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Si le libéralisme n’est pas assez attractif dans notre pays, c’est qu’il n’est pas connu. Pas enseigné, pas pratiqué, le libéralisme est caricaturé.
Ce livret rétablit la vérité : non le libéralisme n’est pas la loi du plus fort, non la propriété n’est pas le vol, non l’intérêt personnel n’est pas l’égoïsme, non l’inégalité n’est pas l’injustice, etc. Au contraire, le libéralisme a une dimension éthique : c’est une doctrine de la dignité de la personne humaine et de l’harmonie sociale.

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Le père des néo-classiques

Après la « révolution marginaliste » qui avait pris des allures fort différentes dans les œuvres de Jevons, Walras et Menger, il fallait sans doute le talent pédagogique d’Alfred Marshall pour proposer un schéma d’exposition simple des principes de la science économique.

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Le libéralisme exclu des médias français PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Jacques Garello   
Lundi, 21 Octobre 2013 00:00
Libéralisme et liberté des médias l www.libres.org

Avez-vous vu récemment une émission de télévision où aurait été invité un libéral avéré ? Avez-vous entendu récemment une interview radiophonique d’un libéral avéré ?

Si c’est le cas, vous avez de la chance, car c’est un constat : les médias ignorent sciemment ou involontairement le libéralisme. Quand par hasard ils en parlent, c’est encore pire : c’est pour le dénigrer, le caricaturer. Il est vrai que les journalistes ont pour les trois quarts d’entre eux des sympathies pour la gauche : c’est le vote de la rédaction d’un grand journal du matin réputé de droite, voire même libéral. Mais ils pourraient au moins pousser la conscience professionnelle jusqu’à donner la parole à des gens qui ne partagent pas leur opinion et surtout à ceux qui sont politiquement incorrects : les libéraux.

 

Les relations entre les médias français et le libéralisme étaient l’objet du forum organisé mercredi à Paris à l’occasion de l’assemblée générale de l’ALEPS. C’est que le jury de la chronique libérale venait d’être attribué à Eric Brunet, journaliste qui intervient sur RMC et BFM TV. Or, Eric Brunet est l’un des très rares journalistes qui osent afficher publiquement leur libéralisme. Son livre, paru en mai dernier, « Sauve qui peut » est lucide, attrayant et courageux. Dans son intervention, le lauréat a mis en évidence d’une part que les journalistes constituent une corporation si fermée et si sectaire que tout le monde doit s’aligner sur les idées dominantes (de gauche) et que ceux qui contesteraient la pensée unique sont l’objet de discriminations et ne graviront jamais les échelons de leur antenne. Un véritable terrorisme intellectuel règne dans les rédactions. Etre de droite, et pire encore être libéral, ce n’est pas être journaliste. 

Comment en est-on arrivé là et pourquoi ?

Francis Balle, le grand universitaire spécialiste de la science des médias (il a été vice-chancelier de l’Université de Paris et membre du CSA) a souligné ce qui oppose le journaliste français du journaliste anglo-saxon. Celui-ci est surtout attaché à rendre compte des faits, aussi fidèlement que possible, il a un devoir de véracité, de rigueur, de prudence et de sincérité. Quatre impératifs auxquels visiblement les journalistes français ne se rendront pas, car ils verront les faits en fonction de leur opinions, persuadés comme Hegel que les faits n’existent pas et que chacun a sa propre vérité. C’est le chemin le plus court pour la désinformation.

Mais pourquoi déboucher sur l’anti-libéralisme ? Le débat fait apparaître plusieurs causes :

1° Le libéralisme n’est pas inscrit dans l’histoire ni dans les mœurs politiques de la France, pays de tradition étatiste. Chez nous les auditeurs ou téléspectateurs sont réceptifs au message suivant lequel l’Etat n’est pas garant des libertés (version libérale), mais gérant des libertés (version dirigiste, colbertiste et jacobine).

2° Puisque la qualité de la relation des faits est seconde par rapport à l’opinion du journaliste, peu importe la source de l’information. Ce peut être l’Agence France Presse, ou les journaux de presse écrite (on peut observer ce qui fait la une à la télé en lisant Le Monde de la veille). Mais ce sont de plus en plus des sources « officielles » qui alimentent les médias, ce qui est intéressant pour les journalistes qui savent que les Français attendent tous les jours une décision qui relève de l’Etat et de la classe politique. A vivre à l’heure de Matignon ou de l’Elysée, on ne vit plus à l’heure de la réalité.

3° La corporation des journalistes est très solidaire et puissante. Il y a 37.000 cartes de journalisme, ouvrant droit à un certain nombre d’avantages (notamment fiscaux). Si l’un des journalistes est pris à partie, l’esprit de corps réagit immédiatement. Or, le libéralisme est contestataire dans un pays étatisé. C’est ce qui donne au journalisme français son allure monolithique et invulnérable. N’importe qui est autorisé à dire n’importe quoi, et nul ne s’en prive.

4° Enfin, et non le moindre (et Francis Balle et Pascal Salin d’insister sur ce point), en France les « entreprises de presse » ne sont pas considérées comme des entreprises ordinaires. Au nom de la pluralité d’expression, des entreprises de presse sans clients continuent à vivre grâce aux deniers publics. Il n’est pas question de soumettre les médias aux lois du marché : le client auditeur ou téléspectateur n’a pas à sanctionner la qualité des émissions. Même sans audimat, la chaîne ou l’émission continuera. 

Dans le débat, il apparaît aussi que la qualité des médias vient de leur formation, non seulement dans les écoles de journalisme en situation d’oligopoles et qui distillent un message anti-libéral, mais aussi dans les manuels et les enseignements de l’Education Nationale. Dans son ouvrage « La France aveuglée par le socialisme », Philippe Nemo démontre cette continuité entre la manipulation intellectuelle dans les écoles, collèges et lycées, et le parti pris idéologique des salles de rédaction. Au fond, un pays a les journalistes qu’il mérite ! 

Les libéraux doivent évidemment tirer les leçons de cet état d’esprit, de cet état de fait. Par principe, ils savent bien que la presse est une activité marchande comme une autre, et les journalistes trahissent leur mission en se soumettant à la pensée unique et aux deniers publics alors qu’ils devraient être les premiers à défendre la liberté d’expression contre la main mise du pouvoir. La privatisation totale de la presse, la suppression des subventions et privilèges devraient être prioritaires dans un programme libéral.

En attendant, il faut trouver d’autres moyens pour informer les Français, pour éclairer l’opinion publique sur les perspectives d’une offre politique nouvelle, celle d’un programme libéral. C’est ce que l’ALEPS, parmi d’autres, a entrepris en lançant depuis quelques mois les forums de libertés : échanges entre citoyens en dehors des partis politiques, pédagogie des expériences libérales à l’étranger, apprentissage d’une société ou l’on à rendre un espoir, et à pousser la classe politique dans cette direction. Aujourd’hui les Français ont envie de tout casser, maintenant il faut leur donner l’envie de tout bâtir.

Il faut que chacun se sente solidaire et mobilisé, que l’on suive et soutienne des journalistes exceptionnels comme Eric Brunet, Ivan Rioufol, Yves de Kerdrel, et que l’on donne aux écrits libéraux, comme cette Lettre par exemple, la publicité, la diffusion et le soutien financier dont ils ont besoin.

La liberté des médias est à bâtir si l’on veut que les médias fassent place à la liberté.

 
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