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Le monétarisme de l’école de Chicago

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QUELLE INSECURITE ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 21 Octobre 2002 01:00
 Halloween...

J'avais évoqué il y a quelques semaines le fossé qui s'est très vite creusé entre électeurs et élus, entre le peuple et le gouvernement. Comment s'en étonner ? C'est une loi du genre, bien analysée par les théoriciens de l'école du "public choice": les politiciens font des promesses qu'ils ne peuvent pas tenir. 

Il y a un chapitre sur lequel Jean Pierre RAFFARIN et la plupart de ses ministres font totalement fausse route (c'est le cas de le dire) : celui de la sécurité.  

Dans ce gouvernement, il y a une exception : c'est Nicolas SARKOZY, ministre de l'Intérieur, qui semble bien avoir compris le message adressé par les Français à leurs dirigeants au printemps dernier. 

La visite de notre Ministre à Strasbourg a été accompagnée de propos que l'on avait perdu l'habitude d'entendre. A la question classique posée par un journaliste "Rencontrerez-vous les jeunes de ces cités et aurez-vous un dialogue avec eux ?"; SARKOZY a donné une réponse politiquement peu correcte : "Je n'ai pas à aller dialoguer avec des gens qui violent la loi et ne respectent pas la propriété d'autrui. Je vais à Strasbourg non pour rencontrer les coupables, mais les victimes. Je veux marquer ma sollicitude à l'égard des quarante cinq propriétaires des voitures qui ont brûlé, pour leur dire que l'Etat fera tout pour sauvegarder les biens et les personnes, comme c'est son devoir. Quand la loi est respectée, on peut dialoguer, pas avant."

Il y a en effet de quoi être surpris, vous en conviendrez. 

Vendredi dernier, au cours du journal télévisé du matin, deux scoops se succédaient. Le premier : les voitures brûlées à Strasbourg, avec deux précisions : il y avait 70 pompiers et représentants des forces de l'ordre, mais "aucun délinquant n'a été arrêté". Le second : les contrôles de vitesse dans les rues de Paris, où 450 policiers ont été mobilisés, et quelques centaines d'infractions ont été relevées, et seront sans doute sévèrement punies. 

Voilà l'affaire : en matière de sécurité, le gouvernement fait ce qui est le plus facile, ce qui permet d'aligner des statistiques. Scrogneugneu, on va voir ce qu'on va voir. Mais pendant ce temps les sauvageons peuvent vivre tranquilles.  

Cette semaine, c'est Gilles de ROBIEN, naguère célèbre pour avoir imaginé la loi AUBRY, qui y est allé de son couplet sécuritaire : on va installer des mouchards à bord des véhicules, on contrôlera les heures d'entrée et sortie des autoroutes, et autres friandises pour les automobilistes pressés. Tout cela sans aucun recours ni contrôle judiciaire. Vive l'état de droit!  

Dans un autre registre, Jean François MATTEI, qui a le courage de dénoncer l'irresponsabilité engendrée par la gratuité des soins, a aussi la faiblesse de compromettre avec l'idée du "risque maladie zéro" et de renforcer le discours sécuritaire en matière de soins. Il faut protéger les gens contre eux-mêmes.  

Est-ce cette sécurité-ci que voulaient les Français, ou celle de Sarkozy ? 

Le pauvre Nicolas n'est guère soutenu par ses pairs. Il fait déjà front aux assauts des socialistes qui jugent sa loi liberticide (ce sont des connaisseurs). Daniel VAILLANT a expliqué l'origine de la violence : vingt ans de laxisme et de libéralisme. Le tour est joué : c'est le libéralisme qui est en cause. Comme pour les déraillements de trains, comme pour le chômage, comme pour les inondations, comme pour la pauvreté du Tiers Monde, comme pour la débilité mentale des politiciens.

Mais SARKOZY sera-t-il soutenu par les siens ? Son "droitisme" irrite, on le sait, le Premier Ministre. Comme d'autres, Jean Pierre RAFFARIN pense que le libéralisme est de gauche plutôt que de droite, et qu'il est "libéral" de donner raison à ses opposants : ne fâcher ni Monsieur Blondel ni Monsieur Bové.  

Vous comprenez pourquoi cette affaire de sécurité m'irrite. Parce qu'elle est un double test : d'une part de la fidélité du gouvernement aux quelques (très rares) engagements pris devant les électeurs, d'autre part de la volonté de rupture du gouvernement avec les moeurs et la législation de la gauche socialiste, marxiste ou social-démocrate peu importe.

Pour l'instant le test n'est pas concluant. 

Si le gouvernement recherche la sécurité d'emploi pour ses ministres, il devrait bien s'occuper de la sécurité des Français. La vraie.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1361 du 25 avril 2018

Editorial : La sueur des autres
Actualité
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La vraie nature de l’impérialisme américain - Jeunesse et éloquence : Macron a séduit les Américains - Gentils étudiants et méchants CRS
Connaissance du libéralisme :
La concurrence sauvage
Lu pour vous :
Pierre Bentata, Les désillusions de la liberté


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