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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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QUAND LA CHINE NOUS REVEILLERA PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 02 Février 2004 01:00
 Visite guidée

Pour parodier Alain Peyrefitte, il viendra un jour où la France devra bien sortir du sommeil abêtissant dans lequel la plongent les princes qui nous gouvernent. C’est précisément la visite du Président Chinois à Paris qui m’inspire quelques réflexions désabusées, parfois même révoltées.

Vous devez reconnaître que l’affaire de Taiwan et les conditions de l’accueil de HU JINTAO sont sorties de l’ordinaire.

Le Président de la République Française s’est donc cru autorisé à condamner de façon claire et véhémente les dirigeants de Taiwan qui ont l’idée saugrenue de consulter leur peuple par référendum sur le choix entre rester indépendants ou rentrer dans le giron de Pékin. Un mouvement énergique du menton rappelle que nous, en France, on n’aime pas les sécessionnistes : la République une et indivisible, on connaît. Ces Chinois de Taiwan n’ont qu’à bien se tenir ! 

Le problème c’est que Taiwan, ce n’est pas tout à fait la Corse, bien que ce soit une île. Taiwan est un Etat souverain, qui a occupé le siège de la Chine au Conseil de Sécurité dès la création de l’ONU, au moment où le régime de Pékin était exclu. Et pour cause : le régime le plus fermé, le plus totalitaire, le plus inhumain de la planète, opprimant le peuple, envahissant les voisins, représentant une menace permanente pour la paix en Asie et dans le monde entier. Seule la France gaullienne, dès 1964, avait rétabli des liens diplomatiques avec Pékin, s’engageant du même coup à rompre avec Taipeh ! Pourtant, pendant un demi-siècle, c’est bien Taiwan qui a monté la garde, qui a contribué à assurer la sécurité et la liberté dans cette région du monde. Toute aussi remarquable sa performance économique : les Taiwanais sont devenus riches, très riches, parce qu’ils ont adopté le capitalisme et le libre échange. Voilà ce que l’on ne peut leur pardonner… 

Aujourd’hui comme hier, la France n’a aucune raison de se mettre du côté de Pékin et de fustiger Taipeh : certains évoquent nos intérêts économiques. Mais pour une part ridicule de marché chinois, et pour la vente de 21 Airbus, fallait-il dérouler le tapis rouge ? En réalité, nos produits n’intéressent pas les Chinois de Pékin, ils préfèrent s’approvisionner au Japon, voire en Allemagne ou aux Etats-Unis, et surtout… à Taiwan ! Le commerce entre les deux Chine est en effet très actif. 

La raison est-elle idéologique ? Veut-on inciter les dirigeants chinois à rejoindre le camp de la liberté politique et des droits de l’homme, en les entourant de prévenances au lieu de les traiter en pestiférés ? HU JINTAO n’a laissé aucune illusion à ce sujet. Dans son discours à l’Assemblée, il a développé la « conception socialiste des droits de l’homme », elle est une réédition de la conception stalinienne. Les individus ont tous les droits à partir du moment où ils ne s’opposent pas au régime. Et que les étrangers s’occupent de leurs affaires ! 

En fin de compte, la raison véritable est diplomatique. Certes Jacques CHIRAC emboîte le pas à George W. BUSH et Gerhard SCHRÖDER qui, au nom de la realpolitik, soutiennent l’idée de la Chine unie. Mais à l’occasion de ce 40ème anniversaire de la reprise des relations Paris-Pékin, le vieux rêve gaullien d’une France prenant la tête d’un bloc mondial hostile aux Etats-Unis hante à nouveau le Palais de l’Elysée. Il faut donc donner des gages à tous ces potentats asiatiques et africains pour qu’ils voient dans la France le seul recours contre l’hégémonie américaine. 

Outre que cet anti-américanisme agressif est déplacé à tous points de vue, la France devrait se résigner à avoir la diplomatie de ses moyens. A part une force de frappe nucléaire aussi inutile que ridicule, la France n’a plus ni puissance économique, ni influence politique, ni message culturel. Les Français, ruinés par un Etat aux dépenses somptuaires, commencent à réaliser que l’« exception française » est une façon de manquer le train de la croissance mondialisée et d’admettre les désordres et les incuries contre lesquels les autres pays ont réagi.  

Louis XIV, inspiré par son confesseur jésuite missionnaire en Chine, avait fait de l’empire chinois son modèle idéal : pouvoir absolu, personnalisé, ceint par une administration puissante et hiérarchisée, festivités impériales, prestige des arts et des lettres. Nous y voici à nouveau, à quelques nuances près. La folie des grandeurs de Louis XIV avait abattu le plus puissant pays du monde en un siècle, la V° République aura mis un peu moins de temps pour ruiner le plus grand des petits pays. Retombés dans la léthargie du XVII ème siècle, les Français pourront-ils se réveiller au XXI ème siècle ? Il serait temps de remonter le réveil libéral. Ces chinoiseries nous le rappellent.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

Actualité  : Hambourg : enterrement du G 20 - Les dépenses de Monsieur Hulot - Le service national : Macron relance l’idée de génie - Macron : retour à la baisse immédiate des impôts - Les ordonnances travail présentées à l’Assemblée

Actualité  : Des leaders libéraux ? - A la recherche des intellectuels libéraux - La rentrée de la Nouvelle Lettre


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