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Catalogue de la SEFEL l www.libres.org

Etes-vous adeptes et satisfaits de la pensée unique ? Ces portraits montrent l’extrême richesse de l’histoire de la pensée économique, d’Adam Smith à nos jours. Ils vous font découvrir les permanences (les problèmes économiques) et les oppositions (les doctrines économiques).
Dépenses publiques et impôts d’un côté, ou libre échange et libre entreprise de l’autre : ce débat actuel s’est noué avec Say et Malthus, se poursuivant entre Bastiat et Marx, puis aux 20ème siècle par Keynes et Hayek – par exemple.

48 pages, 22 portraits, 5€

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L’intérêt général, fruit des intérêts personnels

Turgot partage sans doute avec Adam Smith la paternité de la science économique ; contemporains, les deux hommes n’ont cessé de correspondre et de s’influencer mutuellement. Puisque l’économie se ramène au jeu de l’échange, les divers acteurs de la production y recherchent leur intérêt personnel. Les conflits d’intérêts sont naturels, mais ils se règlent harmonieusement par le contrat. Par contraste vouloir établir d’en haut un intérêt général et recourir à la puissance publique pour l’imposer ne fait que contrarier les intérêts des uns pour mieux servir les intérêts des autres. C’est en cela que les procédures marchandes sont supérieures aux administrations politiques.

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Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 26 Août 2013 00:00
Récoltes révolutionnaires l www.libres.org

Camarades républicains, cette lettre est datée du 8 Fructidor. Je me suis mis au goût du jour, qui nous ramène deux siècles en arrière. En effet, les Sans Culottes, ancêtres de nos socialistes, avaient avec intelligence remplacé le calendrier grégorien par le calendrier révolutionnaire : plus rationnel, rompant enfin avec un millénaire d’obscurantisme religieux et politique.

Le mois d’Août était une réminiscence insupportable de la dictature impériale : comment appeler un mois du nom d’Auguste ? Pourquoi se plier à la réforme du Pape Grégoire XIII, imposée de force par les chrétiens ? Proches de la nature, qu’ils idolâtraient comme nos écologistes, les Républicains ont évacué du calendrier toute trace de despotisme pour le mettre au rythme des saisons. Ainsi Août a-t-il été divisé entre Thermidor et Fructidor.

 

Mon choix n’est pas innocent : je veux moi aussi me retrouver à l’âge de la Terreur, des Incroyables et des tribunaux de Salut Public pour être en harmonie avec les élus du peuple.

La société française renouant avec la barbarie, la déliquescence des mœurs, la haine et l’arbitraire : n’est-ce pas une grande renaissance ?

Un ordre social nouveau, un constructivisme élitiste : il ne manque que la gestation de l’homme nouveau. Un bon système éducatif, une littérature et des spectacles écervelés y pourvoient déjà.

Il n’est pas jusqu’aux assignats que je retrouve avec un plaisir nostalgique : la dette publique financée par la cavalerie et la spoliation, quelle habileté ! Et la corruption érigée en mode de réussite, quelle bonne aventure ! 

Cependant, Fructidor est un mois qui a une place à part dans le calendrier républicain révolutionnaire : c’est celui où l’on récolte ce que l’on a semé et moissonné. La récolte est abondante : la ruine économique et le chômage, la destruction de la famille et de la vie, l’inculture et l’ignorance. 

Les gazettes sont pleines des périls qui guettent le pouvoir en fructidor : une rentrée scolaire agitée par l’affaire des rythmes, mais aussi des genres, une réforme des retraites obérée par la tyrannie du statu quo, des finances publiques en forme de tonneau des Danaïdes contribuables, des collectivités territoriales minées par le jacobinisme.

S’agiss ant de la vie politique, on se croirait aux plus beaux jours de l’an II : les sectes et les intrigues se multiplient. Après l’élimination des Girondins, les Hébertistes sont évincés, puis Danton et ses amis, puis Robespierre lui-même. Cela n’empêche pas de célébrer la fête de l’Etre Suprême. Il est vrai que la peine de mort a été abolie et que la guillotine a disparu, mais la lutte de tous contre tous prend chaque jour une intensité nouvelle, en dépit des communes psalmodies contre la droite, ou le libéralisme, ou l’Eglise. L’Etre Suprême est toujours sur sa colonne à Paris. 

Ces quelques considérations et les fantaisies de style que je vous impose n’ont d’autre but que de souligner le décalage qui s’accentue chaque jour entre les rêveries criminelles de la gauche et les réalités économiques, sociales et morales auxquelles notre pays est confronté.

Ces gens sont d’une autre période, d’un autre monde, peut-être d’une autre planète. Ils sont en fructidor. Or, les Français gardent encore les pieds sur terre, bien que le matraquage médiatique soit à l’œuvre et porte ses fruits. Ils sont en Août. 

C’est vers les Français qu’il faut se tourner dès maintenant, pour leur éviter de sombrer dans l’aventure populiste ou le retour aux errements pré-socialistes, souvent méta-socialistes.

Je l’ai déjà dit : je ne crois pas nécessaire pour les libéraux de s’attarder sur fructidor, si ce n’est pour dénoncer et enrayer le cancer socialiste, collectiviste et jacobin. Je voudrais que nous mobilisions toute notre énergie pour faire connaître le vrai programme libéral, qui représente une vraie révolution, certainement plus proche des droits individuels et du progrès social que celle de 1789 et la suite. 

Il nous faut convaincre, communiquer, influencer.

Les convictions libérales, nous les avons. Cette Lettre, comme bien d’autres documents issus de la galaxie libérale, a rappelé depuis des années les principes fondateurs d’une société de libertés : état de droit, subsidiarité, propriété et responsabilité. De même la liste des réformes libérales a-t-elle été présentée et justifiée.

Reste à faire partager ces convictions à ces millions de Français qui cherchent en vain une alternative au socialisme et à l’étatisme. Ici je crois à la multiplication des rencontres, à l’organisation des forums des libertés, à des cercles et clubs de réflexion, où les Français peuvent apprendre à se passer de l’Etat, à connaître les vices de constitution du socialisme et les véritables dimensions du libéralisme. Cette entreprise me semble d’autant plus réaliste que cette année 2013 a été marquée dès janvier par le réveil de la société civile : des millions de manifestants de toutes origines, de tous âges.

Une fois le mouvement de pensée et les informations largement diffusés, nul doute que les libéraux pourront avoir une influence sur la société politique. Je ne crois pas qu’il faille mettre la charrue avant les bœufs et se contenter d’une reconnaissance formelle à l’occasion des prochaines élections, de toutes façons gagnées par une opposition dont on ne sait toujours pas ce qu’elle est ni ce quelle veut, sinon sortir les sortants.

Chers lecteurs de cette Lettre, anciens ou nouveaux, je vous redis merci pour votre confiance et votre soutien, mais je lance aussi un appel à mobilisation générale, pour ne pas perdre le bénéfice de cette « fenêtre stratégique » qui s’ouvre maintenant et ne doit pas se fermer au printemps prochain. Votre fidélité est pour moi un encouragement, votre travail missionnaire sera pour tous un gage de succès et une source d’espoir. 

 
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Au sommaire du n°1330 du 11 juillet 2017


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