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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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L'APPEL DES 63 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 17 Février 2003 01:00
 "Pièce montée électorale" l www.libres.org

La formule de François BAYROU est bien trouvée : au premier tour des élections présidentielles 63% des électeurs français, n'ayant voté ni pour CHIRAC ni pour LE PEN, n'auront plus été représentés au second tour. Deux tiers des Français auront donc émis un vote négatif, un vote de résignation.

Si l'on tient compte des abstentionnistes des premier et deuxième tours, quatre citoyens français sur cinq ont élu un Président de la République qui n'était pas de leur goût. 

Je peux admettre que c'est la rançon de la démocratie majoritaire : les minorités sont exclues par le jeu des chiffres, même quand la somme des minorités est majoritaire. Si cela satisfait la légalité, voire la légitimité, cela enlève cependant beaucoup à la crédibilité des élus. La démocratie "représentative" ne représente désormais plus personne. 

Mais les magiciens de la démocratie française n'en restent pas à cette seule alchimie. Ils sont passés maîtres dans l'art de concocter des lois électorales, de découper les circonscriptions et de maîtriser le calendrier. Aujourd'hui un nouvel épisode de ces manipulations est offert avec la révision des modalités pour les élections régionales et européennes.  

On comprend la réaction de François BAYROU et, une fois n'est pas coutume, on comprend aussi la colère des Verts, des Rouges, même s'ils revendiquent la liberté politique pour la mieux défier dans leurs comportements quotidiens. Pourquoi donc ne pas admettre aussi le Front National dans cette légitime protestation ? Les électeurs de l'extrême droite seraient-ils moins Français ou moins citoyens que ceux de l'autre extrême ? Je ne le crois pas, et Alain JUPPE se délecte en persuadant la gauche que son dispositif a pour seul but d'éliminer les candidats de LE PEN. Exit LE PEN. On veut bien de la démocratie mais limitée aux vrais démocrates. On veut bien du suffrage universel à condition que les électeurs votent bien : un principe légèrement totalitaire. Pas de droits ni de tolérance pour les ennemis du peuple.  

Sous cette réserve importante, je ne saurais admettre l'inqualifiable initiative de l'UMP. Nul ne s'est mépris sur sa finalité : imposer un bipolarisme de façade à la vie publique française. On sait pertinemment que seuls le PS et l'UMP arriveront à passer la barre des 10 % d'inscrits, et que beaucoup de petites formations n'atteignant pas 5 % n'auront plus voix au chapitre dans la plupart des cas. Quant aux autres, entre 5 et 10, elles iront à Canossa, et prendront les strapontins que l'on voudra bien leur abandonner. 

Cette initiative est d'autant plus mal venue qu'il s'agit d'élections à dimension plus locale que nationale, même pour les européennes qui revêtent un visage différent suivant les régions. Les votes de 2004 auraient pu être l'occasion d'un renouvellement du personnel politique, et d'un débat plus ouvert sur les questions locales. Au lieu de cela, on renationalise la consultation, on la jacobinise. Curieuse initiative pour un Girondin.  

A vrai dire, ceux-là mêmes qui crient au scandale aujourd'hui se sont pendant des années accommodés du système des états-majors partisans, désignant depuis Paris les candidats présentés dans les moindres recoins de l'Hexagone, parachutant en province les hauts dignitaires de la capitale, choisissant des inconditionnels de qualité médiocre plutôt que de fortes personnalités ou des notables locaux, dosant les investitures en fonction des "sensibilités" c'est à dire des clientèles. Ils se sont également accommodés de la loi Balladur qui, au prétexte de moraliser la vie politique et de lutter contre la corruption, a instauré le financement public des partis ayant déjà une représentation électorale, et interdit le financement de nouvelles formations par des ressources privées. Ceux qui défendent avec tant d'ardeur aujourd'hui la démocratie représentative ont mangé au râtelier, peu ou prou, et leur grande peur aujourd'hui n'est pas tellement dans l'atteinte à la libre expression des votes que dans la perte des rentes et privilèges dont ils bénéficient. Naguère ils n'étaient pas des partisans enthousiastes du renouvellement de la pensée et du personnel politiques.  

La démocratie française n'est pas représentative, mais corporative, elle n'est pas ouverte, mais verrouillée. Dans ces conditions comment s'étonner que de nombreuses personnes de qualité n'aient eu aucun attrait pour l'engagement politique, ou en aient été rapidement dissuadées ? La société civile est exclue de la vie publique : la société politique y veille !

Le monde politique français est devenu un système clos, une arène pour initiés, un métier pour grands professionnels hautement qualifiés en intrigues, compromissions et trahisons.

On va en avoir une preuve à l'occasion du vote de cette loi liberticide. Parmi ceux qui se réclament de la démocratie et du libéralisme, combien élèveront la voix, combien vont se désolidariser d'une telle vilainie ? Combien vont sauver l'honneur des parlementaires ? Je parie qu'il n'y en aura pas soixante trois pour cent.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

Editorial : L'école de la République
Actualité
:
Une grève tout à fait logique - L’avenir est-il à la confédération ?  - La discussion du budget 2018 est en marche
Connaissance du libéralisme :
Liberté et droit, la synthèse
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