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L’économie est déséquilibre

Figure emblématique de l’école « autrichienne », ce professeur à l’Université de New York a développé l’idée de son maître Mises : l’économie est déséquilibre.

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Couple franco-allemand ou famille européenne ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 30 Septembre 2013 00:00
Couple franco allemand l www.libres.org

Je me dois évidemment de commenter les résultats des élections allemandes, qui apportent à la fois des certitudes et font naître des interrogations.

La première certitude c’est que la victoire d’Angela Merkel est celle d’un gouvernement réformateur dans une Allemagne profondément transformée. Ce qui prouve déjà que la réforme ne fait pas fuir les électeurs, bien au contraire elle les satisfait. L’échec de la droite française en 2012 est dû au sentiment qu’elle n’avait rien fait d’important, en dépit de ses promesses et de ses annonces de rupture. Une étude scientifique publiée il y a huit ans par l’économiste Alberto Alesina (Harvard) a pu établir que 85% des gouvernements réformateurs ont été reconduits par les électeurs. Pour gagner des élections, réformez.

 

En Allemagne, Angela Merkel a poursuivi dans la voie des réformes, ouverte depuis bien longtemps, notamment avec le chancelier (socialiste) Gerhard Schröder. Cette voie est faite essentiellement de réduction drastique du secteur public. Il y a en Allemagne 50 fonctionnaires pour 1.000 Allemands, et 90 en France. Les postes, les chemins de fer, les musées, les hôpitaux, etc. ont été privatisés. Si l’on doit poursuivre la comparaison avec la France, il n’y a pas d’ISF en Allemagne, l’impôt sur les sociétés, actuellement de 26%, sera de 15% en 2015 (il est de 33% en France et pas près de baisser). Depuis les lois Hartz, il y a une grande flexibilité du marché du travail, dans l’embauche comme dans le licenciement, pas de SMIC, un chômage partiel par contrat, des négociations collectives réduites à leur plus simple expression, et les contrats individuels ou au niveau de l’entreprise n’y sont pas nécessairement soumis. Enfin, des syndicats puissants sont « réformateurs », alors que les nôtres, non représentatifs, sont « révolutionnaires » ; les salariés allemands aiment leurs entreprises et leurs patrons.

La deuxième certitude est que rien n’a échappé à l’esprit réformateur des Allemands. Le meilleur exemple est celui de la protection sociale. L’assurance maladie est entre les mains d’une grande quantité de caisses, tant privées (13%) que publiques. Elles se livrent une concurrence ardente et les coûts ont diminué de 3% depuis deux ans. Les hôpitaux déficitaires ont été restructurés, voire fermés ou remplacés par des hôpitaux privés. Du côté des retraites, la réforme Riester a introduit le principe d’un système « notionnel », proche de la capitalisation. L’Etat incite (fiscalement) les salariés à constituer des comptes d’épargne retraite par capitalisation.

Ces quelques données confirment bien que les chemins de la France et de l’Allemagne ne sont pas parallèles. Vous vous en doutiez, mais donnez aux incrédules autour de vous les arguments nécessaires pour mesurer et expliquer l’écart. Bref, globalement, l’Allemagne n’a pas joué la carte de la redistribution, ni celle de la relance par les dépenses publiques – ce qui est en revanche le fonds de commerce exploité par tous les gouvernants français. 

Le succès d’Angela Merkel fait cependant naître deux interrogations, sur la coalition qu’elle devra accepter, sur la position allemande sur l’Europe, les deux étant liées.

Au moment où j’écris ces lignes, je ne crois pas que l’allié « naturel » de la CDU-CSU, à savoir le parti libéral FDP, puisse avoir assez de votes pour assurer une majorité à la Chancelière. Nulle autre alliance ne semble plausible autre que la « grande coalition », c'est-à-dire entre les chrétiens démocrates et les socialistes. C’est impensable en France, puisque nos socialistes en sont restés à la lutte des classes, à la chasse aux riches, et au sectarisme moral. Toutefois les socialistes voudront marquer leur différence, notamment sur quelques points sociaux (ils veulent établir un SMIC et choyer les syndicats) et sur la politique économique, qu’ils veulent davantage protectionniste. Veulent-ils changer l’Europe et l’euro ? 

Ce qui m’inquiète dans les commentaires que j’ai lus ces derniers jours, c’est l’insistance avec laquelle les Français croient au renforcement du couple franco-allemand : la Chancelière au bras de François Hollande après avoir été l’égérie de Nicolas Sarkozy. Une Europe dirigée par ce couple : de quoi remettre à leur place les Anglais, Scandinaves, Bataves et autres nationalistes. C’est un nouveau rêve de grandeur : la France gouvernant par Allemagne interposée. L’inverse n’est guère plausible : la France totalement soumise à l’Allemagne, réduisant ses déficits et remboursant sa dette, et acceptant une concurrence tant au sein de l’Europe qu’avec le reste du monde, abandonnant ses amis grecs et autres cigales européennes.

Je crois que ce que pourrait laisser présager la victoire d’Angela Merkel, c’est une nouvelle poussée vers une Europe ouverte. Les Allemands, dans leur immense majorité, socialistes compris, croient à l’Europe parce qu’elle représente à leurs yeux un espace de liberté, de circulation, de civilisation. Ils ont payé un lourd tribut au nationalisme et au communisme. Sauront-ils convertir à leur foi européenne et libérale les gens qui appellent de leur vœux soit une Europe protectionniste et dirigiste, soit une Europe explosée : tantôt un Etat Européen, tantôt des Etats nationaux souverains ? Mais toujours l’Etat…

Aujourd’hui la famille européenne a plus que jamais besoin de se retrouver autour d’un patrimoine culturel commun et de réformes libérales diverses. Puisse la victoire d’Angela Merkel ouvrir et changer les esprits ! 

 
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