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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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La crise est inéluctable

A la différence d’Adam Smith et Turgot qui pensaient que l’activité économique apporte le progrès en permanence, grâce à des adaptations permanentes voulues par le marché, Malthus estime que la crise est inéluctable dans un pays industrialisé.

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Guerre scolaire ou guerre de religion ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 14 Janvier 2013 00:00
Croisade laïque l www.libres.org l Editorial

 

Ministre à la tête d’une administration dénommée de façon abusive « Education Nationale », Vincent Peillon a donc rallumé la guerre scolaire en attaquant avec véhémence le Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique, Eric de Labarre. Il est vrai que le contentieux entre le public et le privé n’a jamais été réglé quant au fond : tout au plus un modus vivendi plutôt dommageable pour le privé.

Mais nul ne s’y trompe : l’oukase de Vincent Peillon est lié au projet de « mariage pour tous » qui mobilise tous les catholiques de France. D’ailleurs le reproche adressé à Eric de Labarre est précisément d’avoir demandé aux chefs d’établissements catholiques de donner dans les classes une information et d’ouvrir une discussion sur ce sujet de société. Vincent Peillon mène avec quelques autres une croisade au nom du laïcisme primaire contre la religion chrétienne. C’est une double attaque qui est lancée : l’une contre la liberté scolaire, l’autre contre la liberté religieuse.

  En juillet 1984 un million de Français ont manifesté à Paris contre la loi Savary : dans la logique du programme Commun de la Gauche, elle mettait en place un « service public unique et laïque de l’Education Nationale ». Public et unique : les choses étaient claires.

Une certaine liberté scolaire avait été établie par la loi Debré de 1959 : les établissements privés « sous contrat » reçoivent l’aide financière de l’Etat en payant les enseignants, moyennant des concessions majeures. Non seulement ils fonctionnent « sous le contrôle de l’Etat », mais ils se plient aux programmes et à la pédagogie définis par le ministère. S’ils ont le choix de leurs enseignants (dûment qualifiés), ils n’ont pas la maîtrise de leur carrière. Depuis 1986, un forfait d’externat permet de couvrir des dépenses de personnel non enseignant, et une partie des investissements. Il est à la charge des départements pour le secondaire et des communes pour le primaire. Enfin et surtout, l’expansion du privé (95% est fait d’établissements catholiques), est bloquée par les « accords Lang-Cloupet » de janvier 1993, qui prévoient entre autres que les effectifs du privé ne peuvent jamais dépasser 20% du nombre total des enfants scolarisés : pas d’ouverture de classes ni de nomination de professeurs quand le privé a atteint son quota.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette liberté est très surveillée.

Pourtant les « faveurs » accordées au privé n’ont cessé de scandaliser les laïcards, qui les estiment contraires à la loi de 1905. Le slogan « l’argent public à l’école publique » est repris avec insistance, le commentaire de certains médias a d’ailleurs été édifiant : « l’enseignement catholique ne pourrait survivre sans les subventions de l’Etat » !

L’argent de l’Etat c’est celui des contribuables, et en particulier des parents d’élèves. La plupart d’entre eux ne demanderaient pas mieux que de récupérer la part des impôts qui se déversent dans le tonneau des Danaïdes, le budget de l’Education Nationale représente le deuxième poste du budget de l’Etat (la première place lui ayant été volée récemment par le service de la dette publique). Ce qui fait de ce système le plus coûteux, mais aussi le moins efficace de presque tous les pays de l’OCDE ; voilà pourquoi les familles ont une nette préférence pour les établissements privés. D’ailleurs les militants et élus les plus gauchistes et les plus attachés à la « laïcité » sont les tout premiers à placer leurs enfants « chez les curés ». 

Rendre aux parents la totale liberté d’user de leur argent pour l’éducation de leurs enfants ne paraît pas stupide ni injuste. Dans beaucoup de pays on voit se développer depuis quelques années des formules qui rétablissent la liberté scolaire et permettent de pallier l’inefficacité des bureaucraties d’Etat. Cela va des bons scolaires (à l’honneur en Suède et en Hollande) aux charter schools (écoles privées sous contrat avec l’Etat ; elles se multiplient aux Etats Unis) ou aux homeschools (15 % des enfants californiens sont scolarisés à la maison, avec des maîtres et précepteurs engagés par une ou plusieurs familles), jusqu’aux « opting out » (système britannique qui permet à un établissement public de se privatiser avec l’accord des parents et des enseignants). Nous sommes toujours empêtrés dans notre mammouth, l’armée de fonctionnaires la plus fournie du monde (avec 1.250.000 personnes). 

Mais, pour améliorer l’éducation et l’instruction des enfants, encore faut-il admettre que les parents en sont responsables. Or, la doctrine officielle en France est que l’Etat est prioritaire ; il a le pouvoir et le devoir de prendre en charge les enfants, et nul ne peut s’opposer au monopole intellectuel de l’Etat. D’intellectuel le monopole devient spirituel : la religion laïque doit régner sur les jeunes esprits. Ils doivent donc être protégés contre les manipulations, les croyances et les interdits que des professeurs de morale chrétienne veulent leur inculquer. Les enfants ont besoin d’être libérés. Libérés de leur famille, libérés de la morale traditionnelle, pour s’ouvrir aux bienfaits de la morale dite « républicaine ». La porte-parole du gouvernement, Madame Najat Valaut-Belkacem, soupçonne l’enseignement privé de vouloir refuser aux enfants un débat authentique et « neutre », animé par des associations qualifiées (par les mœurs de leurs membres), et de chercher à soumettre les enfants à une « doctrine » : l’enseignement catholique ne respecterait plus la neutralité qui lui vaut l’aide de l’Etat. Il faut donc abattre l’école catholique : non seulement parce qu’elle garde en tant qu’école une marge d’indépendance et de liberté, mais parce qu’elle colporte la foi catholique et viole la loi républicaine. La loi républicaine, c’est la charia à la française.

 
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