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Publication trimestrielle depuis plus de 40 ans, le Bulletin rend compte de la vie de l’ALEPS mais il propose aussi dans chacun de ses numéros plusieurs études de ses administrateurs, dont Fred Aftalion, Axel Arnoux, Jacqueline Balestier, Jean Philippe Feldmann, Georges Lane, Bertrand Lemennicier, Pascal Salin, Patrick Simon.

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Science économique, science du comportement 

Ludwig von Mises appartient à « l’école autrichienne d’économie » fondée par Carl Menger, dont il reprend les deux idées majeures : l’individualisme méthodologique (on ne peut comprendre l’économie qu’à partir des décisions prises par les individus), la subjectivité de la valeur (la valeur attribuée à un bien ou service varie avec chaque individu et chaque contexte).

Allant plus loin que son maître de Vienne, Mises fait de la science économique une branche de la « praxéologie », science de « l’agir humain » : comment les hommes se comportent-ils dans les choix qu’ils ont à faire dans la vie ? Obéissent-ils à une logique immuable et quantifiable (position des purs rationalistes et des inventeurs néo-classiques de l’homo oeconomicus) ? Sont-ils conditionnés par l’histoire (position des historicistes allemands qui entretiennent une violente querelle avec les économistes autrichiens) ? Ou sont-ils simplement guidés par ce qu’ils pensent être leur intérêt, compte tenu des multiples paramètres qui entrent dans leur calcul ? Ceci est la position des classiques libéraux depuis Adam Smith, c’est celle des économistes autrichiens.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 02 Juin 2003 01:00
 Le village alternatif

Deux raisons me poussent à remettre ma casquette d’économiste et à vous parler aujourd’hui de déflation. D’une part je crois avoir fait le tour de la « question sociale », et comme moi vous en avez certainement assez d’avoir à faire toujours les mêmes constats et à répéter les mêmes choses : conservatisme, corporatisme, gauchisme, face à la timidité, la pusillanimité, la violence face à l’ignorance. D’autre part le fameux G8 ne manquera pas d’aborder ces jours-ci les « grands problèmes de l’économie mondiale », auxquels ces messieurs ne comprennent évidemment rien et sur lesquels ils n’ont aucune prise. Mais de façon très savante tout le monde va s’inquiéter de la déflation.

Le mot est à la mode. Mais comme bien des modes, celle-ci est futile : contraire à la réalité, et surtout contraire à la rigueur analytique. Pourquoi sa popularité ? 

La réalité conjoncturelle ne permet en rien de conclure à la déflation. La déflation c’est le contraire de l’inflation : au lieu d’une hausse généralisée et durable du niveau général des prix à la consommation (inflation), il y aurait baisse. Si l’on suit l’évolution des prix en Euroland, elle montre une hausse des prix de 2,3% sur les douze derniers mois alors que le maximum visé par la Banque Centrale Européenne était de 2%. Quant aux Etats Unis, la hausse a été de 2,5 % pour la même période. Nous sommes donc en présence non d’une déflation, mais d’une inflation que l’on appelle « rampante », mais qui n’en est pas moins une inflation au sens statistique du terme. Ceux qui croient à la déflation objectent qu’il y a une lourde stagnation de la demande, les consommateurs et les investisseurs ne veulent plus dépenser. Donc si la demande baisse les prix doivent baisser aussi. Cette remarque est elle aussi infondée. Aux Etats Unis, les dépenses de consommation courante, en termes réels, ont augmenté légèrement de 0,1% en Avril : c’est moins que les 0,4% des derniers mois, mais ce n’est pas une baisse. Parallèlement l’indice de confiance des consommateurs est passé de 81 à 84 : les Américains, apparemment, gardent le moral. La situation est, il est vrai, moins brillante dans certains pays européens, mais la consommation française, par exemple, n’est pas à la baisse. 

L’analyse qui sous-tend la thèse déflationniste est celle d’un effondrement de la demande globale. Nous voici rendus en plein keynésianisme : les choses vont mal parce que les gens ne dépensent pas assez. Voir la vie économique du coté de la demande dispense d’aller voir du coté de l’offre. Or, la plupart des grands économistes aujourd’hui se sont peu ou prou ralliés à la loi de Say, ce grand économiste français du XIX° siècle qui a démontré que la santé de l’économie était liée avant tout au dynamisme de ses entreprises, à leur rentabilité, à leur adaptation permanente au marché. De sorte qu’au lieu de s’appesantir sur l’évolution de la demande et des prix dans la conjoncture actuelle, on ferait mieux de se demander si, oui ou non, les entreprises sont en mesure de soutenir une croissance suffisante. De ce point de vue, il n’y a pour l’instant –mais je dis bien pour l’instant– aucune inquiétude à avoir de l’autre coté de l’Atlantique, en dépit des incertitudes nées de la guerre, et après les hésitations dues à la bulle financière et aux scandales qui l’ont accompagnée et amplifiée. Les entreprises américaines bénéficient d’importants allègements d’impôts et d’un marché du travail d’une grand flexibilité, leur tissu est fait d’une infinité de PME, où l’on innove beaucoup et où l’on travaille dur. La situation de la « vieille Europe » n’est pas aussi bonne : en Allemagne et en France les entreprises sont exsangues, privées de fonds captés par le secteur public, écrasées de réglementations.

Voici où l’analyse keynésienne trouve ses limites. A ne considérer que la non dépense (réelle ou non), on en vient naturellement à recommander une « relance » là où il faudrait une libération. La relance va alors se faire à partir de données artificielles, sans considération des indications du marché, et passera par des financements publics et une nouvelle couche de législation qui décourageront encore plus les entrepreneurs. Comment retrouver la confiance dans un pays paralysé par des grèves incessantes, par des prélèvements croissants, par une administration rétrograde et coûteuse ?

Pourtant, la relance keynésienne, légitimée aujourd’hui par la pseudo-déflation, a toute la séduction des politiques macro-économiques. Elle plait aux politiciens, aux médias et aux syndicats : plus de pouvoir d’achat pour tous ! Grâce aux interventions miraculeuses des hommes d’Etat, l’économie va retrouver le chemin du plein emploi. La déflation est l’alibi pour continuer à aller vers l’inflation. D’ailleurs la baisse du dollar (synonyme d’inflation) est bien née de la crainte d’Alan GREENSPAN de mettre l’économie américaine en panne. On avoisine les taux zéro : une politique qui fait le malheur des Japonais depuis dix ans, car il est impossible d’avoir des investissements sérieux avec des financements gratuits. A terme, comme le disait HAYEK, quand les taux n’ont plus rien à voir avec la rentabilité, tout ce qui est rentable disparaît et le parasitisme économique se répand : c’est l’inflation et le chômage.

Oublions la déflation. Revenons à l’analyse la plus simple, repartons du réel : l’économie se porte bien quand ceux qui entreprennent, épargnent et travaillent sont justement récompensés pour leur activité, et sont les ferments d’une croissance qui ramène le plein emploi.

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

Actualité  : Turquie : la dictature est en place - Trump contre Kim Jong-Un

Spécial présidentielles  : Pourquoi nous, économistes, soutenons Fillon - Fillon - Macron : comparaisons

Lu pour vous  : Sur le site libres.org : veille de campagne

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