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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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LA JUSTE GUERRE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 10 Février 2003 01:00
 Jeu de "Colin Saddam" l www.libres.org

La guerre que les Etats Unis et plusieurs nations civilisées sont en train de déclancher est-elle une "juste guerre" ? On peut évidemment soutenir que toute guerre est haïssable, mais cela ne signifie pas pour autant que toute guerre soit injuste : en dépit des pertes en vies humaines, en richesses diverses, en dépit des haines qu'elles alimentent certaines guerres peuvent être justes. 

Telle a été du moins la doctrine de l'Eglise depuis Saint Augustin et Saint Thomas d'Aquin, les deux grands théoriciens de la "juste guerre". Et il reste quelque chose de cette doctrine aujourd'hui, même si les formes de la guerre ont fortement évolué au XX° siècle.

L'Eglise se résignant à la réalité des guerres, véritables négations de la loi d'amour du Christ, a cherché à en limiter le nombre et les barbaries. A une époque où elle jouissait d'une autorité morale sur l'ensemble du monde connu, elle a dénoncé ceux qui songeraient à mener des guerres "injustes" (Saint Thomas, en vertu du principe de négativité, définit ce qui est contraire au bien plutôt qu'il n'impose une conception du bien).

L'injustice d'une guerre s'entend de la façon dont elle est déclanchée, et de la façon dont elle est conduite : ad bellum et in bello . Ad bellum, ce qui ne peut jamais légitimer une guerre, c'est une volonté d'étendre son territoire, et/ou de renforcer la puissance politique d'un souverain. Au fond, la guerre se ramène à un réflexe de légitime défense contre un envahisseur ou un conquérant. In bello, ceux qui font la guerre doivent d'abord ne s'en prendre qu'aux combattants, aux agresseurs, et non à la population civile (ce que nous appelons aujourd'hui les "dommages collatéraux" est à condamner). Ils doivent encore respecter une proportionnalité entre les moyens et la violence de la riposte d'une part, et l'intensité de l' agression et des dommages d'autre part. Enfin, ils engagent leur responsabilité pour tous les actes commis contre des civils, ou en dehors de ce qui est légitimité par cette proportionnalité. 

Ce corps de doctrine s'est progressivement enrichi au long des siècles, débouchant sur ce que nous appelons le droit international public; mais si le fonds n'a guère évolué, les difficultés rencontrées dès le début sont toujours là, principalement celle-ci : qui peut dire si une guerre est injuste ?

Le jugement de l'Eglise ne serait plus reconnu aujourd'hui. Faut-il recourir à une autorité supérieure aux Etats, ou à un juge indépendant des Etats ? Les hommes politiques ont une préférence pour la première formule : ils acceptent (en principe) de se plier aux sentences d'une autorité supranationale, la SDN, ou l'ONU depuis 1946. L'avantage, pour eux, est de se retrouver en milieu familier : celui de la diplomatie, celui des négociations entre grandes puissances. Mais les Etats sont alors juges et parties. C'est le scénario auquel nous assistons à l'heure actuelle, et la France s'y tient. Les juristes feraient plutôt confiance à un juge ou une juridiction dont l'indépendance à l'égard des Etats serait suffisante. En dépit de son nom le Tribunal Pénal International ne répond pas à cette exigence car le mode de désignation des magistrats obéit, là encore, à des considérations diplomatiques.  

La question de la légitimité d'une guerre demeure donc en suspens, et chacun d'entre nous est laissé à son jugement personnel pour savoir si en son âme et conscience la guerre lui paraît juste ou non. Mais ce jugement n'a aucune valeur réelle, puisque l'objection de conscience est insuffisante à amener un gouvernement à renoncer à une guerre injuste ou à déclancher une juste guerre.

La difficulté vient encore de ce que les guerres prennent aujourd'hui des formes nouvelles. Elles sont de moins en moins territoriales, et de plus en plus idéologiques et mondiales. Elles ne se déroulent plus sur un "théâtre des opérations", et leur déroulement ne se ramène pas en avancée ou recul sur un front. Les ennemis ne sont pas localisés, ils se diffusent partout dans le monde, et parfois au coeur même du camp adverse. Dans ces conditions, la légitimité d'une guerre naît nécessairement de la référence éthique qui l'inspire. C'est en termes de bien et de mal que l'on doit l'apprécier. George W. BUSH a choqué beaucoup de personnes en évoquant la lutte du bien contre le mal, mais peu d'Occidentaux ont critiqué Ronald REAGAN pour avoir mené et terminé la lutte contre le mal communiste.

L'erreur consiste à parler de guerre contre l'Irak, alors qu'il s'agit d'une guerre contre le terrorisme, et d'une légitime défense de la civilisation universelle contre des forces barbares qui, accessoirement, trouvent en Irak soutien et encouragement. Et si la diplomatie française manque terriblement de pugnacité dans cette affaire, c'est peut-être parce que nos dirigeants craignent que la guerre s'installe chez nous, avec tous les ennemis de l'intérieur désireux de détruire nos valeurs morales et spirituelles, nos modes de vie et notre tradition de respect des droits individuels. Faute de pouvoir les convertir ou les contenir, on feint de ne pas voir qu'ils sont en guerre contre nous.

C'est peut-être à la lumière de ces réflexions que l'on pourrait abandonner le pacifisme en forme de reniement, comme à Munich devant la peste brune, et soutenir ceux qui se préparent à livrer une guerre qui ne semble pas injuste ad bellum, et dont on peut espérer qu'elle ne sera pas injuste in bello. 

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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