Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

 

D’Aristote à René Girard, ils ont abordé les thèmes de l’éternel humain : la nature de l’homme, son destin, sa conscience, la liberté, le pouvoir, la religion, la vie, la vérité, etc. Dans une société où le paraître l’emporte largement sur l’être, se rapprocher des philosophes nous aide à retrouver ce qui importe à long terme, ce qui est le fond de notre humanité et ce qui donne valeur à notre liberté.

64 pages, 30 portraits, 5€

Bulletin de commande

 

Portait

Innovation et destruction créatrice

C’est certainement au titre de sa théorie de l’innovation et de la destruction créatrice que Schumpeter est le plus connu. Il a le mérite de replacer au cœur de l’économie le personnage de l’entrepreneur, totalement oublié depuis Jean Baptiste Say.

Lire la suite...
LA DROITE AU CHOMAGE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Novembre 2003 01:00
 ANPE

Traditionnellement la gauche crée des chômeurs, la droite crée des emplois.Comme la « droite » au pouvoir ne réussit pas à créer des emplois, il y a deux possibilités : ou bien elle a commis une erreur, ou bien elle est une gauche peinte en droite. Je ne suis pas, à vrai dire, un fanatique de l’opposition droite/gauche, je crois qu’elle n’a guère de sens, surtout en France. Notre droite est faite d’un conglomérat sans doctrine, elle ne s’unit que pour écarter la gauche du pouvoir.

Ce programme purement négatif et défensif a pourtant l’heur de plaire aux électeurs, et on voit bien à l’occasion de l’initiative de François Bayrou que l’argument majeur de l’UMP est la peur de perdre les élections : cet irresponsable pourrait ramener les socialistes au pouvoir. Voilà pourquoi certains libéraux, dont je suis, ont quelque réticence à se dire « de droite », car l’opposition fondamentale est doctrinale, entre partisans d’une société collective, étatisée, corporative, inquisitoire et policière, et d’une société respectant les droits individuels, limitant l’Etat au minimum et garantissant l’état de droit, c'est-à-dire l’absence de privilèges (à commencer par ceux dont jouissent les dirigeants).  

Il y a cependant un point où l’on peut à la limite trouver une opposition droite/gauche, au moins dans la plupart des pays étrangers : c’est celui de la politique économique. Traditionnellement la gauche est socialiste, elle aime Roosevelt et le New Deal, la relance par la demande, les déficits budgétaires pour stimuler la croissance, et la redistribution massive, notamment à travers la fiscalité ; elle aime aussi la réglementation et les syndicats. Non moins traditionnellement la droite est capitaliste, elle aime la prospérité par l’entreprise, l’investissement et le travail, elle veut réduire les déficits et les dépenses publiques, elle propose des impôts légers et elle ne veut pas enfermer la vie économique dans un carcan administratif. Le droit de propriété lui semble plus important que le droit du travail (surtout destiné à assurer la pérennité et la souveraineté syndicales).  

Or, sur ces points la confusion est aujourd’hui totale. A l’énoncé que je viens de faire, vous conviendrez que la politique économique actuelle n’est pas « de droite ». C’est ce qui provoque mon étonnement (relatif) voire même mon indignation. Pour trois raisons au moins.

La première, c’est que ce gouvernement ne parvient pas à mettre un terme à un chômage structurel dont la gravité s’affirme chaque jour un peu plus : les chiffres retenus dans notre rubrique de conjoncture sont hélas explicites. Je continue à plaindre, aujourd’hui comme hier ces millions de chômeurs, ces jeunes qui démarrent dans la vie sans aucun espoir, ces adultes dont la vie et l’esprit se dégradent et que guettent la marginalisation et la servitude, ces retraités d’office qui voient leur activité arbitrairement brisée pour les besoins de plans sociaux qui relèvent davantage de l’habillement statistique que de la rationalité économique et de la dignité du travail et de l’entreprise. Oui, le scandale est un scandale public.  

Or, et c’est la deuxième raison de mon courroux, on sait très bien mettre fin au chômage si on le veut bien. Le chômage est un scandale « public » parce que ce sont les politiciens qui le créent avec leur interventionnisme ignorant, et parce que l’ayant créé ils n’ont pas le courage de prendre les mesures qui le font disparaître.  Des  pays  très  nombreux  ont  éliminé  presque complètement le chômage, le réduisant à ce qu’il a de « frictionnel ». Perdre un emploi n’y est pas un drame si on en retrouve un dans les trois mois qui suivent. Angleterre, Espagne, Irlande, Pays Bas, nous donnent l’exemple de ce qu’il faut faire et tout le monde le sait. Baisser les impôts, en finir avec leur progressivité et leur discrimination anti-économique, réduire les charges publiques en privatisant, et les charges sociales en faisant jouer la concurrence, revenir à la liberté du contrat du travail, mettre fin aux privilèges. Ces remèdes ne présentent aucune difficulté technique, leur efficacité est immédiate (moins de deux ans en général) mais ils demandent lucidité et courage. Sur le dossier du chômage, la droite devrait être imbattable, elle sait faire. Or cette droite-là ne fait pas. 

La dernière raison de mon courroux c’est qu’après l’échec inéluctable qui mettra fin à cet épisode on dira que c’est bien la démonstration que l’ultra-libéralisme ne fonctionne pas. On nous sert déjà la rengaine depuis un an et demi, elle ira grandissant. Comme en 1986-1988, ou en 1993-1997, on fera croire au bon peuple que c’est un pouvoir dominé par le MEDEF et assoiffé de profit qui a créé le chômage, alors qu’il n’y a jamais eu de politique libérale en France sans doute depuis le bon Monsieur Pinay. 

Cette droite trompe les libéraux, mais elle trompe les Français à propos du libéralisme. Elle est peinte aux couleurs du socialisme. Un jour prochain elle sera mise elle aussi au chômage.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1340 du 8 novembre 2017

Editorial : Harcèlement : plan d’urgence ou profonde conversion ?
Actualité
:
Macron : 6 mois de théâtre - Trump : un an de «bashing» - Le vrai scandale des «Paradise Papers» - Hulot : 6 mois de recul
Connaissance du libéralisme :
La dévolution des biens matériels
Lu pour Vous :
Le bulletin de l’ALEPS


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...