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Pas de sérieuse diminution des dépenses publiques sans réduction du périmètre de l’Etat. Des privatisations généralisées ne nuisent pas à la santé, ni à l’éducation, ni aux communications, ni aux retraites de la population : c’est tout le contraire, comme le prouvent les réformes pratiquées en Allemagne, en Grande Bretagne, en Scandinavie, en Europe Centrale ou au Canada, il est facile, confortable et économique de se passer de l’Etat dans beaucoup de domaines.

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Le père des néo-classiques

Après la « révolution marginaliste » qui avait pris des allures fort différentes dans les œuvres de Jevons, Walras et Menger, il fallait sans doute le talent pédagogique d’Alfred Marshall pour proposer un schéma d’exposition simple des principes de la science économique.

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Benoît XVI PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 25 Février 2013 00:00
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Le Carême invite les chrétiens à prendre quelque recul à l’égard des choses de ce monde pour que chacun puisse s’interroger sur ce qui compte dans sa vie. Plusieurs religions prescrivent cette pause, par exemple le peuple juif est resté quarante ans dans le désert pour retrouver le chemin de son Dieu.

C’est pourquoi j’ai choisi de vous parler de Benoît XVI. Rassurez-vous ; je ne participerai pas aux deux jeux médiatiques à la mode qui consistent à savoir pourquoi sa retraite et qui sera son successeur. Certes ces questions ont un grand intérêt, mais elles sont secondes par rapport à l’essentiel. L’essentiel, à mes yeux du moins, c’est de tirer les leçons et de la vie et de la pensée de Benoît XVI, leçons pour les Catholiques sans doute, mais aussi pour tous ceux qui œuvrent pour une société de libertés.

La vie de Benoît XVI a été évoquée dans de nombreux ouvrages et articles. J’ai choisi de discuter ces derniers jours avec Bernard Lecomte, dont le livre (« Benoît XVI ») et les articles récents le qualifient comme l’un des meilleurs biographes du Pape. Ce qui frappe dans l’histoire du pontificat de Benoît XVI, c’est le changement de regard que l’opinion publique mondiale a porté entre le moment de son élection et l’annonce de sa retraite. L’image de cet homme a été au départ celle d’un vieux, celle d’un conservateur rigide, celle d’un allemand. Puis, progressivement, elle s’est modifiée. Sa visite en France en 2008 a fait découvrir que le « berger allemand » était un homme savant sans doute (conférence au cloître des Bernardins où les intellectuels français sont impressionnés) mais aussi humble et proche du peuple (messe sur l’esplanade des Invalides) et surtout proche de ceux qui souffrent (Lourdes). Mais le tournant décisif est celui des JMJ à Madrid en 2011 où un million de jeunes, ouverts, souriants, sympathiques s’enthousiasment pour ce grand père qui leur parle du bien et du mal, et leur dit « c’est vous qui choisissez ». L’image de l’intellectuel hautain et insensible aura disparu, et le monde découvre non seulement un guide moral universel, mais aussi un être profondément humain, qui veut aussi humaniser la religion et le Christ Lui-même. 

La religion, sa signification et son apport pour l’être humain ont été l’un des thèmes de la pensée de Benoît XVI. Le discours de Ratisbonne, le 12 septembre 2006, a été l’un des temps forts du pontificat. D’abord par la polémique qu’il a fait naître sur-le-champ : Benoît XVI ne venait-il pas de dénoncer l’Islam comme une religion funeste pour l’humanité ? C’est ce que les médias (sur la foi d’un journaliste américain) ont retenu d’une phrase sortie de son contexte, et c’est ce qui conduira 136 intellectuels musulmans et imams à crier au scandale dans une lettre publique. Ensuite et surtout le discours insistait sur la nécessité pour une religion de s’appuyer sur deux piliers : la raison et la foi. Une religion purement rationnelle qui nie la révélation et la transcendance ne peut rapprocher de Dieu et conduit au désespoir. Une religion qui ne tient pas compte de la raison et de la liberté des hommes tourne au fanatisme, et conduit à tous les excès, y compris à la guerre sainte (qui a déchiré les chrétiens eux-mêmes). Ainsi en est-il de l’islamisme. Benoît XVI exhortait ainsi les musulmans qui en seraient tentés de se libérer de la guerre sainte, mais il a marqué son respect pour la religion islamique et, à la stupéfaction générale, il est allé prier dans la mosquée bleue d’Istanbul un mois plus tard, aux côtés du grand muphti. Il n’a cessé par la suite de reprendre et d’animer les rencontres œcuméniques d’Assise, lancées par Jean Paul II, afin de nouer et approfondir le dialogue entre religions. Voilà le « Panzer Kardinaal » se révéler homme de compréhension et de tolérance. Voilà celui qui se rendra en Terre Sainte et y nouera des liens d’amitié avec le peuple juif, qui le tient maintenant en grande estime. 

La tolérance ne signifie pas le syncrétisme. L’autre grand thème de Benoit XVI a été le rejet du relativisme, qui lui paraît avoir envahi notre siècle. En admettant que chacun a sa vérité, en accordant une valeur égale à toutes les croyances, à toutes les idées, on finit par tourner le dos à la vérité et à ne plus accepter aucune contrainte ni aucune limite. Chaque individu se fabrique lui-même sa propre vérité et du coup, il croit la détenir. Le bien et le mal n’existent plus, ou sont objets de jugement individuel. Il n’y a plus d’absolu, mais seulement du relatif. Or Dieu est l’absolu, donc le monde se prend à rejeter Dieu. Les dérèglements, tant moraux que sociaux ou même économiques (Caritas in Veritate fait en 2011 l’analyse de la crise) s’expliquent ainsi par la coupure avec toute référence spirituelle, par le rejet de la religion et de la foi ; c’est l’apostasie.

L’apostasie a frappé de manière dramatique l’Europe, et aux côtés de Jean Paul II, le cardinal Ratzinger avait déjà montré l’hérésie qui consiste à nier les « racines chrétiennes de l’Europe », sous la pression majeure de la classe politique française d’ailleurs. Et sans doute, comme le dit Bernard Lecomte, Benoît XVI aura-t-il été « le dernier Pape européen » : déchristianisée, l’Europe spirituellement affaiblie ne peut plus porter le message d’humanisme qu’elle avait diffusé sur la terre entière. Désormais, 80 % des Catholiques sont hors d’Europe et l’Eglise retrouve vigueur et sainteté dans des régions naguère déshéritées.

Ainsi, à l’inverse de ce qu’enseignent les mauvais historiens, la religion n’est pas servitude, elle est libération. Et ceux qui prônent la liberté doivent savoir qu’une société sans Dieu est asservie au matérialisme qui prend la forme de l’argent, du sexe et du pouvoir. Et je suis, comme tant d’autres, persuadé que la liberté ne vaut qu’ordonnée à la dignité de la personne humaine, une dignité qui vient de la création de l’être humain « à l’image de Dieu ». Tant pis pour ceux qui ramènent l’homme à un singe évolué.

 

Nouvelle Lettre de la semaine


Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


Editorial : La Reconquête

Conjoncture : Taillables et Corvéables à merci

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