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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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VERTUS DE LA CONCURRENCE SCOLAIRE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 08 Septembre 2003 01:00
 Le mauvais élève de l'Europe

Je ne voudrais pas commenter cette rentrée scolaire en disant qu’elle est chaude ou risque de le devenir dans quelques jours. Ce ne serait pas original : voilà un demi-siècle que cela dure.

En revanche, j’observe qu’à l’occasion de cette rentrée les familles françaises ont redécouvert les vertus de la concurrence scolaire, mais aussi les difficultés d’en bénéficier en France. 

L’événement le plus significatif, le plus prometteur, me paraît être en effet la spectaculaire hausse des demandes d’inscription dans les établissements privés. Voilà que 5% des familles françaises, suivant les estimations, ont décidé de sauver la scolarité de leurs enfants et ont voulu arracher leurs chères têtes blondes au désordre et au chantage permanents des syndicats d’enseignants de l’école publique. Ces Français-là, apparemment de toutes conditions et de toutes origines, ont exercé leur choix éducatif, et ont voulu faire jouer la concurrence entre le privé et le public. Certes, ce n’est pas une totale découverte : les effectifs du privé ne cessent d’augmenter, et on doit se féliciter que la liberté de choix ait été sauvée en juin 1984 quand plus de deux millions de personnes ont manifesté contre le projet de loi Savary débouchant sur la mise en place du « service public unique et laïque de l’Education Nationale ». Aujourd’hui 20% des enfants sont scolarisés dans des établissements privés. La rentrée a failli porter le chiffre à 25%.

Je dis bien « a failli », parce que l’offre n’a pu suivre la demande. Car depuis des années l’expansion naturelle des établissements privés est bloquée par les textes et pratiques qui régissent leurs conditions d’existence et de fonctionnement. Ce n’est pas de leur plein gré que les directeurs d’écoles et de collèges ont dû refuser la quasi-totalité des demandes nouvelles. Le ministère de l’Education Nationale et les recteurs détiennent un pouvoir absolu sur la création d’établissements nouveaux et l’extension d’établissements anciens, l’ouverture de nouvelles classes et de nouveaux postes d’enseignants est suspendue à l’autorisation de ces autorités, et le quota fixé par Académie est ridiculement faible (de l’ordre d’une dizaine de classes dans les plus grosses Académies). Mais serait-il plus élevé que cela ne changerait rien au principe : l’Etat veut garder la maîtrise scolaire, y compris contre la volonté des parents.

Il s’agit bien évidemment d’un « abus de position dominante », que n’importe quelle cour de justice condamnerait comme contraire à la concurrence s’il n’était pas acquis que la concurrence doit s’arrêter aux portes des services publics à la française.

La réalité, c’est que le « privé » ne l’est pas vraiment : c’est un sous-traitant, et le maître d’œuvre demeure bien l’Etat. Il a tous les atouts du maître d’œuvre : c’est lui qui paye les enseignants (avec l’argent prélevé sur les ressources des familles), c’est lui qui fixe les programmes et les méthodes pédagogiques, c’est lui qui organise et délivre les diplômes. De surcroît la législation détermine les conditions de travail et de carrière des enseignants, le financement des équipements immobiliers (partagé entre communes, départements et régions), les normes de sécurité, hygiène et santé, etc.

Qu’on le veuille ou non l’enseignement demeure l’affaire de la puissance publique, l’école privée n’étant considérée que comme un bouche-trou ou une soupape de sécurité : subsidiarité inversée. Les familles ont perdu le contrôle de l’éducation de leurs enfants.

Je me réjouis donc de cette fronde, de cette prise de conscience par ces milliers de Français réalisant enfin que le système actuel compromet l’éducation et l’avenir de leurs enfants. Mais je souhaite que cette rébellion aille jusqu’à la révolution, qui consisterait à libérer l’école libre.

Il est possible d’ailleurs que l’affaire scolaire soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase des monopoles publics. Dans tous les domaines, et pas seulement pour l’école, les Français pourraient comprendre enfin que la concurrence est meilleure que le monopole, et que le privé meilleur que le public. Nous en avons parlé toute cette semaine au cours de l’Université d’Eté. Nous avons entendu les témoignages de ceux qui ont vu la concurrence scolaire faire des miracles, notamment dans les pays les plus pauvres, pour instruire les enfants les plus déshérités. Un exemple : à Hyderabad en Inde, moyennant 20 dollars par an, les écoles privées parviennent à scolariser plus de la moitié des enfants complètement délaissés par les écoles du gouvernement, dont le coût de fonctionnement est cinq fois plus élevé pour des résultats pédagogiques et éducatifs catastrophiques.

Mais nous avons aussi pris la mesure des perspectives révolutionnaires qu’introduit la concurrence dans le domaine des retraites et de la santé, dans le domaine de la monnaie, dans le domaine de la législation, et bien évidemment dans le domaine du commerce.

Encore faut-il qu’au contraire de la pseudo-concurrence scolaire biaisée en France par les interventions publiques, cette concurrence généralisée soit libre, et que les gouvernements se retirent complètement de l’affaire. Cette libre concurrence, que certains appellent déloyale, ou dommageable, ou sauvage, n’a en réalité besoin, pour répandre ses bienfaits, que d’un seul encadrement institutionnel : la définition et le respect des droits de propriété. Car la propriété apporte la responsabilité, le couronnement du succès pour ceux qui servent la communauté, et la sanction de l’échec pour ceux qui ne n’ont pas su traduire et satisfaire les attentes.

Vienne enfin l’ère de la vraie concurrence, à l’école et ailleurs ! Je pose la question aux princes qui nous gouvernent : vont-ils accepter cette libération ? Sont-ils libéraux ?

 

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Au sommaire du n°1326 du 13 juin 2017


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