Commandez

Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

Bulletin de commande

Portait

 

Economiste classique

Contresens sur la valeur travail

Adam Smith avait créé une ambiguïté en juxtaposant trois lectures de la valeur travail : travail incorporé, travail épargné, travail échangé. Ricardo va lever l’incertitude en choisissant la valeur du travail incorporé, malheureusement la mauvaise !

Lire la suite...
La Dame de Foi PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Avril 2013 00:00
Margareth Thatcher l www.libres.org

On aime bien parler d’elle comme de « La Dame de Fer », pour saluer son courage politique, son refus de tout compromis, sa rectitude intellectuelle. Pour ma part, je préfère parler de « La Dame de Foi », car j’ai toujours été émerveillé par la fermeté et la profondeur de ses convictions. Et c’est sans doute parce qu’elle connaissait par cœur et appliquait avec enthousiasme le credo libéral qu’elle s’est toujours refusée à la moindre concession, jusqu’à la fin d’un pouvoir qu’elle a exercé sans interruption pendant douze ans.

Il est vrai que l’on peut relever les traits forts de sa politique économique et rappeler comme il se doit qu’elle a trouvé en 1978 une Angleterre en faillite, qu’elle a su relever en quelques mois. Les mesures qu’elle a prises ont été énumérées tous ces jours-ci : les privatisations et la diminution drastique du secteur public, la mise en responsabilité et en concurrence des administrations, la mise au pas des syndicats et la fin du closed shop, la rigueur monétaire pour en finir avec l’inflation et la baisse de la fiscalité, et notamment de sa progressivité. Ce programme est bien « ultra-libéral », un qualificatif qui me ravit, mais qui excite la haine de la gauche française. Celle-ci ne cesse de proclamer que Margaret Thatcher a « divisé son pays » ; en effet elle a eu avec elle le peuple des travailleurs et contre elle la cohorte des parasites. De plus, dire que sous son gouvernement les inégalités sociales se sont accrues est un pur mensonge. D’ailleurs, la Dame de Fer a été si impopulaire qu’elle a été réélue trois fois de suite à la tête du gouvernement. Qui a régné 12 ans dans une démocratie ?

Ce serait pourtant réduire considérablement la dimension de Margaret Thatcher que d’en faire seulement un chef de gouvernement énergique.

Tout d’abord parce qu’elle ne s’est pas occupée seulement de redresser son pays. Elle a participé activement à la croisade anti-communiste et elle est certainement, avec Ronald Reagan et Jean Paul II, à l’origine de la chute du mur de Berlin. En France, les socialistes de 1981 faisaient alliance avec les communistes. Elle a eu une vision réaliste et libérale de l’Europe. Son fameux « discours de Bruges » (1988) posait les bases d’une Europe libre et ouverte, au lieu du projet socialiste et français (Jacques Delors) en faveur d’une Europe centralisée menant des politiques communes : agricole, industrielle, énergétique, commerciale, monétaire, budgétaire, diplomatique. « Je n’ai pas libéré mon pays de l’Etat pour mettre le peuple anglais sous la coupe d’un Etat européen ». Elle a réussi à porter de rudes coups à la politique agricole commune, mais n’a pas convaincu ses partenaires continentaux de la nocivité d’une union monétaire.

Ensuite et surtout parce que ce qui déterminait et soutenait Margaret Thatcher, c’était son profond attachement aux idées de la liberté. Elle les avait apprises d’une poignée d’intellectuels libéraux qui, à l’initiative du « roi du poulet » Antony Fisher, avaient créé l’Institute of Economic Affairs (IEA). Une de mes dernières occasions de la rencontrer, en 2005, a été précisément le cinquantenaire de la fondation de l’IEA. Ralph Harris (devenu Lord Harris of High Cross) et Arthur Seldon, économistes qui ont fait la réputation scientifique de l’IEA, ont été les véritables maîtres à penser de Margaret Thatcher. Le libéralisme professé à l’IEA est directement inspiré de l’ouvrage de Friedrich Hayek, La Route de la Servitude. Hayek l’avait d’ailleurs publié en 1945, alors même qu’il était professeur à la London School of Economics, et les extraits de son ouvrage publiés à des millions d’exemplaires par la Sélection du Readers Digest avaient décidé Antony Fisher à mener la guerre des idées.

C’est cette guerre des idées que Margaret Thatcher n’a cessé de mener et qu’elle a portée au niveau politique. Elle a d’ailleurs préfacé une Route de la Liberté Economique, ouvrage collectif signé d’une dizaine de prix Nobel d’économie. Durant son mandat, elle a souvent reçu ou rencontré les membres de la Société du Mont Pèlerin – une autre occasion pour nous tous d’apprécier la simplicité et l’enthousiasme de sa foi libérale.

Ainsi dans son action politique n’a-t-elle jamais dévié d’un pouce, respectant à la lettre les principes libéraux, surtout dans leur formulation hayekienne (ou « autrichienne »). Il lui fallait naturellement du courage, beaucoup de courage, pour convaincre ses collègues conservateurs du bien fondé de ses réformes, tant elles paraissaient impopulaires et périlleuses pour les élections. Mais elle y parvenait, et finalement elle gagnait. Elle gagnait parce que sa foi était communicative et qu’elle savait la traduire en termes simples pour le peuple.

En ces moments où j’éprouve une émotion admirative que je ne cache pas, je livre à votre réflexion quelques-uns des mots qu’elle avait écrits en 2001 pour accompagner la publication de mon « Aimez-vous Bastiat ?»: « En me replongeant dans les écrits de Bastiat, j’ai découvert une défense de la liberté et de l’autonomie individuelle à la fois élégante et puissante…Bastiat nous a rappelé que le sens du pouvoir va des individus vers le haut, et non de l’Etat vers le bas. C’est un message de tous les temps ».

J’entends dire que la France aurait besoin d’une Margaret Thatcher, mais je ne crois pas qu’il nous faille un homme (ou une femme) à poigne à la tête de l’Etat. Je crois qu’il nous faut des dirigeants animés d’une foi, porteurs d’un message et d’un projet de liberté. Seule la foi donne et soutient le courage.

 
More Articles :

» Santé : Fillon clarifie son plan

Clarification ou renonciation ?

» Macron : la voiture-balai

Les ralliements s’accélèrent : forces vives ou boulets ?

» Ceta : le libre échange organisé par les protectionnistes

Ceta : Comprehensive Economic and Trade Agreement, accord global sur l’économie et le commerce. Ce traité est en attente de signature entre le Canada et l’Union Européenne. Ses pérégrinations traduisent la profondeur de la crise...

» Le vote libéral

C’est un projet concret, c’est une utopie, c’est une réalité.     . 

» J – 128 : où en est-on ?

C’est le 20 novembre que devrait se tenir le premier tour du scrutin des primaires de la droite, quatre mois auxquels il faut retrancher la trêve des vacances, soit en fait trois petits mois. Où en est-on ?     . 

Nouvelle Lettre de la semaine

Génération 2.0 l www.libres.org

Au sommaire du n°1312 du 14 mars 2017


Editorial : Deux foyers majeurs d'irresponsabilité

Conjoncture : La monnaie peut-elle être "souveraine" ?

Spécial présidentielles  : La non-réforme des non-retraites - François Fillon : le soft libéral - François Fillon : c'est de l'abîme que jaillit la lumière

Actualité libérale  : Trop de dépenses publiques c'est trop d'impôts


Acheter le numéro

Vidéo de la semaine

 

Jacques Garello présente son ouvrage "Le vote libéral"

 

 

Revue des Livres

Jacques De Guenin

Œuvres complètes de Bastiat

Le livre à lire cette semaine n’est pas celui d...

Pascal Salin

FREDERIC BASTIAT PERE DE LA SCIENCE ECONOMIQUE MOD...

Vous pourrez tomber à votre tour sous le charme d...