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LE NOEL DE L'EUROPE PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 16 Décembre 2002 01:00
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Noël est une fête chrétienne majeure. Elle apporte la promesse d'un monde nouveau, l'espoir de la paix qui s'offre aux hommes de bonne volonté. Mais Noël a aussi une dimension profane : les jours allongent depuis la Sainte Luce, le rythme des saisons nous ramène vers la lumière.

Or c'est précisément le jour de la Sainte Luce que s'est terminée la conférence de Copenhague sur l'élargissement de l'Europe.

L'aube de l'année nouvelle serait-elle aussi celle d'une Europe renaissante ? 

Je crois tout d'abord nécessaire de saluer comme il convient le symbole de l'élargissement de l'Union Européenne à dix pays, dont huit subissaient naguère la dictature communiste. "L'Europe respire désormais avec ses deux poumons", a dit avec pertinence Jean Paul II, qui n'est pas étranger à l'effondrement du mur de Berlin. La ligne Oder-Neisse, fruit de la lâcheté occidentale face à Staline, a été effacée politiquement en 1989, mais il aura fallu attendre treize ans pour que les peuples de ces nations soeurs n'aient plus le sentiment d'une exclusion autant imméritée qu'inattendue.

Depuis treize ans, comme bien d'autres, je suis témoin de ce sentiment de déception et d'abandon qu'éprouvent en particulier les jeunes de l'Europe Centrale et de l'Est : les perspectives de libre circulation, de libre échange des produits et des idées se sont évanouies trop vite, les nomenklaturas se sont reconstituées. Les Occidentaux s'en sont désintéressés, et se sont détournés de ces frères européens qui devenaient gênants parce qu'il fallait leur faire une place, changer nos habitudes, perdre un peu de notre confort. L'Allemagne a donné le plus significatif exemple de la fausse fraternité : sous la pression des syndicats de l'Ouest le chancelier KHOL a accepté l'alignement rapide des salaires et des lois sociales sur les normes occidentales, et des millions d'Allemands des Lander de l'Est sont aujourd'hui réduits au chômage et de l'assistanat. Pendant le même temps, les exportations agricoles en provenance de Pologne, de Hongrie ou d'ailleurs étaient refusées ou étroitement contingentées pour ne pas mécontenter les paysans français. Et les étudiants roumains, bulgares ou tchèques se voyaient fermer les portes des universités occidentales ; ils sont allés aux Etats Unis.

J'espère fermement que toute cette mascarade a pris fin, et que l'on a définitivement tourné une page. Il était temps de mettre fin à la honte européenne. 

Passée la honte, entre-t-on dans l'espoir ?

Le fait est que rien n'est vraiment réglé sur le futur de l'Europe, et que l'année 2003 sera fertile en points d'interrogation sur le sujet. La nouvelle Europe se donnera-t-elle les institutions de nature à dynamiser et harmoniser le continent vieilli et déchiré ? Ce premier point est décisif. Non que l'Europe ait tellement besoin d'une constitution, d'un gouvernement ou d'un parlement pour pouvoir fonctionner. Je pense au contraire que plus la construction politique de l'Europe sera légère et souple, et plus elle aura une chance de se mettre en place et de durer. Le socialisme constructiviste de Jacques Delors a orienté les politiciens vers une machinerie puissante et dangereuse. Je crains qu'en dépit de la prudence démontrée par VGE l'axe Paris Berlin impose cette solution maximaliste.

Le second point d'interrogation en découle: une Europe maximaliste, aux pouvoirs considérables, peut-elle être autre chose qu'une Europe dirigiste ? Le mépris dans lequel Allemands et Français tiennent le marché leur inspire d'aberrants projets de réglementation en vue d'une fausse concurrence, et de redistribution en vue d'une fausse solidarité. La technocratie bruxelloise et les lobbies (dont les syndicats) font le reste. L'incohérence est de se servir de l'Europe pour préserver des intérêts nationalistes. La politique agricole commune en est un bon exemple. Quand on voit que les dispositions prises à Copenhague concernent essentiellement cette politique, et s'inspirent d'une logique anti-marchande, il y a de quoi s'inquiéter : au lieu de progresser l'idée européenne régresserait-elle?

Le troisième point d'interrogation concerne les perspectives de sécurité et de défense communes. Depuis Prague, il semble acquis que l'Europe s'en remet à l'OTAN pour la logistique militaire. Mais quid des orientations diplomatiques ? Quelques gouvernements européens ne se sentent pas très "atlantiques", et ne suivent qu'en traînant les pieds. Si la position américaine allait jusqu'à la guerre avec l'Irak, l'Europe vivrait son premier examen de passage; on pourrait tester la crédibilité d'une indépendance si souvent évoquée, mais si peu réaliste, comme on l'a vu dans les Balkans.

Le quatrième point concerne l'élargissement à la Turquie, source d'hésitations et de disputes. Dans la perspective d'une défense commune atlantique, la Turquie avait sa place. L'a-t-elle toujours si son gouvernement se rapproche du bloc islamique ? Dans la perspective d'une Europe de la liberté, la Turquie pouvait être admise si son gouvernement assurait le respect de la démocratie et des droits de l'homme. Mais la Turquie va-t-elle s'européaniser ou veut-elle simplement forcer la "Sainte Porte"?  

Comme il serait mieux de s'en tenir, au moins pour l'instant, à une idée simple de l'Europe : un marché ouvert, un espace de libre circulation, un état de droit ! Je souhaite que cet espoir d'une Europe modeste et ouverte devienne réalité à l'aube européenne. Joyeux Noël en tous cas !

 

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Au sommaire du n°1333 du 12 septembre 2017


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