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DES SYNDICATS FORTS PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 20 Janvier 2003 01:00
 Blondel

A l’occasion de l’Assemblée Générale du MEDEF, on a vu naître la « Sainte Alliance » (L’Huma). En d’autres termes, le Premier Ministre a rompu avec une tradition qui faisait des entreprises, aux yeux des gouvernements, tantôt des vaches à lait, tantôt le haut lieu de l’exploitation des salariés au nom de la loi du profit. Ce comportement de la part de la classe politique était à la fois anormal et suicidaire.

Anormal car les entreprises, autant et même plus que les gouvernants, ont pour mission de servir la communauté : le service marchand privé vaut bien le secteur public administratif. Suicidaire, car la traque des entrepreneurs arrête l’investissement et la création d’emplois : à terme, l’économie nationale est condamnée au chômage et à la stagnation.

Mais un second thème a été mis en exergue en la circonstance : il nous faut des syndicats forts.

C’est à peu près le souhait conjoint du MEDEF et du gouvernement, qui pensent qu’une vraie négociation sur les vraies réformes sociales à entreprendre implique des partenaires fiables. Mais dire qu’il faut des syndicats forts implique aussi que nous avons des syndicats faibles. En effet leur faiblesse n’est plus à démontrer. La participation aux élections prud’homales a été ridiculement faible. Le refus du personnel d’EDF d’entériner les accords signés par les syndicats a été un autre camouflet, infligé d’ailleurs aussi bien à la CGT qui n’était pas signataire.

Les gens faibles sont violents, et ce que les syndicats français ont perdu en représentativité et en crédibilité ils l’ont gagné en agressivité. Ils se sont mués en groupes de pression politique, disposant d’une large audience médiatique, en mesure de faire trembler les gouvernants et les législateurs.

Cette puissance politique des syndicats contraste avec leur inefficacité économique et sociale. Non seulement en France, mais dans tous les pays développés, les salariés ont compris que les syndicats ne peuvent rien pour eux. La désyndicalisation est mondiale. Pourquoi ?

Une partie de la puissance syndicale a été entamée par la concurrence croissante, allant aujourd’hui jusqu’à la mondialisation. Dans un tel contexte, les producteurs ne tiennent plus les consommateurs en otages, les monopoles disparaissent. Chacun est menacé par « les étrangers ». Les syndicalistes ont caressé le rêve d’opposer la mondialisation du syndicalisme à la mondialisation des échanges ; mais ils n’ont pas réussi à convaincre les salariés des pays « émergents », trop désireux de se faire une place dans le concert mondial, trop pauvres pour perdre leurs emplois et renoncer à leurs chances de promotion.

D’ailleurs, je vous pose la question (politiquement incorrecte) : les intérêts des salariés ont-ils encore besoin aujourd’hui d’être défendus par des syndicats ? Les nouvelles conditions de production, dans les économies très développées, tordent le cou à un certain nombre de poncifs :  poncif de la lutte des classes, poncif de l’asymétrie du marché du travail, soulignant la position privilégiée de l’employeur  et la position contrainte du demandeur d’emploi ignorant et isolé. Aujourd’hui , plus le niveau technique requis s’élève, plus le demandeur d’emploi peut imposer ses conditions. Les entreprises se disputent la main d’œuvre qualifiée, et le « cartel des employeurs » n’a jamais résisté aux pressions de la concurrence internationale. Au demeurant un grand nombre de salariés n’entendent pas remettre le sort de leur carrière ni de leurs rémunérations entre les mains de tiers, ils ne veulent pas noyer leurs intérêts personnels dans le magma de la négociation collective, de l’intérêt général et de la défense de « droits acquis ». Est-il interdit de songer avant tout à son intérêt personnel, à sa famille, à sa propre compétence et à sa propre dignité. ? Il faudrait se mettre enfin à l’heure du personnalisme social.

Dans ces conditions, pourquoi la France devrait-elle s’employer à avoir des syndicats forts ? Je ne crois pas qu’Ernest-Antoine SEILLIERE et Jean Pierre RAFFARIN aient voulu donner en exemples le syndicat du livre, des pilotes, ou des contrôleurs aériens, ou des cheminots, ou des enseignants. J’ose croire qu’ils ont la même idée que moi de ce que pourrait être un syndicat fort.

Un syndicat fort est un syndicat minimum, un syndicat subsidiaire et auxiliaire des initiatives des particuliers. Aujourd’hui comme au XIX° siècle, des citoyens peuvent spontanément et librement s’organiser pour gérer en commun les problèmes qu’ils rencontrent dans le monde du travail : des informations sur les emplois, leurs rémunérations et leurs perspectives, des mutualités qui permettent de se couvrir contre des risques difficilement assurables à titre individuel, des solidarités volontaires entre gens de même métier ou de même localisation, des services de formation, d’orientation, d’apprentissage pour les jeunes, de transmission d’expérience. Voilà ce que seraient des « syndicats forts », capables de remplir des missions nouvelles. Je ne peux non plus exclure que dans certaines branches d’activité les syndicats puissent aussi intervenir dans des négociations collectives, à la condition exclusive que leur intervention ne soit ni obligatoire, ni impérative pour les non-syndiqués.

Il se trouve malheureusement qu’en France, les leaders syndicaux ont refusé cette mutation syndicale. Pour eux le syndicat est et demeure un Syndicat-Providence, partenaire incontournable de l’Etat-Providence. Mais qui gagne dans cette bataille d’arrière garde ? Sûrement pas les salariés, qui voient leurs emplois menacés par le conservatisme et le corporatisme à l‘heure de la concurrence, et auxquels on impose des porte-parole dont ils ne veulent pas. Sûrement pas les gens qui veulent entreprendre et travailler, qui sont découragés et bloqués dans leur élan par des revendications, des manifestations et des grèves incessantes. Sûrement pas les retraités actuels et futurs, ni les assurés sociaux,  que l’on mène à la ruine rapide, faute d’accepter la réforme en profondeur des régimes. Sûrement pas la société civile dans son ensemble, victime d’un climat de tension, de violence puis finalement de haine généralisée, car l’affrontement permanent rend la vie intenable. Sûrement pas la démocratie, car une infime minorité de gens mal élus, voire non élus, s’érigent en maîtres de la rue, en possesseurs des médias, et tétanisent les gouvernants et les législateurs.

Oui, vivement des syndicats vraiment forts, qui auraient pour premier principe de respecter la loi, la liberté du travail, et d’agir dans le sens de la paix civile. Mais il nous faut pour cela des dirigeants forts, respectueux eux aussi de l’état de droit et dotés de la volonté de le faire respecter .

 

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Au sommaire du n°1337 du 14 octobre 2017

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