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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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Ce thème de l’allocution prononcée lorsqu’il fut honoré du prix Nobel d’économie (1992) résume l’originalité de Gary Becker.

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LE VOILE ET LA CROIX PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Novembre 2003 01:00
 Signes extérieurs

Je crains que le débat autour du voile islamique soit mal engagé : les deux réactions les plus fréquentes sont celles de la tolérance zéro et de l’éloge de la laïcité. Pour les uns, ceux qui viennent dans notre pays ont à se plier non seulement à nos lois, mais aussi à nos moeurs. La France, fille aînée de l’Eglise, se reconnaît dans la croix, nos traditions culturelles ne peuvent pas être parasitées par un islamisme militant. Pour les autres, la laïcité républicaine est la meilleure réponse : ni croix ni voile.

C’est sur cette dernière doctrine que semble s’aligner le gouvernement. Bien que ma sympathie aille plutôt à la thèse de l’enracinement chrétien de notre nation, fière cependant d’avoir accueillie pendant des siècles des minorités chassées par la misère ou la répression, je ne crois pas qu’elle puisse faire l’unanimité aujourd’hui, la déchristianisation est croissante et le sentiment religieux s’exprime davantage dans les mosquées et les temples bouddhistes que dans les églises. Quant à la laïcité, elle impliquerait une totale séparation de la religion et de l’Etat, ce qui ne signifie pas l’opposition de l’Etat à la religion, et encore moins la religion de l’Etat Républicain (qui a inspiré par exemple le « baptême républicain »).

La solution à nos problèmes me paraît simple, tellement simple qu’on ne la voit pas. Il suffit en effet d’assortir la liberté religieuse, la liberté scolaire et la liberté du culte pour mettre fin aux drames actuels. Mais cela suppose évidemment la fin du service public unique et laïque de l’Education Nationale (SPULEN) inscrit dans le Programme Commun de la Gauche en 1973, mais reconnu de fait depuis 1905 au moins.

Que se passerait-il en effet dans une société de liberté ? Les familles choisiraient l’école la plus conforme à leurs croyances religieuses respectives, incluant des établissements agnostiques où les enfants n’entendraient jamais parler de Dieu. Ici on aurait le crucifix sur les murs ou la croix sur la poitrine, là on porterait le voile, ailleurs la Kippa, parfois la robe de moines tibétains. Veut-on construire une mosquée, un temple, une synagogue, une chapelle ? Ce sont les fidèles qui achètent le terrain et paient la construction. Doit-on chômer le dimanche, le samedi, le vendredi ou tout autre jour ? C’est aux relations contractuelles entre libres individus, employeurs et employés, de le déterminer. Sans doute la pratique sociale aboutirait-elle à dégager des règles acceptables pour tous. Sans doute de nouvelles formules seraient-elles explorées.

C’est ainsi que naissent les institutions durables. Par l’effet des télécommunications, ne sommes-nous pas en liaison permanente avec des partenaires qui sont décalés dans le temps, dans leurs langues, dans leurs cultures ? Qu’on ne m’oppose pas le risque d’acculturation ou de matérialisme ; la concurrence est stimulante, pour les religions comme pour les entreprises. Les Etats-Unis, pays de la profusion religieuse, est aussi celui de la pratique religieuse la plus intense (150 millions d’Américains fréquentent les lieux de culte chaque semaine).

Evidemment, un tel système implique que l’Etat se dessaisisse de toute intervention dans ce domaine. Les deux points d’intérêt public qui demeurent dans sa compétence sont d’une part d’assurer la protection des libertés religieuse et scolaire, d’autre part de donner aux familles les plus démunies les moyens financiers d’envoyer leurs enfants à l’école de leur choix –encore peut-on trouver d’autres formes de solidarité.

A l’exception de ce dernier point, aucun argent public, donc aucun impôt, ne saurait être utilisé à financer des initiatives qui relèvent du domaine purement privé.

On est évidemment à l’opposé de cette société de libertés, et voici ce qui explique la « bataille du voile » : l’éducation est dispensée dans des établissements publics disposant d’un monopole de droit et de fait. Qui maîtrise ces établissements maîtrise le pouvoir intellectuel, et peut façonner les jeunes esprits à sa guise. Hier les marxistes ont domestiqué l’enseignement primaire, secondaire et supérieur ; ils y ont magnifiquement réussi et ont pu imprégner de leur idéologie trois générations de Français. Aujourd’hui ce sont les islamistes qui tentent de les imiter. L’affaire du voile n’est jamais que le premier acte de la conquête du pouvoir par des intégristes fanatiques. C’est une provocation calculée, un terrorisme intellectuel, contre lesquels la défense ne consiste pas à opposer une répression au demeurant hésitante, mais à briser le monopole et l’idée même de service public unique et laïque. La centralisation du pouvoir rend plus facile sa conquête par ceux qui mènent des visées impérialistes. Lénine l’avait compris, les communistes l’ont fait, les islamistes le font. 

 

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