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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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La propriété c’est le vol

« Il ne se dit pas en un siècle une formule aussi éblouissante. Je la tiens pour un trésor plus grand que toute la fortune des Rothschild ».

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 15 Avril 2013 00:00
Margareth Thatcher l www.libres.org

On aime bien parler d’elle comme de « La Dame de Fer », pour saluer son courage politique, son refus de tout compromis, sa rectitude intellectuelle. Pour ma part, je préfère parler de « La Dame de Foi », car j’ai toujours été émerveillé par la fermeté et la profondeur de ses convictions. Et c’est sans doute parce qu’elle connaissait par cœur et appliquait avec enthousiasme le credo libéral qu’elle s’est toujours refusée à la moindre concession, jusqu’à la fin d’un pouvoir qu’elle a exercé sans interruption pendant douze ans.

Il est vrai que l’on peut relever les traits forts de sa politique économique et rappeler comme il se doit qu’elle a trouvé en 1978 une Angleterre en faillite, qu’elle a su relever en quelques mois. Les mesures qu’elle a prises ont été énumérées tous ces jours-ci : les privatisations et la diminution drastique du secteur public, la mise en responsabilité et en concurrence des administrations, la mise au pas des syndicats et la fin du closed shop, la rigueur monétaire pour en finir avec l’inflation et la baisse de la fiscalité, et notamment de sa progressivité. Ce programme est bien « ultra-libéral », un qualificatif qui me ravit, mais qui excite la haine de la gauche française. Celle-ci ne cesse de proclamer que Margaret Thatcher a « divisé son pays » ; en effet elle a eu avec elle le peuple des travailleurs et contre elle la cohorte des parasites. De plus, dire que sous son gouvernement les inégalités sociales se sont accrues est un pur mensonge. D’ailleurs, la Dame de Fer a été si impopulaire qu’elle a été réélue trois fois de suite à la tête du gouvernement. Qui a régné 12 ans dans une démocratie ?

Ce serait pourtant réduire considérablement la dimension de Margaret Thatcher que d’en faire seulement un chef de gouvernement énergique.

Tout d’abord parce qu’elle ne s’est pas occupée seulement de redresser son pays. Elle a participé activement à la croisade anti-communiste et elle est certainement, avec Ronald Reagan et Jean Paul II, à l’origine de la chute du mur de Berlin. En France, les socialistes de 1981 faisaient alliance avec les communistes. Elle a eu une vision réaliste et libérale de l’Europe. Son fameux « discours de Bruges » (1988) posait les bases d’une Europe libre et ouverte, au lieu du projet socialiste et français (Jacques Delors) en faveur d’une Europe centralisée menant des politiques communes : agricole, industrielle, énergétique, commerciale, monétaire, budgétaire, diplomatique. « Je n’ai pas libéré mon pays de l’Etat pour mettre le peuple anglais sous la coupe d’un Etat européen ». Elle a réussi à porter de rudes coups à la politique agricole commune, mais n’a pas convaincu ses partenaires continentaux de la nocivité d’une union monétaire.

Ensuite et surtout parce que ce qui déterminait et soutenait Margaret Thatcher, c’était son profond attachement aux idées de la liberté. Elle les avait apprises d’une poignée d’intellectuels libéraux qui, à l’initiative du « roi du poulet » Antony Fisher, avaient créé l’Institute of Economic Affairs (IEA). Une de mes dernières occasions de la rencontrer, en 2005, a été précisément le cinquantenaire de la fondation de l’IEA. Ralph Harris (devenu Lord Harris of High Cross) et Arthur Seldon, économistes qui ont fait la réputation scientifique de l’IEA, ont été les véritables maîtres à penser de Margaret Thatcher. Le libéralisme professé à l’IEA est directement inspiré de l’ouvrage de Friedrich Hayek, La Route de la Servitude. Hayek l’avait d’ailleurs publié en 1945, alors même qu’il était professeur à la London School of Economics, et les extraits de son ouvrage publiés à des millions d’exemplaires par la Sélection du Readers Digest avaient décidé Antony Fisher à mener la guerre des idées.

C’est cette guerre des idées que Margaret Thatcher n’a cessé de mener et qu’elle a portée au niveau politique. Elle a d’ailleurs préfacé une Route de la Liberté Economique, ouvrage collectif signé d’une dizaine de prix Nobel d’économie. Durant son mandat, elle a souvent reçu ou rencontré les membres de la Société du Mont Pèlerin – une autre occasion pour nous tous d’apprécier la simplicité et l’enthousiasme de sa foi libérale.

Ainsi dans son action politique n’a-t-elle jamais dévié d’un pouce, respectant à la lettre les principes libéraux, surtout dans leur formulation hayekienne (ou « autrichienne »). Il lui fallait naturellement du courage, beaucoup de courage, pour convaincre ses collègues conservateurs du bien fondé de ses réformes, tant elles paraissaient impopulaires et périlleuses pour les élections. Mais elle y parvenait, et finalement elle gagnait. Elle gagnait parce que sa foi était communicative et qu’elle savait la traduire en termes simples pour le peuple.

En ces moments où j’éprouve une émotion admirative que je ne cache pas, je livre à votre réflexion quelques-uns des mots qu’elle avait écrits en 2001 pour accompagner la publication de mon « Aimez-vous Bastiat ?»: « En me replongeant dans les écrits de Bastiat, j’ai découvert une défense de la liberté et de l’autonomie individuelle à la fois élégante et puissante…Bastiat nous a rappelé que le sens du pouvoir va des individus vers le haut, et non de l’Etat vers le bas. C’est un message de tous les temps ».

J’entends dire que la France aurait besoin d’une Margaret Thatcher, mais je ne crois pas qu’il nous faille un homme (ou une femme) à poigne à la tête de l’Etat. Je crois qu’il nous faut des dirigeants animés d’une foi, porteurs d’un message et d’un projet de liberté. Seule la foi donne et soutient le courage.

 
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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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