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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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Les sentiments, bases de la société

Charles Fourier a inspiré Proudhon, mais Marx l’a méprisé. Marx l’économiste rejettera avec violence les « utopies » des Français, construites en ignorance totale des lois de l’économie. Il est vrai que Fourier part du principe qu’une société ne peut être harmonieuse que si elle rencontre les sentiments des individus.

 

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RAFFARIN T’ES FOUTU, LES COCOS SONT DANS LA RUE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 19 Mai 2003 01:00
 Laa nouvelle gauche unie

Raffarin, t’es foutu, les cocos sont dans la rue. Voilà le seul slogan qui rende réellement compte de la manifestation du 13 mai et de sa signification profonde. Evidemment, vous ne l’avez pas entendu. Il n’y a jamais intérêt, quand on lutte pour la révolution prolétarienne, à dire la vérité : Lénine nous l’a appris.

La vérité c’est pourtant que nous avons assisté à un nouvel épisode du complot mené contre la liberté par les totalitaires marxistes depuis un siècle et demi. J’oppose cette vérité à toutes les autres lectures données par la presse, voire par les hommes politiques eux-mêmes.

D’abord bien sûr la lecture bassement économique : ces gens étaient dans la rue parce qu’ils veulent préserver l’avenir de leur retraite. Perdus dans la foule, il a dû se trouver quelques milliers de naïfs pour y croire. Ils ne se sont pas aperçus qu’ils étaient entourés de gens qui ne sont pas concernés par la réforme Fillon : cheminots, traminots, contrôleurs aériens, pompiers, électriciens, gaziers et tant d’autres. Leur naïveté est excusable. On leur dit que l’on ne pourrait pas payer les retraites demain si on ne change pas quelque chose aujourd’hui – ce qui est vrai – et que la réforme Fillon allait aggraver la situation – ce qui est faux puisqu’elle ne change rien au catastrophique système de la répartition.

Une lecture plus réaliste suggère que ces manifestants sont des privilégiés qui cherchent à conserver leurs « acquis sociaux ». Il est vrai que l’alignement (tempéré et partiel) du public sur le privé a de quoi révolter ceux qui pensaient que leur statut de fonctionnaire ou de salarié du public les mettait à l’abri de tout sacrifice. Faire payer les autres au nom du service public est une habileté que cultivent avec application et en toute bonne foi deux Français sur cinq. Leur comportement est parfaitement logique. Cette lecture corporatiste, conforme aux enseignements du « public choice », est cependant insuffisante. D’autre part les manifestants de l’Education Nationale étaient déjà là le 6 mai et y seront encore le 25 pour des raisons qui sont au-delà de leurs simples privilèges : le refus de la décentralisation (timide et partielle), le refus de voir diminuer les postes, alors même qu’il ne s’agit pas de licenciements, et qu’il n’est nul besoin de plus d’enseignants quand il y a moins d’élèves – d’ailleurs Luc Ferry s’est « rattrapé » en remettant 16.000 emplois dans la balance. Tout cela prouve bien que ce qui les intéresse n’est pas seulement la défense de leurs intérêts bien peu menacés dans l’immédiat, mais aussi la différence de regard qu’ils portent sur leur place dans la société, et le rôle de l’enseignement public laïque et unifié. D’autre part, ces fonctionnaires émérites décident de manifester à nouveau, alors même qu’ils font semblant d’exiger des négociations, mais sans attendre que celles-ci s’organisent (en dépit de la bonne volonté du Premier Ministre qui veut une position « ferme mais pas fermée »). Cela veut bien dire : la manifestation est plus importante que la négociation.

Voilà qui nous conduit à la troisième lecture, celle que je vous propose. C’est la lecture idéologique, c’est la volonté de croiser le fer avec le gouvernement en place. Pour des raisons contingentes sans doute, nées de la déroute de la gauche en 2002, mais surtout pour des raisons profondes. Il s’agit d’abord de rappeler que la rue a du pouvoir, que quelques leaders syndicalistes qui ne représentent pas le peuple et n’ont aucune légitimité démocratique, proche ou lointaine, peuvent bloquer le pays, prendre la population en otage et terroriser le gouvernement – quel qu’il soit.

C’est en s’emparant de quelques points stratégiques de St Petersbourg que les bolcheviques ont amorcé la Révolution d’Octobre : la technique du coup d’Etat avait été scientifiquement pensée.

Il s’agit encore de rejeter tout ce qui, de loin ou de près, ressemblerait à une avancée vers la liberté. Tenter de rompre le mammouth en déplaçant certains centres de décision de Paris vers les régions est une menace pour le monopole syndical. Imaginer que les enseignants aient des obligations de service public et doivent enseigner les enfants au lieu de les endoctriner ou de leur faire perdre leur temps, c’est aller à l’inverse du plan communiste Langevin Wallon qui depuis cinquante ans s’emploie à détruire l’instruction publique et nivelle par le bas pour rendre les masses plus malléables, mieux préparer au collectivisme. Songer que l’on recoure à la capitalisation, même très marginalement, pour limiter l’explosion des retraites, c’est entrer dans le temps de la Bourse, de la finance diabolique et oppressive.

Il s’agit enfin, et non le moindre, de projeter les Français dans un rêve collectif qui les affranchisse de l’impérialisme américain, de la mondialisation. C’est la grande revanche du marxisme-léninisme sur l’Occident marchand, c’est le grand espoir de l’Internationale reconstituée, de la solidarité avec les dictateurs et les terroristes au nom des droits de l’homme et de la libération des pauvres.

Foutu Raffarin ? Je ne le crois pas, parce que « les faits sont têtus », les lois de l’économie inévitables, la soif de liberté et de dignité des êtres humains inextinguible. Ce folklore est celui d’un autre siècle, d’un autre monde. Comme ailleurs la transition devra bien se faire. Les braillards se tairont, les petits chefs se discréditeront, et un peuple entier retrouvera le chemin du travail, du mérite et de l’harmonie. Dans un an, dans quatre ans ? Peu importe : comme disaient les Polonais « la vérité vaincra ». A Paris demain comme à Gdansk ou Varsovie hier. 

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

Editorial : Victoire des Black Blocks
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Cinquante ans plus tard - Service national : pour quelle nation ? - Peut-on faire confiance aux iraniens ? 
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Bertrand Lemennicier, La nation, fétiche politique introuvable


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