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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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56 % de chances de perdre les élections PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 26 Mars 2012 01:00
Campagne présidentielles 2012 l www.libres.org

C’est une statistique établie avec toute la rigueur possible par une équipe d’économistes d’Harvard en octobre 2010 : 56 % des gouvernements qui ont augmenté les impôts ont perdu les élections.

Cet argument devrait à mon sens convaincre les candidats de changer de registre, et de passer à autre chose, car la même étude conclut que 80 % des gouvernements qui ont coupé les dépenses ont été réélus. Menée par Alesina, Carloni et Lecce, cette étude a porté sur l’observation de quelque deux cents consultations électorales dans le monde entier.

Au moment où la campagne prend enfin un tour nouveau, puisque les communistes, comme en 1978, peuvent sauver la droite, il serait bon que Nicolas Sarkozy, voire même François Hollande, se présente devant les Français comme les candidats de la réforme. Pour le candidat socialiste, il est difficile de se lancer dans la promesse de réformes tendant à diminuer et l’Etat, et les impôts, et la réglementation, mais sait-on jamais ? Schröder n’a-t-il pas été le grand réformateur allemand ? Pour le président candidat, la difficulté vient de la lancinante objection : comment promettre pour les cinq ans à venir des réformes qui n’ont pas été réalisées dans les cinq ans passés ? Mais à tout prendre il vaudrait mieux qu’il annonce une rupture avec ses mauvaises habitudes plutôt que de donner l’impression de persévérer en annonçant des mesures d’impôts encore plus progressifs et de protectionnisme renforcé. Pour l’instant, le vent libéral ne souffle pas dans les bronches de l’UMP.

Ce changement de cap s’impose non seulement pour des raisons électorales, mais aussi pour faire face à la récession qui s’annonce inéluctablement. L’analyse de conjoncture de Jean Yves Naudet est d’une précision et d’une rigueur exemplaires : la récession est inévitable, reste à savoir comment on en limitera les dégâts ; elle serait même une bonne chose si elle pouvait donner l’occasion de réduire la dimension de l’Etat et de libérer la créativité des Français.

La France n’a pas besoin de rigueur, mais de libération. Il est déplacé d’annoncer de la sueur et des larmes, et d’insister sur la rigueur ou l’austérité. Ce n’est pas d’austérité que nous avons besoin mais de liberté, et la liberté ouvre la porte à l’espoir et au redémarrage d’une société et d’une économie bloquées.

Le gouvernement actuel s’est illustré en voulant réduire le déficit et la dette en trouvant des ressources nouvelles bien plus qu’en diminuant les dépenses. Par exemple, la chasse aux niches fiscales a été menée pour tenter de récupérer des impôts dont certains contribuables ou certaines activités étaient exemptés. Récupérer des impôts perdus, cela s’appelle augmenter les impôts, et non pas diminuer les dépenses publiques. Diminuer les dépenses publiques, c’est transférer au secteur privé et marchand un certain nombre de domaines et d’entreprises qui relèvent aujourd’hui de la logique du service public – sans être le moins du monde au service du public, et par priorité la protection sociale, assurée à un coût prohibitif pour des prestations évanescentes. Ce sont les niches publiques qu’il faut supprimer, et pas ou pas seulement les niches fiscales.

Comme certains autres, notre gouvernement a donc cédé tantôt au conservatisme qui veut ne pas toucher à un secteur public pléthorique et ruineux, tantôt au keynésianisme qui veut relancer l’économie en « soutenant » l’activité par des dépenses publiques nouvelles. L’ensemble sur un fond de musique sociale, avec les notes aiguës de la redistribution, de la remise en cause de la richesse et de la propriété, et de l’assistanat délétère.

Toutes ces méthodes, toutes ces idées, sont éculées. Si l’on persévère dans cette voie, l’année 2013 verra l’effondrement complet de notre économie, avec les tragédies sociales et politiques qui l’accompagneront. Mais, dès maintenant, l’année 2012 marquera la défaite des non-réformateurs, et la victoire des ultra-conservateurs.

Il reste encore quelques maigres chances aux non-réformateurs de retourner leur discours et leur programme. Cette semaine, Nicolas Sarkozy a présenté un document qui n’a pas encore intégré la moindre nuance de réforme significative : des ajustements marginaux, et en général dans la mauvaise direction. Mais si les écrits sont figés, la parole est libre. Il y a encore quelques électeurs qui pourraient faire confiance aux non-réformateurs s’ils entendaient une musique nouvelle. Pour l’instant, nous sommes dans la dissonance et parfois même dans la cacophonie.
Ceux qui veulent avoir 80 % de chances d’être réélus doivent réformer, si l’on en croit les économistes de Harvard, qui ont également trouvé une forte corrélation statistique entre les coupures budgétaires et la réduction du rôle de l’Etat d’une part et l’expansion économique d’autre part.

Une France réformée éviterait une récession mortelle, et retrouverait l’espoir et la croissance. C’est ce que beaucoup d’électeurs voudraient s’entendre dire et (peut-être) vivre assez longtemps pour le voir se réaliser.

Dites le.

 
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Au sommaire du n°1362 du 2 mai 2018

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