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Un Marx libéral ?

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FEINDRE UNE MALADIE… PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 29 Septembre 2003 01:00
 Le fond du trou

« Feindre une maladie ce ne sera autre chose que jouer un bon tour au gouvernement »…

Ainsi Bastiat s’exprimait-il en 1848, il y a juste un siècle et demi, alors même que la Sécurité Sociale n’existait pas. Le « trou abyssal ? » Il l’avait prévu. L’explosion du système ? Elle était inéluctable aux yeux de ce prophète social. Bastiat, le libéral, l’économiste, l’analyste du comportement humain, connaissait les perversités des monopoles d’Etat et faisait la différence entre une protection sociale fondée sur la mutualité, la réciprocité, la responsabilité personnelle, et une protection sociale fondée sur l’illusion d’un droit à la santé garanti par l’Etat, gérée par une administration bureaucratique, et financée par un prélèvement obligatoire.

Comme pour l’Education Nationale, dont je vous ai entretenu, la Sécurité Sociale fait l’objet des soins de notre gouvernement, mais malheureusement nos ministres ne font pas les réformes qu’il faut, ils confondent bricolage comptable et remise en cause fondamentale.

Ici comme ailleurs la remise en cause s’appelle concurrence, privatisation. Mais en allant plus loin que Bastiat, nous devons aussi parler finances, et mettre en accusation la répartition.

Concurrence : le Professeur Mattéi est bien placé pour savoir que la dérive artificielle des dépenses de santé vient d’un foyer principal : l’hôpital public. Il est facile d’incriminer les médicaments (qui représentent 20% du budget), ou les soins ambulatoires (médecins, infirmières, 26% du budget) alors que ce sont les dépenses hospitalières qui pèsent le plus lourd (45%). Or, l’hospitalisation souffre d’être publique. L’espace de liberté laissé aux hôpitaux et cliniques privés est réduit, et on ne peut pas parler de concurrence. Si les coûts du privé sont inférieurs du tiers, et parfois de moitié à ceux du public (ce qui montre déjà les tares de la gestion administrative), les barèmes imposés au privé sont fixés par la Sécurité Sociale. Comme pour l’Education, le privé n’est que le sous-traitant du monopole public.  

Privatisation : la médecine française non hospitalière est dite « libérale », ce qui laisserait entendre qu’elle jouit de la liberté d’exercice. S’il est vrai que le patient a le choix de son médecin, les « honoraires » ne sont que des tarifs publics, fixés par des conventions collectives entre syndicats et Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) dont on ne peut s’évader pour aller dans un secteur « libre » dont l’accès a été progressivement fermé. Comme les hôpitaux privés, les médecins demandent une vraie liberté. Mais la privatisation de la santé appelle aussi la privatisation de l’assurance.  

Finances : Parlons précisément de l’ « assurance-maladie ». Elle n’est ni concurrentielle ni privée, c’est bien un monopole public : nous sommes « assujettis » à nos caisses. C’est un défi aux principes européens d’ouverture des marchés, mais le gouvernement français, ici comme ailleurs, s’assoit sur les directives européennes et même sur les arrêts de la Cour de Luxembourg. De plus, par malchance et par idéologie, la CNAM travaille suivant le principe de la répartition : les bien portants paient pour les malades ; ce qui, à l’instar du régime des retraites, rend explosif le système dans un pays vieillissant, sachant notamment que les dépenses de santé sont exponentielles avec le grand âge. Une vraie compagnie d’assurance travaille en capitalisation, elle reçoit l’épargne des clients pendant toute leur existence, et les fait fructifier pour que l’assuré bénéficie le moment venu des soins nécessaires.  La prime d’assurance est calculée en fonction du risque couvert et de la durée de souscription, elle permet à la compagnie de réaliser des profits (pouah !). Mais le résultat est là : dans un grand nombre de pays européens l’assurance privée classique couvre les mêmes risques que la Sécurité Sociale française pour une prime annuelle de l’ordre de 2.500 euros (soit un peu plus de 16.500 F), ce qui correspond à peu près à ce que le Smicard français se voit retenir sur son salaire. Pour un cadre, cette somme est le cinquième de ce qu’il paye aujourd’hui ! Les Français savent-ils qu’ils surpayent leur « droit à la santé » ?  

De façon générale, pour la santé comme pour le reste, les Français ne savent pas qui paye ni ce qu’ils payent. Le prélèvement à la source est indolore, la feuille de paye n’indique pas clairement la vérité sur la vraie valeur du travail ni sur l’énormité des ponctions sur les salaires, le tiers payant fait croire à la gratuité. La première honnêteté consisterait à leur dire la vérité. Sachant ce qui leur en coûte, les assujettis demanderaient peut-être à passer à un système d’assurances et à payer 2.500 euros par an. 

Mais ceux qui ne peuvent pas payer 2.500 Euros ? C’est ici, et ici seulement, que le recours à la solidarité nationale peut s’envisager, une aide publique (chèque santé) pouvant permettre à ceux qui n’en ont pas les moyens de bénéficier d’une couverture de base. Restent ceux qui ne voudront pas payer. Sous certaines conditions de revenus, l’assurance pour une couverture de base peut être rendue obligatoire. Au demeurant rien n’empêche, pour se couvrir, de faire fructifier sa propre épargne au lieu de payer une compagnie d’assurance. 

Pour déclencher tout ce processus révolutionnaire, il faudrait évidemment mettre les Français en situation de responsabilité. Aujourd’hui ils n’ont aucun choix, ils ne savent même pas ce qu’ils payent, ni ce qu’ils pourraient payer dans un autre système concurrentiel et privé. Rien d’étonnant à ce que les abus se multiplient : « c’est l’Etat qui paye ». La mentalité d’assistés se généralise, et l’on tombe dans une société de « servitude consentie » : on attend tout de l’Etat. Je laisse la conclusion à Bastiat : « Les abus iront toujours croissant, et on reculera le redressement d’année en année, comme c’est l’usage jusqu’à ce que viennent le jour d’une explosion. Mais alors on s’apercevra qu’on est réduit  à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d’un ministre ou d’un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d’avoir perdu jusqu’à la notion du droit, de la propriété, de la liberté et de la justice ».

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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