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A l’occasion du bicentenaire d’Alexis de Tocqueville et de la 28ème Université d’Eté de la Nouvelle Economie (2005), l’ALEPS plaide pour le retour de la société civile :
« Beaucoup de nos contemporains ne font plus confiance à la société politique pour surmonter la crise économique, sociale et morale qui frappe le pays. Alors, ne serait-il pas temps de se tourner vers la société civile ? Mais où est-elle ? Que fait-elle ? Que pourrait-elle faire ? » Et aujourd’hui ?
 

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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Au premier tour on choisit PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 09 Avril 2012 01:00
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Et au second on élimine.

Telle est la logique traditionnelle de l’électeur. Il commence par dire sa préférence ensuite, si besoin est, il exprime son rejet. Quelques électeurs heureux ont la chance d’avoir leur candidat préféré encore présent au second tour.

Ces mœurs électorales seront-elles respectées dès ce dimanche prochain ?

Mon pronostic est que le choix du premier tour ne sera réellement pas libre pour beaucoup d’électeurs. Choisir un candidat, c’est adhérer à une personne. De ce point de vue, il n’y a pas de doute : Nicolas Sarkozy a un profil et une expérience que nul autre – et surtout pas François Hollande – ne possède. Mais choisir un candidat c’est aussi, pour quelques citoyens consciencieux et avertis, adhérer à un programme. Or, de ce point de vue, il n’y a pas à s’enthousiasmer.

C’est sans doute ce que pensent ces masses d’électeurs qui se préparent à s’abstenir au premier tour : à cette heure on dit qu’ils sont 40 %, en tous cas bien plus nombreux qu’à l’accoutumée. Faut-il s’en étonner ? Ils auront trouvé la campagne très médiocre, au ras des pâquerettes (c’est la saison qui le veut). Les problèmes les plus urgents à leurs yeux n’ont pas été sérieusement abordés : ni le chômage massif et croissant, ni la déroute scolaire, ni la crise du logement, ni la dette publique (ce que souligne Jean Yves Naudet dans sa chronique de conjoncture). Par contraste, les candidats se sont complus dans la production de mesurettes comme le permis de conduire et d’absurdes disputes comme la viande hallal. Pas de souffle, pas de vision globale. Fait exception le révolutionnaire stalinien Jean Luc Mélanchon, qui a le grand projet de revenir aux belles heures de 1793, d’installer des guillotines pour les ci-devant riches capitalistes, et de ressusciter la planification soviétique.

Pour les électeurs libéraux, la situation est encore plus dramatique.

Sans exception, tous les candidats ont fait de la surenchère protectionniste : Sarkozy, le moins virulent, est l’homme du « produire en France », de la TVA sociale, du « Buy european act », tandis que Hollande n’a cure de tout engagement européen, et que Bayrou, Le Pen et les autres fustigent les importations et les délocalisations.

Sans exception, tous les candidats ont pris « le monde de la finance » en ligne de mire : c’est le « seul ennemi » de François Hollande, c’est la dictature des marchés dénoncée par Le Pen et Mélanchon, c’est le CAC 40 et les rémunérations visés par Nicolas Sarkozy.

Enfin, et non le moindre, tous les candidats sans exception ont fait de la surenchère fiscale : certes tous ne sont pas allés jusqu’aux 100 % de Mélanchon ou d’Eva Joly, mais les 75 % de Hollande ne sont pas loin, ainsi que les taux marginaux de Nicolas Sarkozy.

Je comprends donc la détresse des électeurs libéraux. Ils n’ont pas l’embarras du choix, puisque personne n’a fait la moindre analyse ni la moindre proposition libérale durant ces mois de campagne – on le mesure d’ailleurs à ma notation des mesures envisagées que vous trouverez dans cette Lettre. Ils feront donc peut-être le choix de l’abstention au moins au premier tour, ou ils émettront des votes rejets dès le premier tour, parfois dans la perspective du second.

Je n’ai évidemment aucun conseil à vous offrir, je suis moi-même trop partagé et les libéraux ne sont pas regroupés dans une formation politique capable de donner ses consignes suivies – ce qui à certains égards est bien dommage.

Cependant, quelques-uns de mes proches amis me font remarquer que Nicolas Sarkozy a adressé une Lettre aux Français plutôt prometteuse, avec des têtes de chapitre parfois sympathiques : « Je veux rétablir le sens de la responsabilité » ou encore « Entre augmenter les impôts et réduire les dépenses publiques, je choisis la réduction des dépenses ». « Aucune idéologie de haine ne peut être tolérée dans notre pays ». Mais je trouve aussi des têtes de chapitre suspectes à mon goût : « Au début, le monde occidental s’est laissé enivrer par la mondialisation », ou « L’Europe devait nous protéger, elle a aggravé notre exposition à la mondialisation », ou encore « L’écologie améliore nos conditions de vie et crée des emplois ». Attribuer tous les maux de la France à la crise actuelle et prétendre que la France s’en est mieux sortie que les autres pays est une vue optimiste, pour ne pas dire trompeuse. De toutes façons, le ramage n’est pas aussi beau que le plumage, et le détail des trop nombreuses mesures avancées dans cette trop longue lettre laisse plutôt perplexe : certaines mesures seraient acceptables (mais pourquoi n’ont-elles pas été prises en cinq ans ?), d’autres sont inspirées par un nationalisme et un étatisme de mauvais aloi.

C’est dire que, s’agissant du candidat le mieux placé pour barrer la route à l’alliance socialo-communiste, le choix en sa faveur ne saurait participer d’une adhésion à son programme. Il ne peut être que l’expression d’un rejet global de tous les autres. Quel choix ! Quel enthousiasme !

 
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