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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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LE POUVOIR CORROMPT PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 09 Février 2004 01:00
 De l'argent en libre service

« Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument ». Cette célèbre sentence de Lord Acton est peut-être le meilleur commentaire que je saurais faire sur les évènements judiciaires et politiques récents.

Je ne veux pas m’attarder à la personne qui est au centre de l’actualité, elle mérite sans doute quelque compréhension sinon quelque respect. Je préfère insister sur les raisons profondes qui ont amené, amènent et amèneront les hommes politiques français sur le chemin de la corruption.

Nul ne doute, et c’était ce qui inspirait le jugement de Lord Acton, que le pouvoir perturbe les meilleurs esprits. Seuls quelques êtres d’exception ont totalement résisté à la tentation de l’abus de pouvoir. Pour les autres, ils ont succombé sciemment, en spéculant sur les facilités que leur donne la « raison d’Etat », alibi irréfutable inventé par Machiavel, ou ils ont chuté malgré eux, victimes de l’ivresse du pouvoir, des flatteurs qui les entourent et des clients qui les pressent. « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

Cependant Lord Acton s’exprimait au XIX° siècle, et ne pouvait imaginer à quel point la mécanique de la corruption allait se mettre fatalement en route un siècle plus tard. Car l’Etat était à son époque présent sans être envahissant, et la raison d’Etat ne s’appliquait que pour les affaires de l’Etat, certes fondamentales mais peu nombreuses.

A partir du moment où nous vivons le tout-Etat, nous sommes menacés par le tout-corruption. Et le jeu de la démocratie n’y peut rien, bien au contraire il a tendance à amplifier le phénomène. L’économiste Alan MELTZER a résumé l’analyse en montrant qu’il y avait conflit entre droit de propriété et droit de vote. Dans la plupart des démocraties contemporaines, le droit de propriété est malmené : l’Etat confisque l’argent gagné, il s’attaque aux patrimoines, détruit les fortunes et les héritages, il réduit gravement la liberté d’entreprendre, d’échanger et de contracter. Pourquoi se conduit-il ainsi ? Parce qu’il doit satisfaire ses clientèles, ceux qui font pression sur les élus pour obtenir privilèges et subventions au détriment des autres, ceux qui utilisent avec une particulière efficacité leur droit de vote, et la législation qui en découle. Mais, à ce jeu, il n’y a plus aucun respect pour le travail, le mérite et les projets de ceux qui veulent créer, en acceptent les disciplines du marché, et l’esprit du service communautaire.

Progressivement, une nouvelle « morale » se développe dans la société : le succès et la promotion passent par la politique, qui devient ainsi l’art de s’approprier le bien des autres. Cette morale que l’on comprend facilement pour les assistés, finit par s’imposer  aussi à ceux qui les assistent. Le véhicule de ce changement de mœurs, c’est évidemment l’argent public, qui représente aujourd’hui une ponction de plus de la moitié du total de la valeur créée dans la nation. Véhicule de l’égalitarisme, véhicule de la promotion, l’argent public est la potion magique. Aujourd’hui tout le monde en a sa louche, certains même sont tombés dans la marmite.

Mais on veut alors ouvrir un autre débat : l’argent public n’est-il pas nécessaire au fonctionnement de la démocratie ? C’est la ligne de défense de tous les politiciens qui ont été amenés devant les tribunaux au cours des dernières décennies. Elle a inspiré aussi la loi Balladur sur le financement des partis politiques. Mais il s’agit d’une double erreur. D’une part faire financer les partis par l’Etat, c’est assez paradoxal : seuls les partis reconnus « officiellement » bénéficient de la manne, et il est impossible dans ces conditions d’avoir le moindre renouvellement des appareils politiques. D’autre part on ne voit pas pourquoi les contribuables devraient subventionner des partis et des gens qu’ils n’aiment pas et qu’ils soupçonnent de menacer leurs intérêts, voire de détourner ces fonds de façon discutable ou scandaleuse.

La solution consiste ici, sans aucun doute, à donner aux électeurs la possibilité de financer les campagnes des candidats et des formations qui leur paraissent en harmonie avec leurs aspirations et leurs intérêts. Cela ruinerait évidemment le Parti Communiste et quelques autres qui ne survivent que par les fonds d’Etat, mais permettrait une relève salutaire du personnel politique. Récolter des fonds n’est d’ailleurs pas l’apanage des partis de droite, l’expérience à l’étranger démontre qu’il y en a pour tous. Le financement des candidats rend le vote responsable : le citoyen engage son argent autant que son bulletin de vote, et celui-ci n’est plus gaspillé comme il l’est trop souvent dans des votes rejets ou dans l’abstention.

Mais tout cela n’est que détail technique par rapport à l’essentiel : pour réduire les scandales politico-financiers il faut réduire l’Etat, il faut que les hommes politiques en fassent moins, et qu’ils le fassent bien, c'est-à-dire sous le contrôle effectif des citoyens.

Les Français vont-ils enfin comprendre le message ? Le pouvoir absolu corrompt absolument, donc il faut limiter la corruption en limitant le pouvoir.

 

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Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


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Conjoncture : La bourse ou la banque : un choix remis en cause

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Spécial présidentielles  : Bayrou citoyen - Déjà un député en infraction - Pour comprendre la pensée d’Emmanuel Macron

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