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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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LE PAPE DE LA LIBERTE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 20 Octobre 2003 01:00
 Pape

Les catholiques ont fêté cette semaine le jubilé de Jean Paul II, établi sur le siège de Saint Pierre il y a vingt cinq ans. Le dernier pape à avoir connu un règne aussi long a été Léon XIII (pape de1878 à 1903) et la similitude entre les deux souverains pontifes ne s’arrête pas là : à un siècle d’intervalle ils ont été des papes de la liberté. Ce jubilé ne concerne donc pas seulement l’Eglise Catholique mais tous ceux qui mettent leur espoir dans l’avènement d’une société de libertés.

Pape de la liberté, Jean Paul II l’a été visiblement dans sa forte contribution à la chute du communisme. Les « divisions du Pape » dont se moquait Staline l’ont emporté sur les régimes totalitaires. Jean Paul II a soutenu sans relâche l’Eglise de Pologne ainsi que Solidarnosc, sa prédication à Cracovie et à Czestochowa devant plus de deux millions de fidèles a déstabilisé le régime de Varsovie, puis le pouvoir soviétique lui-même. La guerre des étoiles de Ronald Reagan a fait le reste : le mur est tombé.

Pape de la liberté, Jean Paul II l’a encore été en Amérique Latine, en mettant fin aux divagations des évêques et du clergé convertis à la théologie de la Libération, qui faisait de la lutte des classes et du combat contre l’impérialisme américain les conditions du salut éternel, qui n’hésitait pas à sanctifier Che Guevarra et à soutenir les terroristes du Sentier de Lumière. Ailleurs, Jean Paul II a remis de l’ordre dans les esprits de très nombreux prêtres acquis au progressisme marxiste ; en France l’Eglise soixante-huitarde a été rappelée à la raison.

Pape de la liberté, Jean Paul II l’a aussi été par sa centaine de voyages dans le monde entier. Il a apporté chaque fois le message de l’Evangile, mais aussi son témoignage courageux dans des pays privés totalement ou partiellement de liberté. Fort de la passion qu’il provoquait chez les peuples visités, il n’a cessé de prêcher les principes de bon gouvernement et l’impérieux respect des droits individuels. La leçon donnée à Fidel Castro a été de ce point de vue exemplaire. Son insistance à parcourir le monde entier tient à sa foi dans l’universalité du message évangélique, capable de rassembler la grande famille humaine. Jean Paul II est aussi le pape de l’œcuménisme. La compréhension entre les peuples, entre les religions, est pour lui le meilleur instrument de la paix mondiale, bien supérieur à la diplomatie des gouvernements.

Pape de la liberté, Jean Paul II l’a été enfin par le discours qu’il a tenu aux jeunes. Il les a mis en  garde contre la permissivité généralisée, en leur rappelant que l’amour et la vie sont des valeurs supérieures au sexe et au confort, qu’ils doivent être responsables de leurs actes, de leurs relations, et que la famille est la communauté fondamentale des sociétés humaines. Des millions de jeunes lui en sont reconnaissants : le pape est leur guide, leur autorité morale, il leur apporte des certitudes et des valeurs dans un monde qui en manque cruellement.

Cela me permet d’en venir à ce qui, à mes yeux, constitue l’essentiel du message de la liberté chez Jean Paul II. Pour lui, la liberté est ordonnée à la dignité de la personne humaine. Pénétré de la pensée thomiste, instruit de la philosophie phénoménologique, Jean Paul II sait que l’action humaine est marquée du sceau de la liberté individuelle, et que la personnalité de l’homme se construit à travers son action. L’action donne un sens à la liberté, mais il est de la responsabilité de l’homme d’orienter son action vers l’épanouissement de sa nature profonde, en conformité avec l’ordre naturel, celui qui fait de l’être humain le centre et la finalité de la création, celui qui fait de l’être humain à son tour un créateur, parachevant l’œuvre divine.

Voilà comment d’ailleurs, à la suite de Léon XIII, Jean Paul II fustige tous les régimes qui briment ou suppriment le pouvoir créateur des individus, comment il rejette le socialisme, condamné pour commettre une erreur fondamentale sur la nature humaine notamment en privant l’homme de la propriété privée. Jean Paul II donnera une impulsion nouvelle à la doctrine sociale de l’Eglise initiée par Léon XIII : dans « Centesimus Annus », il affirmera la supériorité du capitalisme en ce qu’il est une « économie de libertés ». Désormais le doute n’est plus permis : la pensée libérale s’exprime avec force et clarté dans les encycliques de Jean Paul II. Cela ne constitue en rien une concession au « libéralisme philosophique », condamné à juste titre par le Syllabus de Pie IX. Seule une pensée libérale déviante peut nier l’existence de la Vérité, et mettre sur un pied d’égalité « toutes » les vérités. Ce relativisme philosophique est aux antipodes de la pensée libérale qui a toujours situé la liberté dans la perspective de la nature humaine, de la spécifique dignité de cet être « créé à l’image de Dieu ». C’est bien à la lumière de cette vérité, et de cette seule vérité, que se conçoit la liberté. Dans « Fides et Ratio » Jean Paul II a précisément tracé la limite de la raison, qui permet à l’homme d’être le créateur, le serviteur de la communauté, mais qui ne lui permet pas pour autant d’éclairer toute sa vie, de répondre à toutes ses attentes : la réponse est dans la foi, qui sollicite sans cesse la raison, mais la guide et la supplée. Sans la foi, la raison n’est qu’orgueil.

Très saint Père, soyez remercié pour ce que vous avez apporté à la cause de la liberté. Puisse la lumière de vos actes et de votre pensée éclairer et édifier les jeunes générations,  pour que ce siècle débutant soit celui de la vraie liberté. Avec humilité et reconnaissance, tous les catholiques veulent s’associer par leurs ferventes prières à votre jubilé, et tous les hommes et femmes de bonne volonté veulent vous dire leur admiration et partager votre joie.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
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