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Socialiste et  macro-économiste

Issu de Cambridge et élève d’Alfred Marshall, John Meynard Keynes emprunte aux marginalistes les concepts d’équilibre général et de courte période. Mais il appartient aussi à la Société Fabienne, qui regroupe les socialistes réformateurs anglais. A ce titre, il ne croit pas aux vertus habituellement prêtées à l’économie de marché par ses prédécesseurs néo-classiques.

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REFORMES : GRADUALISME OU THERAPIE DE CHOC ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 05 Mai 2003 01:00
 Retraites

« Mon pauvre chien, je dois te couper la queue, mais pour que tu souffres moins, je t’en couperai un petit bout chaque jour ». Frédéric Bastiat prêtait ces paroles pleines de faux bon sens au paysan Bourguignon. Comme à son habitude, ce génial économiste français du XIX° siècle avait posé en termes simples le débat entre gradualisme et thérapie de choc.

Ce débat s’est ouvert chaque fois que des gouvernements se sont trouvés confrontés à la nécessité de pratiquer des réformes profondes dans leur pays. Après la chute du mur de Berlin, quelques pays ont choisi la thérapie de choc, avec un succès spectaculaire, comme « le miracle tchèque » réussi par Vaclav Klaus. D’autres, comme la Roumanie, la Russie et la plupart des pays de la CEI,  ont voulu ménager une transition très progressive ; ils vivent encore dans l’anarchie économique, l’injustice sociale et l’arbitraire politique. 

Aujourd’hui, en France, il est fortement question de couper la queue du chien, et à cet égard la réforme des retraites est un exemple significatif. Les gouvernements qui se sont succédés jusqu’en 2002 n’ont pas voulu trancher dans le vif. Ils savaient qu’il fallait réformer (le rapport Charpin commandé par Michel Rocard dès 1994 ne laissait aucun doute), mais ils ne s’y résolvaient pas. Le gouvernement Jospin, « éclairé » par des experts ad hoc, avait même espéré que le problème se règle de lui-même (rapport Teulade). Le mérite de Jean Pierre Raffarin aura au moins été de se rendre à l’évidence : il faut couper, on va couper.

Malheureusement, le premier mouvement de notre premier ministre a été de choisir la méthode du paysan Bourguignon. Son tempérament, il est vrai, le porte plus vers la médecine douce que vers la chirurgie. Mais, avant tout, il demeure persuadé que les réformes se feront mieux par touches successives, en pratiquant une pédagogie de la réforme, et en recherchant un consensus le plus large possible. 

Il a raison sur le premier point : la pédagogie de la réforme est nécessaire. Il est certain qu’aujourd’hui les Français sont prêts à admettre qu’il faut faire quelque chose pour éviter une catastrophe qu’ils commencent à pressentir, alors même qu’il y a moins d’un an la classe politique française était quasi-unanime pour proclamer que la « France a un système de Sécurité Sociale que le monde entier nous envie » ; tout le monde ne demandait qu’à le croire, malgré les avertissements de quelques prophètes qui prêchaient dans le désert. Dire aujourd’hui aux Français que l’on doit faire quelque chose pour sauver les retraites, amputées dès maintenant et plus lourdement encore dans quelques mois est la moindre des choses. De même les Français attendent-ils des explications sur l’assurance maladie, car ils sont sensibles aux déremboursements, aux tickets modérateurs, aux attentes dans les hôpitaux, à la révolte des spécialistes, au manque de chirurgiens et d’anesthésistes et d’infirmières. Que le gouvernement fasse un effort pour dire la vérité à la population est une bonne chose. L’air de la réforme est dans toutes les têtes, et c’est un progrès non négligeable par rapport à la politique de l’autruche pratiquée jusqu’à présent. 

Le Premier Ministre est moins inspiré quand il cherche un impossible consensus sur les réformes à réaliser. Il dit vouloir tenir compte de la « France d’en bas », et ne pas dicter « d’en haut » les mesures à prendre. En cela il innove avec bonheur : notre pays a subi depuis un demi-siècle « l’arrogance » des énarques et des experts pensionnés de l’Etat. Mais il ne faut pas se tromper de France : les syndicats, en particulier, font depuis un demi-siècle partie intégrante de la « France d’en haut. Leur « arrogance » et leur mépris de la base valent bien ceux des politiciens et des bureaucrates. Ce n’est pas parce qu’on est en mesure de mobiliser quelques dizaines de milliers de manifestants patentés que l’on peut prétendre parler au nom du peuple, au nom des retraités et des travailleurs. Si la classe politique s’est discréditée, le discrédit englobe aussi les leaders syndicaux, et les représentants des grands groupes de pression qui se sont mis hors-la-loi depuis longtemps. Il n’y a pas de consensus à attendre de ce côté-là, ou il serait miraculeux et anti-rationnel, car ces gens incarnent la France du refus, la France du repli, celle qui se délecte dans l’exception culturelle, les services publics à la française, le corporatisme et le conservatisme, voire le souverainisme primaire. Trop de gens ont intérêt à ce que rien ne change, parce qu’ils ont mis des années, des générations, pour obtenir et grossir des privilèges qui constituent autant de défis à la concurrence, au mérite, au travail, à l’esprit d’entreprise et d’épargne, à la justice sociale. Cette France-là, est-ce la France « d’en bas » ?

Ainsi la lenteur voulue qui préside aux réformes actuelles est-elle le résultat d’un mauvais calcul, d’une mauvaise analyse des intérêts en présence. Et elle risque de ruiner les effets de la pédagogie des réformes. Car les Français comprennent bien qu’il va falloir souffrir pour redresser la situation, mais ils voudraient bien que l’on adopte des solutions définitives, qu’on en finisse un bon coup, quitte à frapper fort. Si dans les mois à venir les Français n’entendent que les mots de la réforme, sans que des mesures profondes n’interviennent, ils auront eu la douleur sans le résultat, et le gouvernement aura eu l’impopularité sans l’efficacité.

 

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Au sommaire du n°1318 du 18 avril 2017


Editorial : 23 avril : fête de la Miséricorde

Conjoncture : Diminuer les charges sociales

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