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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 04 Février 2013 00:00
GPA l www.libres.org

 

Vous envisagez de changer de voiture en 2013 : il y a beaucoup d’« avantages clients » en ce moment. Votre agence de voyages vous a proposé une croisière d’une semaine en Méditerranée, tout compris et pas cher. Vous voulez peut-être un nouveau canapé pour votre salon. Mais pourquoi ne pas réaliser votre rêve le plus cher : achetez un enfant !

Grâce à Chrtistiane Taubira, l’enfant est devenu désormais un bien de consommation accessible à tout le monde, aux familles classiques comme aux couples les plus originaux, tous bénéficiant dans des conditions d’égalité parfaite du « droit à l’enfant ».

L’enfant marchandise sera l’un des apports incomparables de ce gouvernement à la civilisation et à la justice. Et il aura suffi d’une simple circulaire administrative adressée aux préfets pour franchir ce pas décisif pour l’humanité.

La « gestation pour autrui » (la fameuse GPA) vient ainsi de faire une entrée fracassante dans le droit positif français. N’importe quel citoyen français peut désormais passer une commande à une mère porteuse vivant à l’étranger, dans un pays où la GPA est autorisée. Quelques mois plus tard (neuf en principe, tant que la gestation est encore naturelle – ce qui pourra s’arranger plus tard) notre brave compatriote pourra récupérer son chérubin, qui aura la nationalité française puisque né d’un père français. Il pourra alors, s’il le désire, partager la joie de la paternité (ou de la maternité) avec son compagnon.

Cet heureux évènement est d’autant plus facile qu’il ne manque pas de candidates à la GPA. On dit que dans certains pays, comme en Ukraine, il existe déjà de véritables usines à bébés, des centaines de ventres s’offrent aux clients potentiels.

D’ailleurs, le mérite de Christiane Taubira n’est peut-être pas aussi grand qu’on le dit, puisque l’on sait que dans d’autres pays des familles mettent au monde des enfants destinés à être exportés, en vue d’une adoption par de riches couples. Pour légitimer cette adoption, les familles génitrices font toujours valoir leur pauvreté qui leur interdirait d’élever correctement cette progéniture. Progéniture : un mot dont on découvre aujourd’hui toute la précision : pro-générer, c’est engendrer pour le compte d’autrui. 

Certains font remarquer que les nazis avaient expérimenté à une échelle déjà importante la procréation eugénique : des femmes choisies pour leur pureté aryenne étaient accouplées à des hommes tout aussi purs, de sorte que la race puisse se conserver et s’améliorer suivant le plan des dictateurs. Vieux projet sociétal : Platon prescrivait aux magistrats de procéder à un tirage au sort « subtil » pour attribuer les femmes (mises en communauté) aux géniteurs, de sorte que « ce soit l’élite des hommes qui ait commerce avec l’élite des femmes » ; l’infanticide et l’avortement étant là pour rectifier les éventuelles erreurs du tirage au sort. Nous sommes donc bien dans « le meilleur des mondes ». Mais ce n’est là qu’apparence car, dans la procédure Taubira, il n’y a pas trace de racisme ni d’eugénisme. Il s’agit d’une opération librement consentie, d’un contrat équitable et d’une démarche personnelle, née du désir d’enfant. 

Le désir d’enfant est comparable à tous les autres désirs. Il en est peut-être le plus intense – la preuve en est la désolation fréquente des couples sans enfant et qui veulent en adopter un, quitte à y mettre le prix financier et moral. Mais c’est précisément sur ce point que la démarche actuelle des partisans de « l’enfant pour tous » met en péril les bases mêmes de la société. Progressivement un chemin a été parcouru, qui mène du désir au besoin, du besoin au droit, et du droit au droit social.

La quantité et la qualité des désirs que conçoit un être humain sont incommensurables. Comme on dit, nous voulons tout et tout de suite, tout et n’importe quoi. Or, nous ne sommes plus dans le jardin des Hespérides et beaucoup de choses nous sont mesurées. A commencer par le temps, qui nous oblige à établir des priorités et qui fait varier nos moyens. A continuer par les autres, qui ont des désirs qui nous empêchent de combler les nôtres ; ce qui nous pousse à l’échange, c'est-à-dire à la renonciation de quelque chose pour en obtenir une autre. Ces limites naturelles à nos désirs sont souvent franchies : un désir devient un besoin, j’ai besoin de ce que je n’ai pas et de ce que ne peux avoir. Partant du principe que tout besoin doit être satisfait pour que l’être humain soit heureux, des législateurs inconscients ont transformé le besoin en droit : droit à la santé, droit au logement, droit à l’enseignement, etc. La doctrine « droit de l’hommiste » a été imprudemment reconnue dans la Charte des Nations Unies, tranchant avec la déclaration originelle des droits, qui instituait le devoir des gouvernants de respecter et faire respecter la vie, la liberté et la propriété des individus. Les droits de l’ONU sont à l’inverse des droits sociaux, que la société doit garantir à tout le monde.

Voilà l’égalité que réclament les amis de Chistiane Taubira : égalité devant l’enfant signifiant droit de se procurer des enfants par tous moyens, y compris par des manipulations génétiques qui permettent de fabriquer le jouet désiré. Et, pour ceux qui n’auraient pas les moyens financiers d’acheter un enfant, la solidarité nationale sera très vite mobilisée et le coût de l’enfant sera pris en charge pour les « familles » dépourvues d’argent, mais pas de scrupules. Déjà le remboursement de l’IVG par la Sécurité Sociale n’est-il pas assuré pour les femmes qui ont le désir de refuser l’enfant ?

Il serait peut-être temps d’arrêter l’usinage des nourrissons aussi bien que le massacre des innocents. Et de remettre dans la procréation quelque chose qui est spécifique à l’être humain : l’amour.

Dans le monde barbare, un enfant s’achète dans le caddy d’un super-marché, avec un bon délivré par une directive ministérielle. Dans un monde civilisé, il naît de l’amour d’un homme et d’une femme et il grandit dans une famille.

Peut-être est-il temps pour nous de rappeler aux artisans du « meilleur des mondes » le poids de leurs responsabilités, mais aussi le sens de l’amour. 

 
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