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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Ce livret destiné à des militants libéraux avait deux objectifs : d’une part, rappeler le contenu du contrat que des candidats libéraux devraient passer avec les électeurs, d’autre part, imaginer deux scénarios de l’alternance : la gauche reconduite en 2002 et en 2007, mais devenue libérale, ou la droite au pouvoir en 2002 et pour longtemps. En fait, la droite a gagné en 2002, mais le scénario « Thatcher » n’a jamais fonctionné, et la gauche reprend le pouvoir en 2012 !

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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L'APPEL DES 63 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Février 2003 01:00
 "Pièce montée électorale" l www.libres.org

La formule de François BAYROU est bien trouvée : au premier tour des élections présidentielles 63% des électeurs français, n'ayant voté ni pour CHIRAC ni pour LE PEN, n'auront plus été représentés au second tour. Deux tiers des Français auront donc émis un vote négatif, un vote de résignation.

Si l'on tient compte des abstentionnistes des premier et deuxième tours, quatre citoyens français sur cinq ont élu un Président de la République qui n'était pas de leur goût. 

Je peux admettre que c'est la rançon de la démocratie majoritaire : les minorités sont exclues par le jeu des chiffres, même quand la somme des minorités est majoritaire. Si cela satisfait la légalité, voire la légitimité, cela enlève cependant beaucoup à la crédibilité des élus. La démocratie "représentative" ne représente désormais plus personne. 

Mais les magiciens de la démocratie française n'en restent pas à cette seule alchimie. Ils sont passés maîtres dans l'art de concocter des lois électorales, de découper les circonscriptions et de maîtriser le calendrier. Aujourd'hui un nouvel épisode de ces manipulations est offert avec la révision des modalités pour les élections régionales et européennes.  

On comprend la réaction de François BAYROU et, une fois n'est pas coutume, on comprend aussi la colère des Verts, des Rouges, même s'ils revendiquent la liberté politique pour la mieux défier dans leurs comportements quotidiens. Pourquoi donc ne pas admettre aussi le Front National dans cette légitime protestation ? Les électeurs de l'extrême droite seraient-ils moins Français ou moins citoyens que ceux de l'autre extrême ? Je ne le crois pas, et Alain JUPPE se délecte en persuadant la gauche que son dispositif a pour seul but d'éliminer les candidats de LE PEN. Exit LE PEN. On veut bien de la démocratie mais limitée aux vrais démocrates. On veut bien du suffrage universel à condition que les électeurs votent bien : un principe légèrement totalitaire. Pas de droits ni de tolérance pour les ennemis du peuple.  

Sous cette réserve importante, je ne saurais admettre l'inqualifiable initiative de l'UMP. Nul ne s'est mépris sur sa finalité : imposer un bipolarisme de façade à la vie publique française. On sait pertinemment que seuls le PS et l'UMP arriveront à passer la barre des 10 % d'inscrits, et que beaucoup de petites formations n'atteignant pas 5 % n'auront plus voix au chapitre dans la plupart des cas. Quant aux autres, entre 5 et 10, elles iront à Canossa, et prendront les strapontins que l'on voudra bien leur abandonner. 

Cette initiative est d'autant plus mal venue qu'il s'agit d'élections à dimension plus locale que nationale, même pour les européennes qui revêtent un visage différent suivant les régions. Les votes de 2004 auraient pu être l'occasion d'un renouvellement du personnel politique, et d'un débat plus ouvert sur les questions locales. Au lieu de cela, on renationalise la consultation, on la jacobinise. Curieuse initiative pour un Girondin.  

A vrai dire, ceux-là mêmes qui crient au scandale aujourd'hui se sont pendant des années accommodés du système des états-majors partisans, désignant depuis Paris les candidats présentés dans les moindres recoins de l'Hexagone, parachutant en province les hauts dignitaires de la capitale, choisissant des inconditionnels de qualité médiocre plutôt que de fortes personnalités ou des notables locaux, dosant les investitures en fonction des "sensibilités" c'est à dire des clientèles. Ils se sont également accommodés de la loi Balladur qui, au prétexte de moraliser la vie politique et de lutter contre la corruption, a instauré le financement public des partis ayant déjà une représentation électorale, et interdit le financement de nouvelles formations par des ressources privées. Ceux qui défendent avec tant d'ardeur aujourd'hui la démocratie représentative ont mangé au râtelier, peu ou prou, et leur grande peur aujourd'hui n'est pas tellement dans l'atteinte à la libre expression des votes que dans la perte des rentes et privilèges dont ils bénéficient. Naguère ils n'étaient pas des partisans enthousiastes du renouvellement de la pensée et du personnel politiques.  

La démocratie française n'est pas représentative, mais corporative, elle n'est pas ouverte, mais verrouillée. Dans ces conditions comment s'étonner que de nombreuses personnes de qualité n'aient eu aucun attrait pour l'engagement politique, ou en aient été rapidement dissuadées ? La société civile est exclue de la vie publique : la société politique y veille !

Le monde politique français est devenu un système clos, une arène pour initiés, un métier pour grands professionnels hautement qualifiés en intrigues, compromissions et trahisons.

On va en avoir une preuve à l'occasion du vote de cette loi liberticide. Parmi ceux qui se réclament de la démocratie et du libéralisme, combien élèveront la voix, combien vont se désolidariser d'une telle vilainie ? Combien vont sauver l'honneur des parlementaires ? Je parie qu'il n'y en aura pas soixante trois pour cent.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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