Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

50 pages, Abonnement  annuel : 50€,  numéros anciens 5€ suivant disponibilité

Bulletin d'abonnement

Portait

Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

Lire la suite...
LE MENSONGE STATISTIQUE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 13 Octobre 2003 01:00
 "Assoupissement" ou assouplissement ?

Gladstone tenait les statistiques pour la forme la plus élaborée du mensonge. Je voudrais nuancer ce jugement sévère à la lumière de quelques évènements très récents, et m’en tenir à une opinion plus modérée : si les statistiques sont une façon de manipuler ceux à qui elles sont destinées, elles peuvent être aussi d’une bonne qualité, mais leur utilité est alors tout à fait réduite, du moins dans le domaine économique.  Dangereuses ou inutiles : vous avez le choix.

Les statistiques les plus dangereuses sont celles qui concernent les données macro-économiques, qui servent de base à la conception des politiques budgétaires, monétaires, industrielles, sociales, etc.

Voici par exemple que l’INSEE vient de sortir un chiffre de 300.000 emplois créés par les 35 heures. Je ne conteste pas cette donnée, je n’ai pas eu le temps de vérifier le détail des calculs. Mais où ont été créés ces 300.000 emplois ?

Pour les trois quarts dans le secteur public, puisque ce sont les administrations et les grandes entreprises publiques qui ont appliqué avec tout le zèle voulu les consignes de Madame Aubry : peu importait le coût, l’essentiel était d’embaucher, pour démontrer qu’il y a un lien entre réduction du temps de travail et création d’emplois. Créer des emplois fictifs n’est pas la même chose que créer de vrais emplois, légitimés par la satisfaction d’un besoin solvable sur un marché. Les 300.000 emplois fictifs, c’est ce qu’on voit, ce qu’on ne voit pas ce sont les centaines de milliers d’emplois qui ont disparu ou n’ont pas été créés à cause des 35 heures, parce que les charges sociales et fiscales ont augmenté : il a bien fallu que le budget « compense » les 35 heures.

Donc, les statistiques ont pour première caractéristique de montrer ce qui se voit, et de cacher ce qui ne se voit pas. Et, comme BASTIAT l’a expliqué, seuls les mauvais économistes s’arrêtent à ce qui se voit.

Voici encore que nous discutons pour savoir si nous sommes « dans un contexte récessif » ou « en récession ». Parce que la définition statistique de la récession implique 2 semestres successifs de croissance nulle ou négative. Mais pourquoi 2, et pas 1, ou pas 3 ? Le choix est purement arbitraire. Arbitraire aussi la mesure de la croissance d’un Produit Intérieur Brut dans lequel figure le Produit non marchand aussi bien que marchand (quand les administrations dépensent davantage, le PIB augmente), et les stocks en cours (les invendus accélèrent la croissance).

Voilà encore des années que nos gouvernements successifs se livrent à un « traitement statistique du chômage » qui consiste à masquer le nombre de chômeurs en écartant systématiquement certaines catégories de demandeurs d’emplois. Après le chômage veut-on mesurer l’inflation ? «  L’indice général des prix à la consommation » n’est pas général et concerne une population statistique limitée, et on a l’habileté quand il le faut de « sortir » du calcul de l’indice les produits dont les prix  augmentent…trop vite (comme les produits pétroliers et les taxes y afférant).

Les statistiques procèdent ainsi davantage de la désinformation que de l’information, ce sont des alibis pour justifier ou critiquer des politiques macro-économiques qui sont elles-mêmes mensongères parce qu’elles laissent croire que l’Etat est capable de maîtriser la conjoncture et d’harmoniser la croissance, alors que les seuls guides de l’action publique sont les perspectives électorales et le renforcement des pouvoirs bureaucratiques.

Et pourtant, direz-vous, le dernier prix Nobel d’Economie a été décerné cette semaine à deux statisticiens : l’Américain Robert ENGLE et le Britannique Clive GRANGER. Nous en venons ici aux choses sérieuses. Que peuvent apporter les raffinements statistiques à la science économique ? Les jurys Nobel ont l’habitude de décerner un prix Nobel sur deux à des chercheurs qui ne sont pas des économistes à proprement parler, mais des « auxiliaires » de l’économie : économètres, cliomètres, mathématiciens de l’économie, comptables et enfin statisticiens. Je ne veux pas diminuer le mérite ni l’intelligence de ces très brillants intellectuels, mais je me demande (comme le faisait déjà Jean Baptiste Say au début du XIX° siècle) si la connaissance économique progresse réellement avec de telles approches.

En économie, le phénomène majeur est l’incertitude « radicale », encore appelée « ignorance ». Certes on peut minimiser la part de l’incertain dans le calcul économique par l’usage de techniques statistiques probabilistes.  Mais cela ne lève en rien l’hypothèque fondamentale : les évènements ne se reproduisent jamais à l’identique et suivant un modèle si perfectionné soit-il, parce qu’il faut compter avec la part inconnue du comportement humain. Une inconnue qui ne se ramène pas à la pure fantaisie, mais qui est faite de l’histoire de chacun de nous, de la subjectivité de nos choix, de la spécificité de nos expériences et des leçons que nous en avons tirées. Dans ces conditions, il vaut mieux essayer d’approfondir les mystères du comportement personnel, de comprendre comment il est infléchi par l’environnement institutionnel, par l’information, par l’éducation, il vaut mieux analyser avec plus de précision le processus de coordination des plans individuels plutôt que de chercher à transformer la science économique en mécanique objective. Robert ENGLES a inventé les ARCH : il mesure la crédibilité et la volatilité des séries statistiques chronologiques. Cela peut certainement rendre service dans quelques problèmes d’analyse historique et de gestion financière. Mais est-il besoin de tant de raffinements pour comprendre : que la réduction du temps de travail ne crée pas des emplois, mais en supprime, que le chômage s’accroît quand on empêche les gens d’entreprendre et de travailler, et que l’on est sur la mauvaise pente quand les prélèvements et les déficits publics ne cessent de s’alourdir ? Nous avons trop de statistiques, et trop de mensonges. Nous avons besoin de vérité.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
:
La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


Acheter le numéro

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...