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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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LA JEUNE EUROPE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Mars 2003 01:00
 Poutine

« Vaclav KLAUS, l’eurosceptique, élu président ». Ce titre du Figaro Samedi dernier a été à ma connaissance le seul écho notable d’un événement important, surtout dans la conjoncture internationale actuelle. En dehors du Figaro, nos autres grands de la presse écrite et de la télévision étaient sans doute trop occupés à vanter les mérites de Jacques CHIRAC, le « premier Président français à se rendre en visite officielle en Algérie » – surprenant quand on sait que GISCARD d’abord, MITTERRAND ensuite, s’étaient rendus à Alger : incognito ?

Quel rapport entre les deux évènements, l’un passé inaperçu et l’autre trop aperçu ?

J’y vois le symbole de deux Europe : la vieille, celle qu’interpellait naguère Donald RUMSFELD, et la jeune, celle qui montre réellement la voie d’une renaissance européenne, en effet sceptique à l’égard de l’Union Européenne, non sans raison.

La vieille se manifeste aujourd’hui avec l’alliance France-Allemagne-Russie, fermement opposée aux Etats Unis. Ira-t-on jusqu’au veto ? Cette alliance nous ramène quelques années en arrière, quand la France gaullienne privilégiait ses relations avec l’URSS, quand Willy Brandt conduisait l’Ostpolitik.

Comme jadis, la diplomatie française poursuit la chimère d’organiser et de diriger un bloc des « non-alignés ». Le discours d’Oran fait écho à celui de Phnom Pen. Depuis la chute du mur de Berlin, il y a une place à prendre : le leadership de l’anti-américanisme. Pour cela on ne regarde pas au détail : on flatte dans le sens du poil le tiers-mondisme, aujourd’hui rebaptisé « développement durable », on transforme les dictateurs africains en interlocuteurs valables, on ferme les yeux sur les atteintes aux droits de l’homme et sur le terrorisme.

L’émergence de la Russie sur la scène mondiale est plus inattendue. Ce pays est en pleine décomposition sociale et économique, il est toujours entre les mains de la nomenklatura reconvertie en mafia, il rêve de reconstituer l’empire récemment éclaté et écrase les peuples rebelles. Cinquante ans après sa mort, Staline est toujours vivant : Poutine y veille.

Quant à l’Allemagne, elle est malade de l’héritage communiste. Elle est gouvernée avec les nostalgiques de la RDA, les Rouges purs présents dans la vie publique, et les Rouges repeints en Verts, qui permettent à SCHROEDER de garder un pouvoir conquis de justesse par une propagande pro-irakienne et anti-israélienne.

On me dira que je suis un nostalgique de la guerre froide, et que le dragon communiste est définitivement terrassé. Mais j’observe que l’argumentaire n’a pas changé : contre le capitalisme, contre le marché destructeur de la nature et de la morale, pour la libération des peuples opprimés par l’impérialisme. Fort heureusement, les moyens à la disposition des ennemis de la liberté sont aujourd’hui dérisoires. Le Saint Michel qui a terrassé le dragon a eu pour nom Ronald REAGAN : une raison de plus pour être anti-américain. La France et l’Allemagne traînent leur chômage et leurs déficits, le goût et le respect du travail, de l’entreprise et de l’épargne se sont perdus, tandis que la Russie ne survit que par l’exportation de son pétrole et de ses ressources naturelles – comme un vulgaire pays du Tiers Monde. Oui, cette Europe-là est vieille, et pour masquer sa vétusté et son impuissance elle se projette dans une Union qui n’a d’autre intérêt que de recaser les politiciens retoqués par leurs électeurs, de réhabiliter un instant une classe politique discréditée.

Dans ces conditions, on comprend l’« Euroscepticisme » de Vaclav KLAUS. Cet économiste libéral, membre de la Société du Mont Pèlerin, disciple de HAYEK, a été le père du « miracle tchèque ». Pratiquant la « thérapie de choc » alors que d’autres préféraient le « gradualisme » ce Ministre de l’économie, devenu Premier Ministre en 1992, a stoppé l’inflation, privatisé massivement, réussi la séparation des Républiques Tchèque et Slovaque, sans heurt majeur, sans « règlement de comptes » avec l’ancien régime, mais aussi sans concession aux hiérarques du Parti. En moins de dix ans, les Tchèques ont retrouvé le niveau de vie qu’ils avaient ...en 1938, et aujourd’hui ils se trouvent dans le peloton des pays riches européens. Prenant sa revanche sur les sociaux-démocrates qui l’avaient éliminé en 1998, Vaclav KLAUS succède ainsi à Vaclav HAVEL.

Sa conception de l’Europe ? Un espace de libre circulation, de libre échange, coordonné par le marché et les entreprises privées. Une Europe pour les Européens, pas pour les politiciens ni les eurocrates. Une Europe ouverte sur tous les continents, et non pas une forteresse à l’abri de la mondialisation. Une Europe avec des structures légères, sans fiscalité, avec un simple appareil juridique propre à instaurer et faire respecter l’état de droit. Il a d’ailleurs eu l’occasion de développer sa vision européenne au cours de sa conférence inaugurale de notre vingt-cinquième Université d’Eté de la Nouvelle Economie à Aix, l’été dernier. Avec les Hongrois, les Polonais, les Slovènes, les Baltes et bientôt les Bulgares, les Tchèques rejoignent Italiens, Espagnols, Autrichiens, Hollandais, Irlandais, Luxembourgeois et bien sûr les Anglais dans ce modèle qualifié d’« Anglo-saxon » qui n’est en fait que le modèle « néo-libéral » tant honni par la pensée unique française. Pour une raison et une seule : ce « modèle » a réussi, tandis que les utopies socialistes ont échoué, tout comme s’est effondré le mythe de la « troisième voie » dont Vaclav KLAUS a dit « la troisième voie est une impasse » (Third way is no way). La vieille Europe est dans l’impasse. Vaclav KLAUS et l’autre Europe, la nouvelle, ont choisi la route de la liberté.

 

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