l’usager contre les grèves du personnel puisqu’il n’y a pas de personnel.

Détrompez-vous : à Antony, sans que rien ne l’ait annoncé au départ des RER dans Paris, je me suis cassé le nez, comme tant d’autres, sur une affiche laconique : « Orlyval en grève ». Désormais, j’avais compris que les automatismes eux-mêmes, les robots, pouvaient se mettre en grève. La main de l’homme était pourtant passée par là. : pour indiquer, à la craie, que « les voyageurs à destination d’Orly peuvent prendre les autobus de la RATP à Denfert-Rochereau ». Quelle sollicitude ! Le voilà bien, le service minimum dont nous rêvons : pour aller de Paris à Marseille, on a toujours la ressource de passer par Nantes.

Une deuxième fois, j’ai été l’un des acteurs du vaudeville joué avec succès depuis des années par les contrôleurs du ciel. Leur grève, annoncée la veille, devait entraîner des « perturbations » dans le trafic aérien vers la capitale. Mon vol n’était pas annulé, mais simplement retardé. Parti avec quarante minutes de retard, je me réjouissais d’être à Paris une heure plus tard. Mais avant l’atterrissage, après avoir tourné pendant vingt minutes à quatre mille mètres d’altitude, notre pilote nous a fait savoir qu’aucun avion ne pouvait se poser à Orly. Nous voilà donc déroutés sur Charles de Gaulle, ce qui m’a mené à Paris avec seulement une heure et demie de retard. Quelle attention portée aux passagers ! Car inutile de préciser que la grève des aiguilleurs était essentiellement légitimée par la sécurité du transport aérien, menacée à l’heure actuelle par le manque de personnel. Quand on manque de personnel, la meilleure solution n’est-elle pas de suspendre le travail du personnel existant ?

J’avais donc compris que la grève est d’autant plus légitime qu’il n’y a personne pour faire grève. A la limite, quand la machine aura démoli tous les emplois, nous serons en grève permanente. La grève est un mécanisme endogène, qui n’a besoin de personne pour se déclarer ni pour se développer. J’ai ainsi fait la découverte de cette grande loi de la mécanique sociale.

Certaines grèves sont cependant atypiques. C’est le cas de la grève de Radio-France, qui vient de battre des records de longévité. Mais ici l’usager ne subit plus le droit de grève, il en jouit réellement. Et il se dit : pourvu que cela dure ! En effet, au lieu de la désinformation permanente distillée par France Info, France Inter, et les autres, l’auditeur a droit à de la musique de qualité, et à ce silence radio enfin apaisant. Finis les commentaires anti-Bush et pro Saddam, finies les passionnantes annonces de crimes, viols, déviances et cataclysmes naturels, finies les interviews des princes qui nous gouvernent et des manants qui se révoltent. Plus de pensée unique, plus de « politiquement correct ». Enfin la céleste musique des astres.

Les gens de la radio ne peuvent imaginer à quel point leur grève aura été le temps fort de leur année médiatique. Ils ont ravi des millions de Français, ils ont gardé pour eux des tonnes de stupidités et de mensonges que leur obligation de service public les aurait normalement contraints à diffuser. Je croise les doigts pour que la grève se poursuive, et en tant que contribuable je suis prêt à continuer à donner des centaines d’euros d’impôts pour qu’ils continuent à se taire tout en étant bien payés.

Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi le principe de la grève des parasites n’est pas étendu au-delà de ce cercle restreint des services publics. Quel avantage ne tirerait-on pas d’une grève du parlement ? Cela nous éviterait des législations à la fois imbéciles et liberticides. Et que dire d’une grève du gouvernement ? Cela nous épargnerait quelques dépenses supplémentaires, aujourd’hui engagées pour rendre aux producteurs de lait, aux restaurateurs, aux chercheurs et autres, l’argent qui ne leur est pas dû. Et d’une grève de la Sécu ? C’est sans doute le seul remède intelligent de rétablir l’équilibre financier : blocage total des dossiers pendant six mois, de quoi sauver le système « que le monde entier nous envie ». Les Français se rendent-ils compte de tout ce que leur apportent la Sécu, les services publics, la réglementation, les subventions ? Il est bon de leur ouvrir enfin les yeux, en mettant toutes ces belles activités en sommeil prolongé, et la grève est ici le narcotique le plus puissant. Rendre la grève obligatoire dans le secteur public, pour en démontrer la qualité, et éloigner le spectre de la privatisation et de la concurrence, toutes deux causes d’injustice et d’exploitation au nom de la loi du profit.

Certains de mes amis, mal intentionnés, voient dans la grève un droit exorbitant du droit commun, une atteinte au contrat, une défense des privilèges syndicaux, une violence privée légalisée, une pression politique, que sais-je encore ? Je les engage à revoir leur jugement. Dans ce domaine, la France est en avance sur la plupart des nations civilisées. Nous avons compris chez nous que toutes les grèves sont porteuses de progrès social, économique, et contribuent au bien commun. Et certaines sont plus heureuses que d’autres, puisqu’elles apportent détente, sérénité et bonheur à ceux qui en souffrent – pardon : qui en bénéficient. Mon souhait : que la grève se prolonge !

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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