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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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ECHOUES SUR LA GREVE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 23 Juin 2003 01:00
 Rentrée sociale

Je ne veux pas suggérer que la grève ait été un échec. Les grévistes, toutes catégories confondues, ont en effet remporté plusieurs succès.

Le premier est d’avoir fait reporter aux calendes grecques la réforme FERRY. Ce n’est pas grand-chose puisqu’il s’agissait d’un amendement bénin, mais c’est un symbole : touchez pas au mammouth. Un deuxième succès est d’avoir rendu plus difficile encore la communication entre le gouvernement et le pays sur la réforme des retraites. Même si le Parlement est sur le point de voter le projet Fillion, celui-ci –qui n’était pas très attractif au départ– ressortira de la mêlée avec quelques bosses, sinon défiguré.

Enfin et surtout la gauche pure et dure a pu montrer toute la puissance et la nuisance de son pouvoir émeutier. Succès : le pays paralysé, les usagers pris en otages, la production bloquée, le chômage au plus haut depuis 1993. Succès encore : la mobilisation du peuple des enseignants, et autres salariés du secteur public : le front du refus a été solide.

La question que je me pose est celle-ci : ces grèves annoncent-elles une rentrée fracassante, comme le prévoit le brave Bernard THIBAULT, ou ont-elles été le chant du cygne ?

Chat du cygne : les derniers grévistes semblaient rompus de fatigue. Il leur fallait songer maintenant à partir en vacances, les fonctionnaires, notamment dans l’Education Nationale, considèrent l’été comme un droit social. Droit social aussi l’annulation des retenues sur les jours de grève. Monsieur ASCHIERI, à la tête de la FSU, a commenté la décision du gouvernement d’appliquer la loi sur les jours de grève : « Cela ne s’est jamais fait, c’est une atteinte à nos droits ». On comprend bien : l’application de la loi est une atteinte au droit.

Certains optimistes en concluront que les syndicats sont enfin mis devant leurs responsabilités, et que le gouvernement aura lancé un avertissement salutaire en associant étroitement la grève et la perte de revenus. Je ferai remarquer que la mesure va frapper les salariés bien plus que les syndicalistes. Ce sont les gens de la base, ceux qui ont suivi les mots d’ordre d’assemblées « générales » manipulées par les marxistes, parce qu’ils ne tenaient ni à se faire remarquer ni à se heurter aux piquets de grève (composés parfois de gens étrangers à l’entreprise). La véritable mise en responsabilité des syndicats consisterait à les assigner devant les tribunaux pour indemniser les victimes des dommages causés par la grève.

Dans le courant optimiste, il y a encore tous ceux qui estiment que le dossier du service minimum a enfin avancé. Jean Pierre RAFFARIN a opportunément sauté sur l’occasion, rappelant les engagements pris pendant la campagne par le candidat CHIRAC. On verra…

Cette grève aurait donc été la plus belle, mais la dernière que l’on ait vécue en France.

Pour ma part, je crois davantage aux lendemains qui chantent.

Les syndicats n’ont aucun intérêt à laisser retomber la pression, ils sont devenus les maîtres de la rue et terrorisent les autorités légales, ils voudront continuer. Les moyens de propagande et d’intimidation qu’ils ont sur la masse des fonctionnaires et sur l’opinion publique n’ont pas été entamés.

La gauche politique a intérêt à déstabiliser le pouvoir dans la perspective des élections de 2004, bien plus importantes qu’on ne le dit, parce que la majorité dans les conseils régionaux et généraux est une source de financement déterminante.

Enfin, le pays n’a que faiblement réagi aux évènements récents. Deux tiers des Français sondés disent comprendre les grévistes. Il est vrai qu’il y a eu une ébauche de réaction de la droite dimanche dernier 15 juin, avec quelques dizaines de milliers de manifestants défilant dans les rues de Paris. Je salue le courage de ceux qui en ont pris l’initiative. Mais la signification de ce défilé était ambiguë : contre la grève ou pour le gouvernement ? Manifestation de la droite ou des libéraux ? Ces réactions spontanées sont toujours menacées de récupération par les politiciens (le défilé de juin 1968 contre la chienlit a débouché sur la loi sur les universités d’Edgar Faure qui a mis la chienlit au pouvoir…et elle y est toujours !)

Pour ma part, par expérience ou par déformation professionnelle, je serai davantage satisfait quand les idées de la liberté auront fait leur chemin dans notre peuple et chez nos dirigeants. Comme Keynes et Hayek, je crois que les idées mènent le monde. Voilà pourquoi les libéraux ne peuvent faire l’économie d’une profonde réflexion sur l’état de la société française et les réformes à y opérer. Suivant la tradition, nous ferons cela à la rentrée, dans le cadre de la XXVI° Université d’Eté de la Nouvelle Economie. Jusque là je demeure sceptique : il me semble que ce sont les illusions de notre camp qui sont venues s’échouer sur la grève.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1343 du 29 novembre 2017

Editorial : Le doux commerce
Actualité
:
Le libéralisme est libéral - La grande cause du quinquennat - Agir : Les constructifs se détruisent
- La leçon africaine d’Emmanuel Macrons
Connaissance du libéralisme :
Liberté et Propriété, la synthèse 
Lu pour Vous :
Assemblée Générale 2017 de l’ALEPS - Hervé Novelli lauréat du Prix Renaissance de l’économie


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