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Le chômage est un scandale doublement public. D’une part, il n’a pour origines que des initiatives publiques : politiques budgétaires, monétaires, droit social. D’autre part, il est scandaleux d’avoir tant de chômeurs alors que la science économique donne une réponse claire au défi du chômage . « On a tout essayé contre le chô-mage » disent les gouvernants. Tout, sauf ce qui marche… En 1996 déjà un colloque tenu à Paris par des économistes de renom mondial rappelait cette évidence.

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L’omniscience de Karl Marx

Le succès de Karl Marx tient sans doute au fait qu’il donne une réponse complète (fût-elle fallacieuse) à tous les mystères de la vie des hommes en société. Il parcourt – superficiellement - toute la connaissance scientifique de son époque.

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LA LIBYE DES DROITS DE L’HOMME PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 27 Janvier 2003 01:00
 

Je voudrais rassurer ceux d’entre vous qui auraient été éventuellement choqués par le vote qui a porté la Libye à la présidence de la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU.

Je voudrais d’abord les persuader que si la France a concouru à ce choix, ce n’est pas pour les raisons que l’on croit. Car certains esprits chagrins se sont imaginés que toute notre diplomatie se résume à l’opposition systématique à ce qu’entreprend le gouvernement des Etats Unis. Ne vont-ils pas jusqu’à prétendre que la grande rencontre franco-allemande du 22 Janvier aurait été principalement conçue pour sceller la commune hostilité de Berlin et Paris à la politique de George W. BUSH ? Il est vrai que l’histoire de la construction européenne et de l’amitié entre les deux peuples pourrait accréditer cette thèse : c’est bien en 1951 (avec la création de la CECA, Communauté européenne charbon acier) et en 1957 (avec le traité de Rome instituant la Communauté Economique Européenne) que Robert SCHUMAN et Conrad ADENAUER ont voulu éradiquer la haine entre leurs deux peuples, tandis que de GAULLE s’opposait à l’époque au projet européen, de sorte que le « pacte de l’Elysée » habilement ressuscité et exploité à l’occasion de son quarantième anniversaire signifiait simplement la volonté de Berlin et Paris de dominer l’Europe en train de s’élargir. Une volonté renouvelée cette semaine, dans des circonstances assez comparables, mais qui peut prêter à confusion puisque certains y ont vu un défi aux Américains. D’autres commentateurs, encore plus mal intentionnés, vont jusqu’à prétendre que la France aurait des sympathies pour les Etats voyous, et voudrait à nouveau (comme jadis avec le discours de Pnom Penh) prendre la tête d’un « bloc des non-alignés », et se montrerait peu regardante sur ses partenaires dans ce grand jeu diplomatique. Fuyez toutes ces allégations fallacieuses, et rassurez-vous : tout cela n’est que fable, et le fond du problème n’est pas là.

Le fond du problème c’est que ce que vous continuez à appeler « droits de l’homme », ce n’est plus ce que vous croyez. Vous vous trompez de droits de l’homme. Vous avez en tête la Déclaration de 1789, elle-même inspirée de la Déclaration américaine de 1787, et du Bill of Rights anglais de 1648. Cette « première génération » des Droits de l’Homme est dépassée, puisque nous en sommes maintenant à la troisième génération : vous retardez. Voilà pourquoi vous vous étonnez de trouver le brave Colonel Kadhafi là où vous ne l’attendiez pas.

La première génération des droits de l’homme était née de la philosophie du droit des gens introduite au XVII° siècle par Grotius et Pufendorf. Elle voulait affirmer que la personne humaine a des droits qui sont attachés à sa nature, et qui devaient être respectés partout dans le monde, quel que soit le prince qui gouverne. Elle était un contre-poids à la doctrine de la souveraineté (Jean Bodin, Richelieu) qui avait tendance à justifier un pouvoir sans limite. En aucun cas un individu ne pouvait être privé de sa vie, de sa liberté et de sa propriété : trois éléments qui font la dignité de la personne humaine, comme le démontrait Locke. Les Droits de l’Homme s’affirmaient ainsi comme une défense des individus contre l’absolutisme de l’Etat.

Il faut attendre 1948 pour voir apparaître la deuxième génération. Elle correspond à la naissance de l’Etat-Providence. La Déclaration des Droits de l’Homme révisée par l’ONU énumère un certain nombre de droits que la société doit garantir à l’individu : droit au travail, droit à l’éducation, droit à la santé notamment. Ce sont des « droits à » alors que les précédents étaient des « droits de » : en d’autres termes l’individu n’est plus l’acteur de son propre destin, il est un créancier de la société qui assure son destin. Certes travail, santé, éducation, logement, retraite, etc. sont d’excellentes choses pour les êtres humains, mais demander à la société et à l’Etat d’y pourvoir c’est placer les individus sous la coupe du pouvoir. Il y a donc contradiction entre cette génération-ci et la précédente : comment limiter le pouvoir de quelqu’un dont on dépend ?

Vient enfin ce que les spécialistes appellent la troisième génération des droits de l’homme. Toujours en discussion depuis cinquante ans, elle n’a pas encore été déclarée ni adoptée, mais elle est dans l’air du temps. Elle a la particularité de ne plus concerner les individus mais les peuples : ce sont des droits de l’homme collectifs ! On évoquera notamment le droit au développement, le droit au commerce équitable, le droit à l’environnement. Ces nouveaux droits représentent des obligations que certains gouvernements doivent s’engager à respecter vis-à-vis d’autres. C’est une affaire d’Etats entre eux. Et tout le monde aura compris qu’il s’agit des devoirs que les Etats du Nord (les riches, les puissants, les Occidentaux) ont à se reconnaître à l’égard des Etats du Sud (les pauvres, les exploités, les pollués malgré eux). Nous y voici : les pays les plus développés, et par priorité les tout-puissants Etats Unis, sont peu respectueux de ces droits. Au nom de ces droits, le reste du monde peut se révolter, organiser sa « résistance à l’oppression » comme jadis les révolutionnaires étaient légitimés à se soulever contre les despotes. Les droits de l’homme dans cette nouvelle version justifient la violence sous toutes ses formes, y compris le terrorisme. Nous y voici. Nous sommes au 11 Septembre. Les droits de l’homme sont devenus l’alibi des terrorismes et des dictatures. Les droits de l’homme-alibis, les droits de l’homme en Libye : avec le colonel ils ont pris du galon. Pourquoi s’en émouvoir ?

 

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Au sommaire du n°1341 du 15 novembre 2017

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