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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 18 Novembre 2002 01:00
 Non au mondialisme

Je n'hésite pas à me joindre aux protestations de la Confédération Paysanne pour demander respectueusement au Président de la République la grâce de notre leader syndical bien-aimé.

L'état de droit implique en effet que tous les citoyens soient égaux devant la loi. Or, il y a actuellement tellement de paysans, de routiers, d'examinateurs d'auto-écoles, de gaziers, cheminots, enseignants, qui ne respectent pas la loi, que je ne comprends pas pourquoi on s'acharne sur cet homme qui n'a obéi qu'au désir de parer à un risque immédiat : il y avait nécessité, il y avait urgence de casser les installations qui abritaient les OGM.  

Nous voici à nouveau devant une conjoncture sociale éprouvante, et le gouvernement va subir un délicat examen de passage : comment va-t-il préserver la légalité ?

Depuis son accession au pouvoir, Jean Pierre Raffarin ne cesse de vouloir dialoguer avec"la France d'en bas". C'est une démarche qui m'a dès le début paru curieuse car il n'était pas besoin d'être grand clerc ni de dialoguer longtemps pour savoir ce que voulaient les Français, ceux du moins qui ont chassé les socialistes : ras-le-bol de l'insécurité et de la violence, retour au respect de la loi, fin des privilèges, abrogation de la législation qui empêche les gens de travailler et qui encourage les gens à ne pas travailler, allègement de l'Etat, de ses impôts, de ses charges et de ses bureaucrates.

Il semble bien que "la France d'en bas" n'ait cure de la volonté de dialogue du Premier Ministre. Et, pour l'heure, la France d'en bas est en ébullition profonde. Loin de se calmer, le jeu social monte en intensité dramatique, et tout le monde va tester la nouvelle équipe au cours des prochains jours et des prochaines semaines. 

Prendre une fois de plus la population en otage, se livrer à des voies de fait, priver les Français de la liberté de circuler et de s'approvisionner là où ils le veulent constituent autant de comportements inadmissibles. Il s'agit ni plus ni moins d'une forme atténuée certes, mais incontestable de terrorisme. On a beau dire, comme Jean Pierre RAFFARIN, que le "droit de manifester appartient à la tradition française", je ne comprends pas que la manifestation des uns les autorise à rendre la vie impossible aux autres, à bloquer les personnes, à dégrader les biens, à violer la propriété. Par comparaison, ce qu'a fait José BOVE est bénin. Pourquoi deux poids et deux mesures ? Les leaders de la FNSEA et des syndicats de routiers font pis que les commandos de la Confédération Paysanne.  

Le gouvernement va donc avoir à démontrer comment il entend écouter la France qui n'est ni d'en bas ni d'en haut, mais qui est prise entre les deux : l'enclume de la haute administration, de la technocratie et le marteau des agitateurs. J'appartiens, comme beaucoup d'entre vous, à cette catégorie de citoyens qui n'entendent ni briser l'ordre social, ni subir l'ordre social imposé par les briseurs d'ordre social, les corrompus et les barbares. Comme José BOVE, je déplore la "force injuste de la loi", faite contre les principes généraux du droit, mais je ne peux le suivre dans son désir de substituer la force injuste des voyous à la force injuste de la loi. 

La France est en train de sombrer dans la dérive des îles. J'entends par là qu'aujourd'hui on voit aux Antilles, à la Réunion, et à un moindre titre en Corse, ce qu'ont produit cinquante ans d'Etat Providence, de démagogie, de faiblesse à l'égard des groupes de pression, des indépendantistes, des révoltés et des hors la loi de tous genres. Le pouvoir dans la rue, le pouvoir aux casseurs, la liberté pour les criminels, et les indemnités, les allocations pour tous. Le gouvernement ouvrirait un boulevard aux populistes de droite ou de gauche s'il ne savait pas être à la hauteur de sa mission : restaurer l'état de droit.

L'Etat a le monopole de la coercition : c'est sa définition, c'est sa fonction essentielle. Le recours à la force publique doit empêcher le recours à la force privée. Mais aujourd'hui le citoyen moyen subit à la fois la violence des groupes et des bandes, et l'arbitraire du pouvoir politique. Quand brûlent les voitures, on peut encore les verbaliser pour stationnement interdit. Au fond, les Français compliquent singulièrement la tâche des responsables de l'ordre public en émettant la prétention déraisonnable de circuler, de travailler et de veiller à leur famille, à leur santé et à leur argent.

Voici maintenant une occasion pour les hommes politiques de retrouver un crédit qu'ils ont largement perdu. Voici encore une chance de faire à nouveau respecter l'Etat, et le droit. Si le gouvernement se montre à la hauteur de la situation, il peut espérer poursuivre dans la voie de la réforme qu'il veut emprunter, si l'on en croit la Charte de l'UMP (en dépit de ses ambiguïtés). Si la chienlit s'installe et se développe, le gouvernement et les Français sont promis à des jours difficiles. Pour le gouvernement, cela ne me touche pas. Pour les Français je le redoute. Alors, Messieurs les ministres, il vous faut tout de suite de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace. Comme Bové.  

 

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Macron guérit des écrouelles

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Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1322 du 16 mai 2017


Editorial : Un triste gouvernement centriste

Conjoncture : Faut-il reparler des retraites ?

Actualité  : Le 13 mai 2017 - Il ne faut pas désespérer Billancourt…ni la CGT

Spécial présidentielles  : Ecrit au lendemain de la victoire de Hollande, il y a cinq ans - L’Europe, terre d’élection pour Emmanuel Macron - Premier entretien avec Edouard Philippe - Emmanuel Macron serait-il Tony Blair ?

Lu pour vous : Pan sur le bec - Il y a libéralisme et libéralisme

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