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Lettre hebdomadaire (40 numéros) qui est dans sa 31ème année : c’est le commentaire libéral de l’actualité économique, sociale et politique, en toute indépendance. C’est aussi une source d’information sur les idées de la liberté dans le monde entier. Editorial de Jacques Garello, chronique de conjoncture de Jean Yves Naudet, rubriques d’actualité, revue des livres, dossiers.

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La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

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La France ringarde PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Mardi, 21 Mai 2013 00:00
Le changement c'est maintenant ? ... l www.libres.org

J’ai été inquiété et révolté par la commémoration du 8 mai.

Elle devait normalement sceller la paix revenue, les retrouvailles des nations européennes, la réconciliation d’une France et d’une Allemagne meurtries par une guerre où les souffrances et les ruines n’avaient eu d’égales que les haines, les exactions et les génocides.

Nos dirigeants en ont décidé autrement et se sont faits un devoir moral de raviver les plaies, mais plus encore de ressusciter une image de la France vieillie, repliée sur elle-même, arc-boutée sur ses fantasmes et ses drames.

Volonté politique incontestable, comme l’a souligné un commentateur dithyrambique : « le Président Hollande a progressivement repris en mains la mémoire historique de la France ».

Formule ampoulée et prétentieuse pour dire que notre Président veut réécrire à sa manière l’histoire de la France, pour glorifier les « valeurs républicaines » et vanter les tares historiques qui aujourd’hui empêchent notre pays de se mettre à l’heure mondiale et veulent enfermer les Français dans les erreurs du passé. 

Je pense qu’il serait temps que la France chasse de sa mémoire tout ce qu’elle a de ringard, de bêtement nostalgique, et de stupidement réactionnaire. Par exemple, qu’on en finisse enfin avec la Résistance et la Libération : était-ce bien le jour d’entonner le Chant des Partisans, comme si les massacres perpétrés par les FTPF communistes n’avaient jamais eu lieu ? Qu’on en finisse avec les « valeurs de la République », qui ont été portées à leur sommet par la Terreur, dans un pays que l’on croit saluer comme l’inventeur des Droits de l’Homme qui, comme nous l’apprend la véritable histoire, avaient déjà été proclamés depuis des années en Angleterre et aux Etats Unis ! 

Mais où est la vraie histoire de France ? Est-ce celle que Hollande et les autres veulent garder en mémoire ? Est-ce celle de Michelet, « made in France », ou celle des vraies historiens ? Alfred Sauvy avait écrit un ouvrage au titre explicite, « De la Rumeur à l’Histoire », où il dénonçait toutes les fausses idées enseignées aux écoliers, toutes les croyances immatures et injustes.

La vraie histoire, c’est celle de gens divisés, ne cessant de se battre sous tous les prétextes, des plus élevés (guerres de religion) jusqu’aux plus vils (la Terreur encore). La vraie histoire, c’est celle de gens asservis, pliant l’échine devant les seigneurs, les rois et les préfets, parce qu’en France tout est politique, tout est puissance et respect de la puissance. La vraie histoire est celle de gens futiles, aimant faire la fête quand tout s’écroule, comme dans les années folles ou au lendemain de Munich. La vraie histoire est celle de gens jaloux, n’aimant pas la différence, le succès, comme le soulignait Tocqueville au XIXème siècle. La vraie histoire est celle de gens belliqueux, prompts à ouvrir les hostilités contre l’étranger et à mettre le feu à l’Europe au prétexte de porter un message de progrès et de liberté. La vraie histoire, c’est celle de gens indignes, abandonnant sans ménagement des millions de Français pour livrer les « colonies » à la barbarie. 

Ces choses, François Hollande ne les garde pas en mémoire. Elles constituent pourtant un héritage lourd à assumer.

Plutôt que d’inscrire la France de 2013 dans la nostalgie d’une histoire ni glorieuse ni engageante, je crois qu’il faut impérativement aujourd’hui tourner la page de ce passé révolu, obsolète, mais tellement présent dans les discours officiels et dans les esprits faibles. 

D’abord, qu’il soit bien établi qu’une nation civilisée n’est pas faite par les gens qui prétendent la diriger, mais par des hommes et des femmes de qualité, respectueux de la vie, de la liberté et de la propriété. Oui, la France peut être fière de beaucoup de Français qui ont été exemplaires dans leur vie professionnelle, artistique, scientifique, spirituelle, et des milliers de Français qui ont assumé avec conscience et foi leur mission de travail, de famille, de service. 

Ensuite, que l’on sache ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure, au lieu de cultiver le nombrilisme et l’autosatisfaction. Ce monde n’est pas hostile, il demande simplement d’accepter la diversité et d’entrer dans le jeu concurrentiel avec ses exigences. 

Que l’on cesse aussi de s’apitoyer et que l’on offre à tous ceux qui veulent aller de l’avant, aux jeunes en particulier, une raison d’espérer, de rester avec nous, alors qu’ils sont atterrés par le vieillissement et la rigidité des comportements actuels. 

Enfin, qu’on en finisse avec la tyrannie du statu quo et les avocats des « droits acquis » et que l’on s’engage délibérément et passionnément dans la voie de la liberté. Qu’on en finisse avec la France ringarde, et qu’on entame une page nouvelle de notre histoire. Blanche. Libérale. 

Je veux d’ailleurs conclure sur cet espoir ; en ce mois de mai, après la pluie vient le beau temps. Le beau temps, c’est la naissance d’un nouveau quotidien, l’Opinion, lancé par Nicolas Beytout mercredi matin, qui se proclame dès ses premières lignes « libéral » et rappelle que « le libéralisme est un courant de pensée, pas un parti ». Le beau temps, c’est le discours tenu par les candidats à la présidence du Medef, qui affichent une volonté de rupture (ou de « rénovation ») avec la tradition qui place la libre entreprise sous le contrôle de l’Etat, la férule des syndicats et le poids des impôts et charges sociales.

Je pronostiquais l’an dernier que le libéralisme allait nécessairement renaître de ses cendres, parce que la France est allée au bout du collectivisme. Il nous appartient désormais d’accompagner le printemps et de veiller à ce qu’il tienne toutes ses promesses.

 
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