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En 2007, l’ALEPS décide douze thinks-tanks libéraux français à proposer en commun un « Guide du candidat ». Six chapitres s’adressent respectivement au chômeur, au contribuable, à l’assuré social, à l’écolier, au citoyen et à l’Européen. Une grille permet de noter  les programmes des divers candidats. Sur 180 points théoriques, le premier est arrivé à 80 points, et Ségolène Royal à 5. On savait déjà que Nicolas Sarkozy ne serait pas libéral.
 

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Les produits s’échangent contre les produits

Cette formule est aujourd’hui connue sous le nom de « loi de Say ».

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LA VIE N’APPARTIENT PAS AUX POLITIQUES PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 06 Octobre 2003 01:00
 Déficit

Cette forte maxime est de Jean Pierre RAFFARIN. Je suis assez critique à l’égard du gouvernement actuel pour ne pas saluer comme il convient la lucidité et le courage du premier Ministre en la circonstance.

Toute la semaine a été marquée par des commentaires sur l’euthanasie, la plupart du temps favorables au comportement de Madame HUMBERT, qui a volontairement donné la mort à son fils qui la lui demandait et a donné toute la publicité voulue à son geste. La tentation était forte de légiférer en la matière, certains ministres (comme François FILLON) et plusieurs parlementaires (comme l’inévitable Henri CAILLAVE) se proposant de mettre la loi en accord avec les moeurs.

J. P. RAFFARIN a eu pour réaction immédiate de dire non, avec les arguments qui convenaient : « On ne peut pas gouverner ou légiférer pour des situations spécifiques... Je suis contre le fait que la société puisse décider de la vie et de la mort d’un individu, quelles que soient les circonstances ».

La philosophie libérale rejoint ici la pensée chrétienne sur les questions si fondamentales du domaine du politique, de la nature de la loi, du respect de la vie. La société française vit à l’heure du tout-politique. J’ai déjà eu l’occasion de le déplorer lors des événements de l’été. Quand l’Etat prétend s’occuper de tout, il empêche les individus et les communautés de régler les problèmes qui seraient sans doute mieux cernés et mieux résolus au niveau de ceux qui les vivent concrètement. Quand la société politique ignore ou détruit la société civile, il n’y a plus de place pour l’autonomie personnelle et l’initiative spontanée. L’Etat-Providence finit par tuer la vie privée, il entre dans le moindre recoin de nos maisons, de nos familles, de nos passions et de nos douleurs. C’est le « Meilleur des mondes » d’Aldoux HUXLEY.

Légiférer est un des moyens les plus puissants à la disposition des dirigeants, des dictatures, toujours promptes à légaliser leurs ingérences, voire leurs crimes (lois sur les Juifs chez Hitler, Mussolini, loi sur la religion de Staline). Si elle emporte la légalité, la loi ne donne pas la légitimité ; seuls les positivistes croient l’inverse. La légitimité de la loi, comme l’ont montré BASTIAT, HAYEK, LEONI, tient à ses caractères, à son émergence, à son contenu. « Il n’est de loi que du général » disait ARISTOTE, la loi doit s’appliquer à tous (isonomia) et en toutes circonstances. Elle ne peut être conçue pour une personne ou un événement donné. On a malheureusement tendance à juger d’une loi (ou de la nécessité d’en faire une) à travers des cas limites : une loi sur l’avortement est débattue à partir de la jeune fille violée, une loi sur la propriété à partir de l’exemple du canot trop petit pour recueillir les naufragés, ou du seul puits disponible dans le désert, pourquoi pas une loi sur l’euthanasie à partir du cas de Vincent HUMBERT ?

On ne peut établir une règle générale à partir d’un cas limite. Tout ce que l’on peut admettre c’est que l’application de la règle soit modulée en fonction des conditions de lieux, de temps et de personnes : c’est le rôle du juge, pas du législateur. Si la loi ne saurait être conçue à partir d’un cas limite, elle ne peut non plus être créée par la seule volonté souveraine d’une majorité parlementaire. Comme le disait BASTIAT la loi ne crée pas le droit, elle le déclare. Cela signifie qu’une loi n’est qu’un moment dans une évolution juridique et sociale permanente (et cela explique la supériorité de la loi coutumière souple et adaptable sur la loi écrite, qui se fige très vite). La loi émerge de l’évolution de la société, elle ne peut prétendre orienter cette évolution.

Il en est ainsi parce qu’au-delà de la loi, il y a le respect des droits individuels, de ce que la nature humaine commande. Cette hiérarchie des normes juridiques nous fait remonter au droit naturel, plutôt qu’au droit constitutionnel cher à Hans KELSEN. La loi positive doit donc s’ordonner au droit naturel, et on peut parler de la « force injuste de la loi » (F. MITTERRAND) chaque fois que la loi viole le droit naturel en diminuant ou supprimant les droits individuels.

Le respect de la vie est inscrit dans le droit naturel. Dans le Décalogue comme chez les fondateurs de la doctrine des « droits de l’homme » il ne fait aucun doute que la vie, la liberté et la propriété sont les trois pôles de la dignité de l’être humain. Nul ne peut disposer de la vie d’un autre, ni le tenir en esclavage ou en dépendance, ni le priver de sa création, elle-même part de sa personnalité. Ces interdits s’imposent quels que soient les liens qui unissent deux êtres humains : roi et sujet, chef et exécutant, parents et enfants (mère et fils). Sans doute y a-t-il des circonstances exceptionnelles et des cas limites, les temps de guerres et de troubles sociaux en foisonnent. Ils appellent sinon l’effacement de la faute, du moins le pardon de ce qui est et demeure une faute. Mais en aucun cas la casuistique ne saurait tenir lieu de scolastique. Les hommes ont besoin de règles certaines pour vivre harmonieusement en société, et les seules règles qui créent ce bien commun sont celles qui sauvegardent la nature de l’être humain, sa spécificité, sa dignité propre.  

 

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Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


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