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Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

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Un Marx libéral ?

Les principaux éléments de l’économie marxiste se trouvent chez John Stuart Mill, qui a ajouté aux erreurs de Ricardo et Malthus dont il prend la suite.

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L'ALTER-EUROPE PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 01 Décembre 2003 01:00
 Le couple infernal

La mode est à l’alter. Je suis un alter-européen. Pas un anti : je crois profondément à l’avenir d’une Europe sans frontière interne, ouverte à son tour sur le reste du monde. Mais pour l’instant le spectacle que nous offrent les politiciens, Français et Allemands en tête, est assez pitoyable. Au lendemain de l’Ecofin qui a enterré le pacte de stabilité et à la vieille de la Conférence.

Intergouvernementale (CIG) de Naples, je suis confirmé dans une analyse faite depuis des années : si l’Europe politique se construit, la politique détruit l’Europe. Ecofin nous a bien démontré que, dans le domaine de l’économie, les Etats sont incapables de s’entendre durablement. France et Allemagne, après avoir été les promoteurs du pacte de stabilité en 1992 en sont aujourd’hui les fossoyeurs. Ce qui me peine n’est pas la discorde au sein des 15 ministres des finances, c’est bien plutôt que les gouvernants s’étaient fixés une ligne de conduite plutôt saine : halte aux déficits publics, halte à la dette publique, halte à l’inflation. Aujourd’hui, au prétexte « d’accompagner la reprise », on se refuse à accepter les sanctions que l’on avait soi-même prévues. Mais on les avait sans doute pensées pour les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols, pas pour ces pays exemplaires que sont France et Allemagne.

La mode est à l’alter. Je suis un alter-européen. Pas un anti : je crois profondément à l’avenir d’une Europe sans frontière interne, ouverte à son tour sur le reste du monde. Mais pour l’instant le spectacle que nous offrent les politiciens, Français et Allemands en tête, est assez pitoyable. Au lendemain de l’Ecofin qui a enterré le pacte de stabilité et à la vieille de la Conférence Intergouvernementale (CIG) de Naples, je suis confirmé dans une analyse faite depuis des années : si l’Europe politique se construit, la politique détruit l’Europe. Ecofin nous a bien démontré que, dans le domaine de l’économie, les Etats sont incapables de s’entendre durablement. France et Allemagne, après avoir été les promoteurs du pacte de stabilité en 1992 en sont aujourd’hui les fossoyeurs. Ce qui me peine n’est pas la discorde au sein des 15 ministres des finances, c’est bien plutôt que les gouvernants s’étaient fixés une ligne de conduite plutôt saine : halte aux déficits publics, halte à la dette publique, halte à l’inflation. Aujourd’hui, au prétexte « d’accompagner la reprise », on se refuse à accepter les sanctions que l’on avait soi-même prévues. Mais on les avait sans doute pensées pour les Grecs, les Italiens, les Portugais et les Espagnols, pas pour ces pays exemplaires que sont France et Allemagne.

L’argumentation française ne manque pas de piquant : nous dépassons 3% parce que nous avons la perspective de descendre en dessous de 3% au cours des prochaines années. Il est vrai que pour rentrer dans les limites, il faut les avoir dépassées.

En termes polis (à peine) le couple infernal a donc clairement signifié que les règles s’appliquent à tous les autres sauf lui.

Le CIG va se heurter aux mêmes ambiguïtés, à la même morgue. Ici les choses sont plus graves, elles ne concernent plus seulement la politique macro-économique, mais les institutions de l’Union européenne à vingt-cinq. Pour l’instant le projet de constitution ne peut concilier la volonté de puissance de l’axe Paris-Berlin et le respect des intérêts des nouveaux venus et, de façon plus générale, des petits pays. Il faudrait aller jusqu’au bout de la logique confédérale, en admettant et le droit de sécession et le principe de subsidiarité. Mais les socialistes et les constructivistes de l’Europe ne veulent pas d’une Union souple avec des pouvoirs fédéraux faibles. Pas d’union libre : ils veulent un mariage durable, avec une autorité politique centralisée forte, pour pouvoir concevoir et mener des politiques dynamiques dans le domaine de la fiscalité, du commerce international, de la législation du travail et de l’environnement. Quant aux gouvernements français et allemand actuels, ils acceptent l’idée du mariage, à condition que le pouvoir aille aux mâles dominateurs, disposant éventuellement du droit de répudier leurs partenaires. C’est toute l’hypocrisie des Européens souverainistes (qu’ils se proclament tels ou non).

J’ajouterai enfin que la CGI est incapable de lever deux hypothèses majeures : celle de la Turquie et celle de la Russie. La Turquie n’est pas l’Europe, mais elle n’en est pas coupée pour autant. Des intérêts communs unissent l’Europe continentale et le Proche Orient, il faut les développer. Mais cela ne peut se faire dans le cadre d’une intégration politique, cela n’est possible que dans un espace de libre échange. A l’inverse exclure la Turquie, c’est la livrer aux mains de l’extrémisme islamique. Paradoxalement ceux qui voient dans l’ouverture de l’Europe à la Turquie le premier flot d’une invasion musulmane semblent préférer favoriser la reconstruction d’un puissant empire ottoman. La seule solution pacifique à terme est donc dans l’Europe des marchands, bien mieux adaptée à cette situation que l’Europe des Etats.

Le péril turc grossi fait oublier le péril russe réel. Tous les dirigeants occidentaux font de larges sourires à Vladimir Poutine. Or le maître du Kremlin s’emploie aujourd’hui à reconstituer un empire soviétique dans tous les sens du terme : pouvoir policier, génocide, domination sur les peuples voisins, de l’Ukraine à la Georgie en passant par la Moldavie. L’empire éclaté se refond dans le creuset d’un KGB nationaliste, anti-capitaliste et anti-occidental.

Voilà donc l’Europe que nous concoctent nos politiciens : une Europe des rapports de force, semblable à celle que Metternich avait imaginée à Vienne en 1815. Devra-t-on revivre les erreurs des XIX° et XX° siècles ?

Si nous voulons être de notre siècle, celui de la mondialisation et du développement pour tous les peuples de la terre, celui de la paix et de l’harmonie universelle, il faut que nous, Européens, ren ncions à créer une super-puissance, un colosse aux pieds d’argile, et que nous acceptions de respecter les lois de la société marchande et les droits individuels. Ce sont ces lois et ces droits qui nous ont apporté prospérité et tranquillité depuis le Traité de Rome jusqu’à nos jours, pendant que les hommes politiques s’amusaient avec le politique agricole commune, les serpents monétaires et les bureaucrates de Bruxelles – autant d’échecs. Nous devons aller vers l’alter-Europe.

 

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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

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