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LA PAROLE DE LA FRANCE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 03 Février 2003 01:00
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Ce qui se passe en Côte d’Ivoire donne la mesure de la valeur de notre diplomatie. C’est déjà peu rassurant. Mais lorsque Dominique de VILLEPIN annonce que l’on va évacuer les ressortissants français l’affaire devient dramatique, car cela signifie que la France est dans l’incapacité de protéger ses nationaux autrement qu’en leur demandant de fuir, d’abandonner leurs biens et de renoncer à tout ce qu’ils ont entrepris et réalisé.

Nous voilà ainsi ramenés à un très mauvais souvenir, même si c’est à moindre échelle : celui de l’Algérie en 1962. Aujourd’hui comme il y a quarante ans, malheur à ceux qui ont cru en la parole de la France !

Il est frappant de constater que les erreurs se répètent de façon dramatique. Je les résume en cinq points : des engagements non respectés, le mépris du peuple et de la démocratie, la farce des « interlocuteurs valables », la hantise de la paix, la négation des droits individuels.

La France avait pris l’engagement de mettre sa puissance militaire au service de la protection des peuples africains. Les garanties qu’elle avait données devaient conduire à un engagement des troupes françaises sur le terrain. Cet engagement a bien eu lieu en Algérie, et le succès de notre armée y a été total, jusqu’à ce que nos militaires aient été priés de déposer les armes devant un ennemi qu’ils avaient vaincu. En Côte d’Ivoire les forces d’intervention ont eu l’ordre… de ne pas intervenir. Il est difficile de se faire respecter dans ces conditions.

Mais la France pouvait-elle s’ingérer dans les affaires intérieures, et paraître soutenir le gouvernement plutôt que ses opposants ? En Algérie la question ne se posait même pas. En Côte d’Ivoire, le gouvernement était celui que s’était donné le peuple après des élections libres dont le précédent dictateur, le général Guei, n’avait pas voulu. Que le gouvernement ait été celui d’un socialiste, et de Laurent GBAGBO plutôt que d’un autre, peu importe : il était issu d’un processus démocratique. La nomination de mon disciple et ami Mamadou KOULIBALY, leader du parti libéral ivoirien, à la tête du Parlement ivoirien, était un signe du respect de l’opposition par le gouvernement en place. Mais voilà que quelques mois plus tard, la légitimité de ces dirigeants ne pèse plus très lourd. A Abidjan comme à Alger, on préfère la voix des armes à celle des urnes. Peu importe ce que pense une grande partie de la population : la France se substitue au peuple pour savoir ce qui est bon pour lui.

Ce qui est bon, c’est sans doute d’ouvrir le pays aux exactions et au terrorisme, rural et urbain. C’est de traiter avec des « interlocuteurs valables ». Mamadou KOULIBALY a eu le courage de dire la vérité sur les « rebelles » : financés et armés par de puissants intérêts économiques étrangers. Ils ne représentent rien qu’une mafia, celle qui veut bloquer la réforme de la filière cacao pour empocher des plus-values sur les stocks de cacao. 50 millions de dollars sont passés du groupe Amajaro (anglais), du fonds de pension AIG (américain), et des banquiers français du cacao (Sifca, AMB-BIAO) aux partis d’opposition et aux mutins. Mais cela n’empêche pas qu’on traite ces « rebelles » avec tous les égards, et que finalement on leur laisse la part du lion dans le gouvernement virtuel. Les accords de Marcoussis sont une réplique des accords d’Evian : autour d’une table, des gens qui ne représentent que la force et la corruption se voient confier le destin d’un pays avec la bénédiction de la France. Inutile de consulter le peuple qu’il concerne : la caution de Paris ne suffit-elle pas ?

Evidemment la recherche de la paix est l’alibi suprême. Donner le pouvoir aux agresseurs pour en finir avec eux. Laisser de côté la légitimité, le droit, pour s’incliner devant la violence. La paix des braves devient à l’usage la paix des lâches, la paix des assassins. La diplomatie française se vautre dans le pacifisme le plus éhonté, ici comme ailleurs. Les anti-impérialistes, les anti-colonialistes, les anti-américains de se réjouir.

Les vraies victimes de cette affaire sont les individus qui ont naïvement cru que la France était en état de reconnaître et de faire respecter l’état de droit. Les Français et leurs amis sont menacés dans leurs biens, dans leurs droits, voire dans leur vie. On sait ce que l’abandon de l’Algérie a coûté en morts français, européens ou maghrébins. Puissions-nous éviter le pire en Côte d’Ivoire !

Jusqu’à présent j’ai parlé de « la France » : s’agit-il d’une personne mythique ? En fait, les responsables sont des hommes de l’Etat, usant de leur pouvoir non pas pour faire respecter les droits individuels, mais pour organiser à leur idée à la fois le futur des peuples et la vie quotidienne des individus – ce pour quoi ils sont incompétents et nocifs. Ils sont seulement soucieux de leur importance, et juste capables de plastronner, de lancer des défis ridicules. Ce n’est pas la parole de la France qui est en cause, c’est celle des princes qui nous gouvernent. Le despotisme éclairé, voire la monarchie absolue, se drape volontiers dans le manteau de la République. Il serait temps de voir que le roi est nu, et d’intensifier le combat pour la liberté et le droit.

 

Flashes du jour

Macron guérit des écrouelles

Emmanuel Macron en visite à la Faculté de Droit de Lille

 

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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